Cosmos

Partir un jour
sans retour~
effacer notre…
encours.
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Cosmos est un Seinen de Ryuhei Tamura (principalement connu pour avoir fait Beelzebub ainsi que Badass Cop & Dolphin). Publié au Japon depuis fin 2023, il a commencé sa parution française chez les éditions Ki-oon depuis ce début d’année 2026. Il a été traduit par Gaëlle Ruel qui est à l’origine de bon nombre de traductions.
Kaede est un lycéen à l’apparence ordinaire mais capable de déceler le mensonge des gens via l’odeur, si bien qu’il se lie très peu d’amitié avec les autres et garde ses distances. Mais lorsqu’il découvre qu’un de ses camarades de classe est en vérité un alien endetté soupçonné de meurtre, sa vie change du tout au tout. Il rencontre alors Rin, enquêtrice chez la compagnie d’assurance intergalactique COSMOS, et si cette dernière a une apparence humaine, elle est loin d’en être une. Le don de Kaede l’intéresse, et elle est bien décidée à le recruter et à l’emmener dans ses enquêtes.
Cosmos nous offre ici un univers de science-fiction riche, un agréable mélange entre Men in Black (version assurance) et Tokyo Aliens (chronique ici) mais avec une note bien personnelle. Cosmos se détache notamment par sa narration impactante qui nous touche et nous implique dans l’histoire.
La compagnie d’assurance intergalactique COSMOS emploie des enquêteurs afin de vérifier qu’il n’y ait pas d’abus et pour, le cas échéant, s’occuper des dérives. C’est au travers de ce fil rouge que nous allons pouvoir explorer ce vaste univers qui nous est proposé. Grâce à ces enquêtes, nous pouvons en apprendre plus sur le lore ainsi que sur les différentes espèces extraterrestres qui peuplent l’univers. C’est un point intéressant qui devrait être approfondi au fur et à mesure.
Vous pouvez vous en douter, mais cela fut un sacré choc pour notre protagoniste qui découvre tout ça sans comprendre réellement ce qui arrive. Il se retrouve embarqué malgré lui dans l’une de ces affaires sans même se douter de l’existence des aliens.
Cosmos est une société d’assurance, et n’est à proprement parlé ni “gentille” ni “méchante”, elle est là pour appliquer la loi, les règles et pour faire tout simplement son travail. Un aspect difficile à gérer pour Kaede qui n’arrive pas à prendre autant de recul que certains de ses -désormais- collègues de travail. Cela crée une dualité dans le traitement des affaires, une partie sera traitée basiquement, au travers d’un dossier froid et inorganique, puis certains éléments viennent approfondir tout ça en ajoutant de la matière aux dossiers, ajoutant un visage sur la personne, une situation personnelle ou professionnelle en gardant cette idée de les “”humaniser”” (même si ce sont des aliens). Au travers de ces différents personnages, qu’ils soient bons ou mauvais, humains ou d’une espèce extra-terrestre, importants ou non, chacun via sa propre histoire, va accompagner le lecteur dans son implication émotionnelle.
De cette manière, que la personne ai ses raisons ou non d’avoir commis (ou non) tel ou tel acte, cela va se répercuter sur le plan émotionnel, mais pas nécessairement dans la résolution de l’affaire. Un crime est un crime, un délit est un délit et si certaines infractions ont eu lieu, il y aura une sanction : Les assurances Cosmos ne sont ni bonnes ni méchantes, elles ne font qu’appliquer le règlement. Le récit est donc assez gris, loin d’être manichéen, ce qui augmente notre implication et notre attachement aux personnages. Toutefois, ces aspects plus sérieux et parfois touchants n’empêchent pas d’y incorporer beaucoup d’humour, allégeant le titre de manière efficace et c’est franchement le bienvenu. Nous avons donc le droit à un manga qui sait varier son rythme, nous proposant des passages plus lents, calmes, parfois presque d’introspection puis rapidement qui part sur de l’action effrénée ou de l’humour qui change la lecture sans pour autant la dénaturer. Les changements de rythme peuvent être soudains mais jamais inopportuns, ce qui fait que le manga se lit tout seul sans que l’on puisse voir le temps passer.
“Bonjour, tout le monde… ici Kaede Mizumori ! Et sans transition : j’ai été kidnappé !”
– Kaede Mizumori
Tout cela fonctionne aussi bien grâce en grande partie à ces personnages tous plus originaux les uns que les autres et aux multiples facettes. Notre protagoniste, Kaede, qui aurait pu être le plus “commun” d’entre-eux possède la faculté de ressentir si les gens mentent ce qui, en dehors de lui donner une plus-value pour Cosmos, va permettre d’approfondir grandement le personnage. Ce “sens caché” lui octroie une place dans la société un peu particulière où il a du mal à être proche des gens dont le mensonge est parfois facile même lorsqu’il est bénin. Il va donc de lui-même s’éloigner des autres pour se protéger ce qui va être très intéressant pour la suite avec sa rencontre atypiques des membres de Cosmos.
En effet, des originaux, chez Cosmos, il y en a. À commencer par Rin Homura, la fameuse enquêtrice rencontrée au début qui, sous ses couettes, cache un sacré franc parler et une certaine violence (qui, on le rappelle, est souvent la solution). Elle s’oppose beaucoup au caractère de Kaede ce qui en fait un duo de choix avec constamment deux approches différentes. Rin, qui vole par ailleurs la vedette sur la couverture du premier tome, sait toutefois se mettre en retrait quand c’est nécessaire, agissant par moment avec un certain sang-froid et discernement. Et ça, c’est sans parler des autres membres de Cosmos que l’on aperçoit durant le tome, entre Sunagami qui est, du peu qu’on voit, déjà un sacré personnage et peut-être le plus mémorable malgré son temps d’apparition le plus court : le directeur de la branche Tokyoïte des assurances de la voie lactée : Ultra ! Qui, sans spoiler, tient peut-être la réplique du tome.
Les personnages aux multiples facettes, avec de la consistance, ça vaut pour les personnages récurrents, mais également pour tous ceux que l’on croisent durant les affaires. On s’intéresse à eux, à leur passé, à leur présent mais aussi à leur futur. Ils possèdent du développement créant un attachement envers eux même s’ils ne sont que passagers et ça, je trouve ça vraiment fort de la part de l’auteur.
Ce qui est également un point très positif, ce sont les dessins. Les chara-designs sont très beaux, attrayants, variés avec un trait fin et de belles proportions et ça, c’est sans parler de certaines planches. Émotion, impacte, beauté, tout y est pour avoir certaines planches et doubles-planches d’exception. Lorsque la narration amène à des planches époustouflantes, ça démontre du soin apporté par le mangaka et de la maîtrise. Tamura Ryuhei n’en n’est pas à son coup d’essai mais il a su se renouveler et Cosmos en est la preuve.
En conclusion, Cosmos est un manga remarquable qui, de part ses thématiques variées, ses personnages bien travaillés et son dessin magnifique, saura plaire à un grand nombre de personnes. Que la science-fiction ou les aliens soient ou non votre tasse de thé, Cosmos vous propose une histoire aux petits oignons qui se veut plus subtil qu’elle n’en a l’air. Vous avez un trio de choc entre l’action, l’humour et le drame.
Certaines enquêtes peuvent être musclées en permettant une action tout en fermeté qui démontre les capacités physiques hors normes que peuvent avoir certains aliens. Lors des rencontres plus tranquilles, on se plonge dans l’émotion, on comprend que chaque humain ou alien vit avec son propre poids sur les épaules et entre tout ça, une note d’humour bien placée allège le ton de la série.
Si vous souhaitez vous procurer les tomes sur notre site internet c’est par ici ou avec le pass culture !
H.
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