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The Ride-on King

Moi, je veux

monter !!

 

The Ride-on King est un Seinen de Yasushi Baba. Initialement sorti en 2018 au Japon et qui compte à ce jour 5 tomes. La version française voit quant à elle le jour sous les éditions Kurokawa en Mars 2021. À noter que ce titre a été prépublié dans un magazine de Shonen.

Alexandre Ploutinov est désormais le président de la République de Prussie et ce, pour toute sa vie. Obsédé par l’idée de chevaucher toutes sortes de choses, il finit par monter absolument tout ce qu’il peut. Une grande frustration en ressort et alors qu’il est victime d’une attaque terroriste où il s’en sort sans mal grâce à sa maîtrise exceptionnelle des arts martiaux et à sa force herculéenne. Il finit cependant écrasé par la tête de sa propre statue. De ceci, en découle un réveil dans un monde qui lui est inconnu…

Eh oui, surprise, c’est un isekai ! Pour tout vous avouer, au départ je ne pensais pas que c’en était un…. Mais agréable fut ma surprise et je me suis tout de même bien amusé à le lire et à l’aimer, je ne parle pas de Pout- Ploutinov bien entendu. Non sans rire, l’histoire présente tout d’abord notre cher Alexandre Ploutinov avec son penchant pour la grimpe montrant un fort désir de soumettre les choses, mais également sa force qui lui est très utile pour soumettre, euh apprivoiser des bêtes afin de les chevaucher.

On cerne donc rapidement l’animal, il est arrivé à la tête d’un pays un peu par hasard après avoir tout nettoyé sur le passage, mais désormais cela l’ennui, il n’a plus de temps pour lui et en plus il a cette impression d’avoir tout monté dans le monde, hormis peut-être des fusées. Et je le comprends, si j’avais lu absolument tous les mangas du monde je me sentirais tout de suite moins bien.

Tout n’est cependant pas fini pour lui, bien au contraire ! En effet, je vous ai bien dit que c’était un isekai. Après son malheureux accident, il se réveille dans une pièce sombre de laquelle il peut difficilement apercevoir un escalier menant à la sortie. Et là c’est le jackpot, une fois passées les maintes incompréhensions et fourvoiements, il se rend compte de la possibilité qui lui est offerte… qu’importe dans quel monde il est, il est enfin en mesure de chevaucher d’innombrables bêtes qu’il ne connaît pas encore ! Il ne se fera par ailleurs pas prier pour commencer à monter tout ce qui bouge. M’enfin comme on dit, chassez le naturel, il revient au galop.

C’est à ce moment qu’on se pose des questions, est-ce que ce manga n’est qu’une expérience de monte en chaîne ? Eh bien, à en voir le premier tome oui et non. Son désir insatiable le pousse à vouloir chevaucher un peu de tout, du moins ce qui lui donne vraiment envie, tout ce qui se rapproche trop de l’homme, il n’aime pas.

 

 

“Un missile, ça ne se chevauche pas ! Notre pays n’a pas besoin de ce genre d’armes ! […]Si vous avez le budget pour acheter des missiles, vous pouvez aussi vous lancer dans le développement de fusées spatiales ! ”

– Alexandre Ploutinov.

 

 

Mais avant de faire de la chasse à la monture comme si nous étions dans World of Warcraft, il se fait deux compagnons, Saki et Bell qui sont, tels la bande à Kazuma dans Konosuba, pauvres au possible et bien sûr endettés, tout comme Ploutinov désormais. Eux trois vont tant bien que mal faire “équipe” chacun pour ses propres intérêts et nous allons donc vivre une sorte de petite aventure vers le village secret des Centaures dans un premier temps. Au passage  tout cela va servir d’introduction au monde en nous expliquant le ba.-ba, les gemmes sur les monstres, la magie etc, en bref un grand classique de ce côté-là.

Au détour de ça, nous allons pouvoir également observer leur premier ennemis autre que les ennemis naturels que sont les monstres. Effectivement , il s’agit bel et bien d’humains qui vont les traquer suite à une action de Ploutinov qui est allé à l’encontre des agissements d’une noble. Pour le coup rien de bien fou puisque nous passons simplement de méchants en méchants parce que…. ils sont méchants. Oui, n’y cherchez pas de raison particulière, il n’y a pas l’air d’y en avoir si ce n’est que l’Humain dans sa “supériorité” écrase et asservit les autres races. Notre protagoniste lui, malgré ses penchants discutables, possède un grand cœur et un bon fond et, de ce fait, ce genre d’actes inhumains le révolte.

À moins que l’œuvre ne se complexifie avec le temps, pour l’instant il est clairement à prendre dans le sens humoristique en posant son cerveau à côté de soi. Même si la parodie de Poutine est un prétexte pour nous faire lire, la personnalité de ce bonhomme nous laisse nous prendre au jeu et on peut se voir enchaîner les pages aisément, à condition de ne pas le prendre plus au sérieux que ça.

Je vais être un peu contradictoire, mais cela ne me dérangerait pas de le voir devenir plus sérieux avec un peu de profondeur, ce qui manque actuellement au titre.

 

 

Néanmoins, en dehors de la parodie fortuite d’un président d’un pays nommé Russie, il n’est pas le seul personnage sympathique. Saki et Bell ne sont pas non plus en reste. Elles sont à première vue un peu bêta, et ce n’est pas spécialement qu’une impression, mais elles savent garder leur objectif. Et ce dernier n’est d’autre que l’argent ! C’est avec cette motivation qu’elles vont suivre notre cher Ploutinov, malgré les risques qu’elles encourent. Mais le nord reste leur cap et si jamais la situation chauffe trop et qu’une fuite est possible, pourquoi se gêner, après tout cet énergumène qui les accompagne et très louche à leurs yeux ! On ne s’ennuie pas avec ces trois-là, croyez-moi.

Quant aux dessins, c’est globalement sympa. Les décors sont plutôt réguliers donc on évitera trop de pages blanches ce qui est un bon point, en plus ils sont généralement assez jolis, rien non plus d’incroyable mais pour un auteur qui gère le scénario et le dessin c’est propre ! Le chara-design est marrant et colle bien à ce qu’on aurait pu attendre pour ce manga.

En conclusion, si vous recherchez un manga drôle pour ne pas vous prendre la tête, vous avez de quoi vous amuser. Par moment il peut faire penser à Mashle mais au lieu d’avoir un protagoniste ressemblant à Mob de Mob Psycho 100 vous avez Poutine. Ce qui est tout aussi bien on peut se l’avouer. À voir comment le titre va évoluer, on pourrait risquer de tourner en rond ce qui serait lassant à force.

H.

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