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Insomniaques

Mille battements,

une nuit et un

soupçon de

bien-être…

 

Insomniaques est un Seinen de Makoto Ojiro. Il est publié depuis 2019 au Japon et comporte actuellement 6 volumes toujours en cours. En France, Soleil Manga a acquis la licence en 2021 et dont 3 tomes sont d’ores et déjà disponibles.

Vous connaissez peut-être déjà l’autrice grâce à La Fille du Temple aux Chats, un titre terminé en 9 tomes l’année dernière.

Ganta Nakami a tendance à donner une mauvaise appréciation de lui. Il semble toujours en colère, irrité et possède un caractère qui n’aide pas à s’en faire une bonne première impression. En réalité, il souffre d’insomnies, de ce fait il passe ses journées à être mort de fatigue et cela joue énormément sur son mental, mais ça, personne ne le sait à part un ami à lui…

Cependant un jour il entre pour la première fois dans l’observatoire désormais abandonné et y fait une découverte des plus surprenantes à ses yeux: une camarade de classe tendrement endormie qui se révèle plus proche de lui qu’il ne l’aurait imaginé… Naît alors une douce relation de nuits en nuits…

Le titre est assez révélateur du sujet : l’insomnie, et à plusieurs ! On parle bien entendu de véritables insomniaques, un problème donc récurrent et non pas des crises passagères. On imagine bien à quel point le quotidien peut-être difficile quand votre rythme de sommeil est plus proche du vampire que de l’humain ! Qui plus est, si notre protagoniste Ganta cache ce problème, cela se ressent instantanément sur son humeur qui le rend distant des autres. Il n’aurait cependant pas imaginé qu’une fille de sa classe avec qui il n’avait jamais parlé ait le même souci que lui. En effet, Isaki Magari est elle aussi insomniaque mais cela se voit beaucoup moins, elle a disons moins de mal à faire comme si tout allait bien.

Cette dernière a pour habitude de dormir à quelques moments de la journée dans l’observatoire qui a été abandonné lorsque l’ancien club s’est dissous. Ceci lui a donc permis de se reposer tranquillement pendant un temps, mais rien n’est immuable et elle finit par être trouvée par notre fameux Ganta Nakami. Et là après crise de panique, appréhension et tout ce qui s’ensuit vient le moment où ils se rendent comptent que l’un et l’autre sont le/la meilleur(e) interlocuteur(trice) et que de ce fait, plutôt que de se gêner ils pourraient s’aider.

 

 

Alors je vous rassure, cela ne se fait pas en trois planches, à la base ils cachent tout de même leur secret à tout le monde et gardent une certaine distance de sécurité quant à ça, il n’est donc pas question de tout gâcher à la moindre occasion et surtout pas à cause d’un “accident” !

Toutefois, force est de constater que l’entraide est sûrement la meilleure solution pour eux deux et que partager ce merveilleux lieu de repos est un moyen comme un autre.

C’est à partir de là que l’histoire prend vraiment tout son sens. Ce récit ne parle pas seulement de leur insomnie respective, mais plutôt de la manière dont ils vont essayer de la gérer ensemble. Nous avons donc un binôme qui se crée mais qui limite leurs interactions en public. Pour éviter tout problèmes supplémentaires, ils préfèrent ne pas se côtoyer durant les cours, cela serait trop suspicieux aux yeux des autres et donc une source d’ennui.

C’est comme ça qu’ils vont décider de partager des moments secrets voire “intimes” rien qu’eux deux, en se voyant là où personne ne les surprendrait et à des moments qui limiteraient les risques. Mais à force de se voir de cette manière, cela ne créerait-il pas un lien spécial, unique, entre eux ?…

 

“Eh bien… Et dire qu’il y a peu, on ne s’était jamais adressé la parole… et là, on fugue la nuit, on échange par line… et sachant que Magari s’y trouve, venir en classe est presque devenu un plaisir…ça s’appelle comment, ce genre de relation ?

– Ganta Nakami

 

Ganta Nakami est donc comme vous l’aurez compris un garçon distant qui ne donne pas une très bonne image de lui. Il est du genre grognon, ce qu’on peut comprendre lorsque l’on est au courant  de ses mauvaises nuits. Dans le cas contraire, c’est vrai qu’il peut paraître nerveux mais en réalité j’apprécie ce côté-là, car s’il est irrité, il est aussi du genre à ne pas se laisser faire et à moins faire attention au regard des autres ce qui fait de lui un personnage fort psychologiquement .

Tout à l’heure j’ai dit qu’il n’y avait qu’un ami à lui qui était au courant, eh bien ce n’est pas tout à fait exact, hormis Isaki Magari, il y a également mademoiselle Kurashiki qui fait partie du corps enseignant. Cette femme est importante car elle permet d’agir d’un point de vue externe à la situation, et en plus, à l’inverse de ce qu’on pourrait croire, elle aide à instaurer un ton humoristique au manga ! Ses apparitions, en plus d’être pertinentes, ajoutent un réel plus à l’histoire et permettent de ne pas tomber dans la mélancolie. Enfin je dis ça, mais l’histoire se veut tout de même très feel good surtout grâce à la relation qu’entretiennent nos deux protagonistes. C’est super mignon ! On a envie de les encourager et de voir jusqu’où ils vont aller ensemble, j’espère sincèrement que Ganta ne sera pas le personnage idiot qui ne va rien voir ou rien vouloir voir pendant mille ans ce qui ralentirait le rythme inutilement. Si cela pouvait se faire naturellement ce serait pour le mieux !

 

 

Pour ce qui est de Isaki Magari, je trouve que c’est LE personnage indispensable à ce manga. Il y a plusieurs raisons à cela et la première est évidente, elle aussi est insomniaque et c’est en partie grâce à elle que le “refuge” à l’observatoire existe. Mais ce n’est pas tout, elle ajoute une touche poétique à leur insomnie. Il est question dans le tome de trouver un sens à ces insomnies, et je pense que Magari est la plus à même à apporter cette réponse à Nakami. Elle lui change son quotidien qui passe de la monotonie à l’imprévisible. Le matin il peut être comme d’habitude à s’endormir sur un bureau et plus tard être en train de s’occuper de choses qu’il n’aurait jamais fait seul en compagnie d’Isaki. Et quand je parle du quotidien, il est question même des nuits ! Rien ne sera plus pareil à ses côtés, que ce soit pour lui, ou bien pour elle. Ils se complètent et surtout ils deviennent peu à peu indispensables à l’autre. Tout ceci rend leur relation bien plus passionnante et plus enivrante. Je meurs d’envie de vous citer la phrase qui clôt le tome mais je souhaite vraiment que vous le découvriez par vous-mêmes et que vous aussi rejoigniez les fondus.

 

“Nan, parce que quand t’es venu… j’ai super bien dormi…”

– Isaki Magari

 

Par ailleurs, les dessins harmonisent le tout. C’est du type tranche de vie donc rien de fracassant non plus mais j’ai été surpris par les nombreuses très jolies planches qui sont proposées tout au long de la lecture. Je n’ai cessé de prendre des photos du tome afin de choisir celles que je vous partagerai, eh bien le tri a été très difficile !

Les expressions faciales des personnages sont attendrissantes, et celles d’Isaki ne font que la rendre de plus en plus mignonne au fil des pages. Alors qu’au début on la voit tout de même avec un chara-design un peu simplet, ce n’est qu’en lisant qu’on se rend compte de ses charmes certains ! Les nombreux moments où elle remplit une planche entière est extrêmement appréciable et j’en redemande encore !

Pour Ganta, cela ne le rend pas spécialement plus mignon mais plus attachant ça c’est certain ! On se prend vraiment de sympathie pour lui et lorsqu’on le voit sourire c’est satisfaisant.

Un petit mot également pour la jaquette que je trouve sublime et dont celles des prochains tomes sont tout aussi belles !

 

Insomniaques, c’est un diamant que l’auteur est en train de façonner, je n’ai qu’une envie, c’est de lire la suite ! L’histoire part sur un sujet qui peut paraître simple mais en fait quelque chose de profond, de doux, de tendre et finalement, de poétique. C’est le genre de manga que l’on commence avec appréhension et qu’on finit par dévorer sans s’en rendre compte. Plus le tome avance, plus vous vous attachez aux personnages, au récit, et cela devient un plaisir toujours plus intense.

Je ne sais pas jusqu’où l’auteur compte aller, en tout cas pour le moment c’est un grand oui !

Si vous aimez les mangas qui construisent une relation profonde et intéressante sans tomber dans le shōjo pur et dur, mais en gardant un fil conducteur autre, je pense sincèrement que Insomniaques vous plaira.

H.

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