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Karate Heat

S’amuser dans 

un sport 

compétitif

Karate Heat est un Shônen de Eiichi Kitano aussi connu chez nous pour son manga L’Oxalis et l’or. Karate Heat compte trois tomes terminés au Japon depuis 2016 et il nous arrive enfin en France chez Pika en Juin 2021.

 

Lors de ses vacances avec sa famille, Shinya Kinoshita fait la rencontre de Takumi Yanagiya et se découvre une passion pour le karaté. Takumi, jeune génie solitaire de la discipline, y voit enfin une occasion de s’adonner à ce sport passionnant avec quelqu’un d’autre et ils décident de s’entraîner ensemble, découvrant que Shinya possède des capacités et prédispositions incroyables. Ils rejoignent alors le club de Karaté du lycée Ukishima pour pratiquer ce sport, le tout, dans une rivalité positive et bon enfant.

 

Pour commencer, on peut dire que le tome un de Karate Heat sert en grande partie d’introduction pour la suite, nous faisant lentement découvrir les personnages, le scénario, et l’art du karaté. Ce n’est en effet qu’aux deux derniers chapitres qu’on semble véritablement entrer dans le vif du sujet et qu’on entame vraiment les combats de karaté et les entraînements plus combatifs.

En tout cas, on peut dire qu’il s’agit d’un titre agréable à lire, léger, avec plusieurs pointes d’humour qui nous font penser à des mangas de sport comme Haikyuu. J’ai beaucoup apprécié la manière d’être des personnages et cet humour enfantin ainsi que cette rivalité positive qui se dégageait d’eux. Même leur caractère et la façon dont cette œuvre est écrite m’ont donné l’impression de lire un manga du style de Haikyuu. Pour les fans du manga c’est un bon point mais en même temps un mauvais puisque ça veut dire que les deux titres ont trop de ressemblances. Et c’est là qu’on commence à se rendre compte que Karate Heat est peut être un peu trop ancré dans les clichés des mangas de sport à succès. Après, personnellement, cela ne m’a pas plus dérangée que ça durant ma lecture.

Malheureusement, ce titre n’est qu’en trois tomes et j’ai été déçue d’apprendre que ça s’arrêtait si vite, surtout que je ne m’en suis rendue compte qu’après ma lecture du tome un. Au vue du premier tome j’espérais vraiment un manga plus long et j’ai eu le sentiment que cette œuvre avait été tuée dans l’œuf, d’autant que ce manga me donnait envie de découvrir le karaté plus en profondeur. Un manga de sport qui te donne envie de pratiquer ce sport à la fin de ta lecture est un bon manga d’après moi, d’où cette petite note amère de ne le voir faire que trois tomes. Il me tarde cependant de découvrir la fin afin de me faire une idée plus concrète du pourquoi du comment.

Pour le moment, je me dis que le titre souffre probablement d’un scénario un peu trop facile. Le héros n’a pas l’air d’avoir d’autres buts que de s’amuser en faisant du karaté avec son ami. Les personnages sont également tous gentils avec lui et on ressent donc moins cette rivalité que dans les autres mangas de sport. En plus, le héros est talentueux dès le début et on perd donc ce sentiment de difficultés à surmonter. C’est peut être tous ses points négatifs qui ont fait que ce titre n’était pas aussi bon que je ne l’espérais, bien que, je le rappelle, ma lecture a été agréable, distrayante, et que le tome se lit tout seul.

Il y a au moins une chose qu’on ne peut pas reprocher à ce manga, c’est l’atmosphère qui y règne tout au long de la lecture. Le titre est en général bon enfant, on voit les personnages s’amuser en pratiquant le sport, certains moments sont comiques et font sourire et il n’y a pas vraiment de drame pour l’instant, c’est donc plutôt feel good.

Néanmoins, l’auteur est capable de nous mettre dans une ambiance incroyable lors des combats et on ressent vraiment l’intensité dans le moindre coup, la pression, la concentration des personnages et j’ai vraiment adoré cet aspect là.

De plus, la manière dont l’auteur gère ses planches donne également énormément d’intensité et nous plonge dans notre lecture, mais on en reparlera plus en détails un peu plus tard.

 

Je vais continuer à devenir plus fort! Et ça c’est cool, pas vrai?

 – Shinya

 

Pour ce qui est des personnages, mis à part pour leur chara designs variés, ceux-ci sont pour le moment plutôt oubliables et secondaires pour la plupart, assez effacés, ce qui pourrait être un autre des points négatifs du titre.

Takumi Yanagiya, l’un des personnages les plus marquants de l’histoire, est présenté comme un génie qui doit rester solitaire, qui ne peut s’entraîner avec personne. En réalité, après sa rencontre avec Shinya, on découvre qu’il est plutôt sociable et idiot, mais surtout amusant. Sa manière de changer d’école pour en rejoindre une autre moins importante juste pour être avec Shinya m’a cependant un peu dérangée parce que même s’il s’entraîne la plupart du temps seul au karaté, c’est comme s’il se fermait des portes en n’allant pas dans un lycée avec de grandes infrastructures. Sinon, mis à part le fait que je l’aurai voulu un peu plus sombre et qu’il devienne vraiment un rival de Shinya, je l’aime bien, il est sympathique et a encore son âme d’enfant.

Shinya Kinoshita, lui, est présenté comme un garçon pas très grand, qui perd rapidement son endurance mais qui progresse à une vitesse folle grâce à sa posture parfaite. Il est mignon, j’aime bien ses réactions qui font que tout le monde veut l’aider et les interactions enfantines qu’il a avec Takumi qui rendent son ami plus abordable. Mais en même temps, son caractère a énormément facilité le scénario, et le fait qu’il soit miraculeusement hyper talentueux a peut être aussi ruiné le manga. C’est à la fois un personnage vraiment appréciable, mais également celui qui a dû apporter les défauts à l’histoire malheureusement. J’aurai aimé que ses difficultés soient plus mises en avant, et qu’il ne soit pas juste tourné au ridicule (comme son problème de coordination avec l’échelle réduit à un petit sketch.)

On peut donc dire que ce titre possède beaucoup de personnages oubliables et deux trois intéressants et en même temps handicapants pour l’œuvre.

Enfin, pour ce qui est du dessin, j’ai trouvé les chara designs variés et le tout beau et propre. On reconnaît bien la manière de dessiner de Eiichi Kitano. Ses personnages ont un trait normal mais ses décors et ses détails sont plus fins et ça donne un tout autre point de vue à l’histoire.

Plus d’une fois j’ai été captivée par la mise en scène qui est parfois incroyable et augmente l’intensité du manga. Il y a un travail sur l’encrage et sur la poésie que dégagent certaines cases qui sont vraiment fascinantes et qui transmettent beaucoup d’émotions.

De même, sa manière de créer du mouvement lors des scènes de combat ou d’entraînement donne vraiment de l’intensité aux coups et c’est magnifique à voir. De plus, les scènes d’action sont assez fluides à la lecture, on ne se perd pas et c’est agréable.

C’est un gros coup de cœur pour le style graphique de l’auteur qui n’a fait que se bonifier avec le temps d’ailleurs, et son travail dans L’Oxalis et l’or est encore plus impressionnant.

 

En conclusion, on peut dire qu’il s’agit d’un bon titre que j’ai beaucoup apprécié lire mais qui se termine malheureusement beaucoup trop vite. On a un scénario assez facilité qui fait défaut à l’œuvre. Le fait que le héros soit talentueux et manque d’ambition gâche le sentiment de difficulté et de surpassement et ce n’est pas vraiment ce qui est recherché dans un manga de sport.

Néanmoins, l’humour et la manière d’être des personnages nous font accrocher à la lecture, en plus d’avoir une mise en scène, des décors et une impression d’intensité de mouvement incroyable.

Ce titre donne tout de même envie de pratiquer le sport en question après la lecture, donc c’est qu’il n’est pas un mauvais manga de sport pour autant, il aurait juste mérité d’être un peu plus retravaillé et complexifié scénaristiquement parlant, avec un héros plus ambitieux et avec plus de drame.

Cela reste une lecture qui détend et qui est agréable, plutôt feel good, courte en seulement trois tomes et très abordable même pour les gens qui ne sont pas friands de mangas de sport.

L.

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