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Yakuza Réincarnation

Un Yakuza

cinquantenaire

dans le corps

d’une jeune

princesse

Yakuza Reincarnation est un Seinen de Hiroki Miyashita avec une idée originale de Takeshi Natsuhara, publié au Japon depuis 2019 où il comporte 6 tomes en cours. En France, le premier tome arrive chez Kazé en Novembre 2021.

 

Ryûmatsu Nagamasa est le Chef du groupe Shogaku et un vieux Yakuza de la cinquantaine dont les douleurs aux hanches lui rappellent qu’il n’est plus tout jeune. Connu pour sa droiture dans le quartier qu’il occupe, il est cependant un beau jour piégé par un gang adverse et meurt noyé. Mais contre toute attente il se réveille dans un autre monde, dans le corps d’une jeune princesse victime d’un complot. Cette seconde jeunesse offerte va lui permettre de retrouver ses forces d’antan et de remettre le royaume sur le droit chemin, non sans difficultés, sous le nom de Sanaria Ryuu Lundberg.

 

Pour commencer, oui, Yakuza Reincarnation est un Isekai avec un héros/héroïne surpuissant(e). Cependant, je l’ai trouvé vraiment bien construit, prenant, avec des personnages drôles et attachants, et qu’il nous propose une mécanique un peu oubliée ces dernières années, celle de transformer un personnage masculin en un personnage féminin.

Ce titre est en effet très bien construit d’après moi. Le premier volume n’est pas uniquement un tome d’introduction. Effectivement, l’auteur est parvenu en un seul chapitre à poser quasiment toutes les bases de son scénario, et celles qui ne sont pas encore très claires sont approfondies au fil du tome. On a donc une première partie de chapitre où on apprend un peu l’ancienne vie du Yakuza, son caractère ainsi que la manière dont il s’est fait piéger, puis on arrive dans une seconde partie de chapitre où on découvre le nouveau monde et le visuel de notre personnage principal.

Certes on pourrait dire que l’histoire n’est pas si originale que ça, des isekai avec des complots dans le royaume ne sont pas rares, mais le fait que notre personnage principal soit un Yakuza d’âge mûr qui se retrouve dans le corps d’une jeune princesse, ça change tout. Surtout que, comme je l’ai dit, l’auteur construit très bien son premier volume, et ce, au-delà du premier chapitre. On a la problématique principale de notre histoire qui est énoncée dès le tome un, mais on ne va pas directement s’y atteler, il faut d’abord se préparer. Et cela se fait en passant au village de la princesse: Tashtoria. Ce lieu d’abord annoncé comme accueillant possède plusieurs problèmes: la drogue, les malfrats et la pauvreté. Nous sommes bien loin du village promis et Ryuu va alors se retrouver avec sa première quête: Remettre ce village sur le droit chemin. On se croirait presque dans un RPG avec une petite quête qui va permettre de découvrir une autre quête et qui nous mènera au fur et à mesure dans le gros du scénario. La fin du premier tome nous prouve d’ailleurs qu’on est loin d’avoir tout vu et que le plus gros du scénario est à venir avec des monstres toujours plus repoussants.

Et ce que j’ai trouvé vraiment bien, c’est que l’auteur ne place pas cette petite quête par hasard d’après moi, puisqu’elle va permettre à la princesse de se faire ses premiers alliés contre le complot dont elle est victime, et de commencer à se faire connaître des gros méchants de l’histoire. En plus, le côté reconstruction du village et création d’alliés me rappelle un peu Moi quand je me réincarne en Slime, en peut être un peu plus violent. Car oui, si ce titre est prenant, ce n’est pas seulement grâce à une bonne construction du scénario, mais également à un rythme dynamique proposant énormément de scènes d’action, coupées avec quelques explications des subalternes de la Princesse, le tout avec des réponses familières et amusantes du Yakuza.

 

Cher déesse…Est-ce là votre bénédiction? Ça ressemble plutôt à une malédiction…

– Ryûmatsu

 

On a donc un scénario très bien construit, avec un rythme dynamique et prenant, on ne peut qu’accrocher à ce isekai axé sur la réincarnation qui, au final, n’a d’isekai que son introduction, puisqu’il n’est clairement pas question pour notre Yakuza de retourner dans son monde, de toute manière il y est mort et en plus il a retrouvé une seconde jeunesse et n’a plus de douleurs aux hanches. J’espère vraiment qu’on va garder ce scénario bien construit et ce dynamisme par la suite car c’est vraiment ce qui fait le charme de ce titre et qui le rend si captivant.

Mais Yakuza Reincarnation possède un autre gros point fort qui fait son charme et qui le rend excellent: Ses personnages drôles. On en croise déjà énormément dans ce premier tome, tous ne sont pas nommés, mais ils ont chacun une personnalité qui les rend drôles, surtout en face de notre Yakuza surpuissant. En plus, certains nommés ont des références assez amusantes comme Usain et Bolt, les montures les plus rapides du village. Mais ce n’est pas d’eux dont je vais vous parler, mais des subalternes de Ryuu et de Ryuu lui-même enfin…elle-même.

Nyui semble être une Elfe au service de la Princesse, s’occupant de la coiffer, l’habiller et la nourrir. Vous me direz qu’elle est plutôt banale dans ce cas, mais son aversion pour les hommes et pour ce qui est sale la rend plutôt amusante par moment. Elle est fidèle à la princesse et n’hésitera pas longtemps avant d’effectuer une tâche répugnante pour elle, même si elle continuera de prendre son air dégoûté.

Giovanni Saltmann est un vieux chevalier fidèle de la Princesse qui la sert depuis qu’elle est enfant. Il a des airs de Don Quichotte et est plutôt fougueux malgré sa cinquantaine. Sa manière d’être et son besoin de protéger la princesse alors qu’elle est maintenant probablement plus forte que lui le rend plutôt amusant à voir. J’ai vraiment l’impression qu’une certaine folie l’anime dans toute cette énergie et je le trouve donc plutôt amusant, surtout qu’il veut souvent apparaître cool mais finit par se ridiculiser, sa tenue suffit d’ailleurs à le rendre drôle.

Enfin, Sanaria Ryuu Lundberg ou Ryûmatsu Nagamasa est LE personnage qui rend les situations drôles et stylées. Il est à l’origine un Yakuza, ce qui fait qu’il est bien loin de la princesse raffinée et innocente. Il n’hésite pas à parler de manière familière et ne possède aucune pudeur malgré son statut à présent élevé. C’est un personnage qui a du caractère, bagarreur, mais aussi profondément droit, qui fera tout pour remettre de l’ordre dans son nouveau territoire…Euh Royaume. C’est également un homme initialement surpuissant qui semble avoir un grand attachement envers une déesse que ce soit dans son ancienne vie que dans sa nouvelle. Il y a cependant une certaine contradiction dans ce personnage puisqu’il récupère sa force d’antan dans le corps d’une princesse qui a probablement en vérité peu de muscles. Est-ce un pouvoir du tatouage?

Ce personnage de la déesse est d’ailleurs ce qui fait le côté mystérieux de l’histoire et j’ai hâte d’en apprendre plus sur ce tatouage qui orne son dos et les potentiels pouvoirs qu’il peut lui procurer, ou même simplement la signification derrière cette déesse.

Yakuza Reincarnation nous propose alors nombre de personnages aux caractères bien à eux et originaux, les rendant drôles à leur manière et nous plongeant encore plus dans l’histoire, lui donnant une dimension plus légère.

Pour ce qui est des dessins, le trait de l’auteur pour les personnages est assez gras et parfois peu précis mais je trouve que ça leur donne finalement de bonnes têtes. Il a un style assez original et plutôt beau. Les expressions sont très bien retranscrites et les tenues sont plutôt détaillées même pour les personnages pauvres. On a suffisamment de décors et ils sont également agréables à regarder. L’auteur a fait un excellent travail sur le dessin et nous propose déjà pas mal de planches vraiment belles et impressionnantes rien que pour le premier tome. Il n’hésite pas à disposer de grandes cases pour bien représenter les sentiments des personnages ou pour montrer une action claire qui est toujours très approfondie et lisible. Son style me conquis totalement et je pense qu’il va plaire à bon nombre de lecteurs.

 

En conclusion, Yakuza Reincarnation est une excellente découverte offrant une histoire très bien construite avec un rythme prenant, proposant beaucoup d’action et de quêtes passionnantes, le tout avec des personnages drôles qui allègent un peu l’ambiance lourde qui règne dans ce royaume complotiste et menacé par le Roi démon. Le personnage de Ryuu est une véritable réussite, son chara design et sa tenue sont originaux en plus d’avoir un caractère de Yakuza cinquantenaire qui me plaît énormément. De plus, il revisite un style un peu oublié ces dernières années: Celui de l’homme qui se retrouve dans le corps d’une femme, qui me fait toujours rire et que j’apprécie énormément. Le tome 1 nous laisse sur un certain suspense qui ne peut que nous donner envie de nous procurer la suite. Si vous êtes fans de Yakuza, de Isekai et d’aventures dynamiques fortes en action et en humour, ce titre est fait pour vous.

L.

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