Hôzuki le Stoïque

Petites
histoires aux
enfers
Hôzuki le Stoïque est un Seinen de Natsumi Eguchi, publié au Japon à partir de 2011 et terminé en 31 volumes en 2020. En France, les éditions Noeve Grafx nous proposaient l’œuvre dans une collection abordable à 3.95€, mais malheureusement avec tous les problèmes qu’ils ont eu, le tout a dû être remanié sous un format plus classique.
Il existe huit enfers majeurs et huit enfers glacés, formant un total de 272 départements. Dans cette grande société que compose les Enfers, le stoïcisme de Hôzuki est mis à rudes épreuves, entre le travail colossal qui s’abat sur lui, les invités et nouveaux pas toujours compétents, et un Roi Enma qui ressemble à une grande blague. Le tout créer un sacré bazar où Hôzuki, premier assistant d’Enma, doit remettre de l’ordre sans cesse.
Hôzuki le Stoïque est un titre totalement épisodique, où chaque chapitre va aborder une histoire dans les enfers de manière parodique, le tout étant toujours bourré d’humour et de burlesque. Si vous cherchez un titre pour vous détendre et vous amuser, celui-ci pourrait vous convenir, d’autant qu’il s’agit d’un manga qui a eu de nombreuses adaptations animées avec pas moins de trois saisons, c’est dire l’ampleur qu’il a eu au Japon.
Cependant, il va vous falloir être réceptif à cet humour particulier, très japonais et qui, surtout, commence à se faire un peu vieux, avec des blagues qui, personnellement, ne m’ont pas fait plus rire que ça. Disons que c’est un titre qui détend mais que j’ai eu pour ma part du mal à lire d’une traite, de par la densité de ses dialogues et parfois la lourdeur de l’humour. C’est un manga qui parlera plus à certaines personnes qu’à d’autres, mais qui me rappelle notamment l’humour à la Saiki Kusuo no Ψ Nan ! Si vous avez aimé Saiki, vous devriez tout de même adhérer à Hôzuki!
Comme je vous l’ai dit, Hôzuki le Stoïque est un manga totalement épisodique, mais qui derrière tout son humour et tout le travail à abattre par notre personnage principal, apporte un côté calme et Slice of Life. On est loin d’une tragédie et d’une histoire sérieuse puisqu’on suit la vie aux Enfers avec des personnages étonnamment amicaux et attachants.
Cependant, comme j’ai dit, l’humour un peu lourd rend le tout extrêmement long à lire d’une traite, et comme le manga est assez épisodique, je ne vois pas pour l’instant de scénario. Pourtant, si le titre a fait un total de 31 volumes et a eu plusieurs adaptations animées, c’est qu’il doit y avoir à un moment une histoire qui s’en dégage. Si vous avez lu plus loin que le premier volume dites-moi si le côté épisodique léger s’estompe ou pas, car pour le moment je ressors de ma lecture mitigée. J’ai peur que comme dans 50 Nuances de Gras (Chronique ici), on ai une histoire épisodique avec toujours plus de personnages qui s’ajoutent au fur et à mesure et rien de plus, et si c’est le cas pendant 31 tomes, personnellement je m’en lasserais assez vite. Disons que d’après moi, Hôzuki le Stoïque est pour le moment un titre à lire à petites doses, en continuant un chapitre de temps en temps, et qui va du coup très bien avec la méthode de parution d’un magazine, mais pas forcément celui d’un format relié.
Ce que j’ai bien aimé par contre dans cette œuvre, c’est tout le côté fantastique qui s’en dégage. L’histoire se déroulant dans les Enfers (et parfois vite fait dans le paradis), on a accès à un Folklore Japonais vaste, mais aussi au folklore chinois et par moment même occidental! De ce fait, on croise des personnages tirés de légendes connues comme Momotaro, détournés d’une manière humoristique qui casse le mythe, mais divertit le lecteur. C’est toujours un plaisir de redécouvrir un personnage connu du folklore, et d’en rire.
D’autant que vous savez, j’aime beaucoup trouver les petites références cachées dans les mangas, et même juste acquiescer sur celles qui sont clairement dénoncées, et l’auteure ne se gêne pas pour glisser de multiples références au studio Ghibli, à Lamu, à des Jeux vidéos types RPG Japonais comme les Final Fantasy. Ce n’est pas un manga dense à lire uniquement par ses nombreux dialogues et son humour à tout va, mais aussi par ses références omniprésentes tout au long de notre lecture. Au fond, même si certains aspects me laissent sceptique, Hôzuki le Stoïque est tout de même un manga riche, avec un univers vaste et un sacré travail de recherche derrière, il faut juste s’accrocher et apprendre à l’apprécier.
Que voulez-vous dire? Je nage dans la joie et la bonne humeur, vous savez. Je suis l’incarnation de la gaieté.
– Hôzuki
Hôzuki le Stoïque nous propose énormément de personnages, rien que dans son premier volume, mais deux d’entre eux m’ont le plus marqué: Momotaro et Hôzuki.
Momotaro est l’un des premiers personnages secondaires qu’on rencontre dans ce tome. C’est un personnage en rapport direct avec une légende Folklorique du Japon, et il est amusant de voir qu’il n’est pas exactement comme on le pense. Il apparaît en effet comme un sale gosse sûr de lui, qui veut combattre les personnes les plus fortes des enfers pour les éradiquer. Mais en vérité il est bien moins glorieux, plutôt faible et c’est un personnage qui évolue rapidement en gentil fermier dans une plantation de pêches.
Ce changement chez le personnage de Momotaro est notamment dû à Hôzuki. Hôzuki est le personnage principal de ce manga, au visage toujours neutre, calme, et aux agissements cependant parfois assez agressifs. C’est un oni et le premier assistant du Roi Enma, et autant dire que c’est lui qui règle tous les problèmes aux enfers et qui abat le plus de travail. Son côté neutre joue énormément sur l’humour du titre, de même que ses agissements et la manière dont il règle certains problèmes qui est parfois absurde. Il a cependant un certain charisme qui fait que je l’aime beaucoup.
Tous les personnages de Hôzuki sont particuliers et ont chacun un point qui les rend uniques et humoristiques à la fois. Je ne vous parlerais pas plus d’eux car tout le plaisir est de le découvrir par soi-même.
Enfin, en ce qui concerne les dessins, le style est souvent caricaturé ou prend des airs d’estampes et d’anciennes œuvres japonaises, ce qui rend le manga vraiment unique à regarder. Cependant, ce n’est pas pour ces belles planches que le titre peut attirer l’attention, puisqu’on est en général sur des cases très resserrées, avec très peu de décors, où on voit plus le texte et les personnages qu’autre chose.
En conclusion, Hôzuki le Stoïque est un manga épisodique à l’humour très burlesque et à l’écriture dense qui me laisse pour le moment dubitative. Cependant, au vu de ces nombreuses adaptations animées et de ces 31 volumes, j’ose espérer qu’un scénario plus intéressant s’en dégage par la suite. C’est un titre à lire sans prise de tête, un chapitre de temps en temps, juste pour se détendre un peu et qui nous montre énormément de folklores différents et de références appréciables. On croise beaucoup de personnages rien que dans ce premier volume et tous ont une particularité et une personnalité unique qui les rendent attachants et drôles. Le dessin est unique, à mi chemin entre l’art traditionnel japonais, le caricatural et le manga, donnant un attrait certain au manga. C’est une œuvre qui doit trouver son publique, qui ne m’a pas forcément touché pour le moment, mais qui devrait plaire aux amateurs d’humour et à ceux qui ont apprécié Saiki Kusuo no Ψ Nan.
Si vous souhaitez vous procurer les tomes sur notre site internet c’est par ici !
L.
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