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Skeleton Knight in another world

Petit corps

de squelette

mais grosse armure !

 

Skeleton Knight in Another World est un Shônen écrit par Hakari Enki et dessiné par Sawano Akira. Originaire comme souvent d’un Light Novel, il a eu son adaptation en manga en 2017 au Japon avec pour le moment 8 volumes en cours. En France, c’est en Juillet 2021 que nous avons le droit à ces deux premiers tomes aux éditions Meian.

Un joueur se réveille un jour dans le MMORPG auquel il jouait. Il se retrouve avec le même équipement mais aussi avec la même apparence… de squelette ! Il en profite de ce fait pour garder son pseudo comme identité ; Ark.

Il doit désormais apprendre à vivre dans ce nouveau monde et tenter de se faire discret alors que absolument rien ne l’y aide…

Vous l’aurez deviné, c’est un Isekai ! Mais ne partez pas si vite, on va quand même en parler !

Le début est classique, d’ailleurs la phase d’introduction est plutôt expéditive, tout le monde a compris, ne serait-ce qu’en voyant le personnage, les quelques pages qui allaient en découler donc jusque là pas de surprises en vue. C’est un humain qui a craqué pour le skin de squelette mais qui maintenant se retrouve bien embêté avec cette apparence. Oui car maintenant qu’il est dans ce nouveau monde il est bien entendu hors de question de repenser à l’ancien monde où à comment y retourner. Aah…donner c’est donner reprendre c’est…

 

 

On notera également qu’il emporte avec lui un paquet de compétences qui le rendent pour ce monde là super fort évidemment. Mais à l’instar de notre bien aimé et connu Ainz Ooal Gown d’Overlord, il n’a pas du tout la même tendance à vouloir tout contrôler. En réalité, il est plus du genre japonais lambda ne voulant pas déranger. Il essaye alors de passer un maximum inaperçu (pas de bol, il n’y a pas de sorts d’illusion pour son apparence) mais avec un corps de squelette et surtout avec son armure intégrale éclatante et bling bling, ça se complique. Il décide en plus de s’inscrire en tant que mercenaire alors qu’il a une allure de chevalier, ce qui, forcément, fait un peu contraste.

En fin de compte, en dehors de quelques remarques, cela a généralement plutôt l’air de l’avantager que le contraire, en tout cas dans ce premier tome.

Le monde dans lequel il évolue désormais n’est pas tout rose. Une des premières scènes est une attaque de bandits à l’encontre d’une charrette où il y a une jeune fille noble, mais à côté il va y avoir également pas mal d’histoires d’esclavage, de “tests” grandeur nature avec des monstres, en somme que des éléments qui nous laissent entrevoir un monde un peu plus sombre que ce à quoi nous aurions pu nous attendre, surtout avec ce protagoniste qui, malgré sa force, n’est pas sûr de lui et est même un peu craintif.

L’univers a de la matière pour gagner en profondeur et pour s’affranchir des ressemblances avec d’autres œuvres du même style. Car oui, les similitudes des premières pages s’étendent au tome entier. On y retrouve donc les exploits du héros qui est plus fort qu’une armée entière, le compagnon animal mignon, une waifu (c’est important quand même) et n’oublions pas une petite dose de fan service afin de régaler tout le monde. On pourrait penser que j’exagère et que ce n’est pas que ça, eh bien oui et non. C’est vraiment comme ça et je n’invente rien, par contre je tiens tout de même à nuancer mes propos.

 

 

Comme je le disais, l’univers de ce manga a du potentiel même s’il n’est pas unique en son genre. Le titre n’est pas du tout déplaisant à lire bien au contraire et tout s’enchaîne très bien. Je me suis rapidement retrouvé à la fin du tome sans m’en rendre compte, ce qui est très positif. Certes c’est en grande partie du déjà vu, mais ça a le mérite d’être bien fait et de ne pas ennuyer le lecteur. Pourtant ce n’était pas chose aisée, j’ai commencé ma lecture avec Overlord en tête et les et over 9999 isekai déjà existants et malgré ça, je n’ai pas eu de mal à finir mon tome.

Alors bon, si l’histoire est classique mais qu’elle se lit bien, qu’en est-il des personnages allez vous me dire ? Eh bien… je dirais sans mentir qu’ils ne sont pas transcendants. À vrai dire, on ne connaît réellement que le protagoniste, le reste est soit très secondaire soit trop peu présent pour en parler. Par contre je peux vous reparler de Ark qui, par rapport à ce que j’ai dit toute à l’heure sur le côté craintif du personnage, possède tout de même une dose de courage qu’il tire de sa force par rapport aux autres. De ce fait, bien qu’il fait partie de la catégorie des « Overpowered » il n’a pas tellement le caractère qui va avec. Il n’a clairement pas l’ambition de Kinji Ninomiya dans The Dungeon of Black Company, cela ne l’empêche tout de même pas de découper et brûler des corps, après tout, ce n’est qu’un jeu vidéo. D’un autre côté c’est aussi ce qui le rend intéressant, un héros surcheaté dans un isekai a généralement bien plus de confiance en soi et son côté réfléchi est agréable. Il ne fonce pas dans le tas parce qu’il faut sauver la demoiselle en détresse, il prend le temps d’analyser la situation, sans que ce ne soit poussé, mais juste ce qu’il faut pour qu’il semble sage. Je reste curieux de connaître son évolution.

 

“Je pourrais surgir de là en criant “Stop !”… Si je peux me battre comme ça dans le jeu, ça devrait aller… Mais si, par malheur, je finissais par perdre… La meilleure stratégie est donc… de les attaquer par surprise !”

– Ark

 

Quant à la partie graphique, Sawano Akira a réalisé du bon boulot ! Le manga est vraiment plaisant à l’œil et pour tout vous dire, il m’a même permis de me dire que le héros avait la classe. Que ce soit par son armure toute belle ou bien par son petit regard qui n’est pas sans rappeler un autre protagoniste casqué du nom de Goblin Slayer ! Les décors sont eux pas mal présents et joliment travaillés, le rendu global de l’œuvre est plus que bon. Vous ne serez pas déçus de cette partie là.

Ma conclusion restera fidèle à ce que j’ai dis tout au long, elle sera donc mitigée entre l’univers trop classique qui reprend une majoritée des clichés du isekai et de l’autre côté, le potentiel du monde qui pourrait nous faire finalement vivre quelque chose de différent, mais également l’effort mis du côté des dessins qui ne sont peut être pas exceptionnels mais qui sont très jolis et plaisants. Par ailleurs, la rencontre avec une elfe qui l’engage comme mercenaire va possiblement redonner de l’engouement pour ce titre, à voir comment tout cela sera utilisé. À noter par ailleurs qu’une adaptation anime a été annoncée.

H.

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