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Archdemon’s Dilemma

Du sang,

de l’amour

et des larmes…

 

Archdemon’s Dilemma est un Shônen du scénariste Teshima Fuminori ainsi que du dessinateur Itagaki Hako et du chara-designer COMTA. Le manga a été publié au Japon en 2018 et compte actuellement 8 volumes toujours en cours. En France, les éditions Meian nous proposent le premier tome en cette fin de mois de Juillet 2022.

Ce manga est une adaptation du Light Novel du même nom sorti un an plus tôt dans le pays d’origine.

Zagan est un mage au talent considérable mais empli de solitude. Ses rares discussions se font avec un “ami” mage, Barbatos. Ce dernier lui annonce la mise aux enchères de l’héritage d’un des 13 Archidémons qui a trépassé récemment, mais ce qu’il y trouve le marque plus profondément qu’il n’aurait pu l’imaginer… Un coup de foudre plus puissant que n’importe quel sort !

 

La raison de ce coup de foudre n’est autre que la jolie elfe sur la couverture. Le bougre dépense sans réfléchir pour l’obtenir mais il n’a absolument pas pensé à la suite des événements.

En effet, cette douce elfe du nom de Néphélia et du surnom, Néfy, est loin de respirer la joie de vivre. Elle a eu une enfance difficile, et la suite de sa vie ne s’est pas arrangée, ayant eu une vie d’esclave, pour faire court. Lorsqu’elle est achetée par Zagan, ses premiers mots sont froids, demandant quelle va être sa sentence. Il faut dire, qu’en plus de sa vie de misère, les mages n’ont pas bonne réputation, ils sont même parmi les pires criminels. Leurs pouvoirs, leur orgueil et leur convoitise amènent régulièrement à des enlèvements, des meurtres, des sacrifices, bref ils sont à la racine de beaucoup de mals. Néfy pense donc naturellement être utilisée comme catalyseur ou bien comme jouet sexuel avant d’être tuée ou tout ce qui pourrait la mener inévitablement à la mort.

On reviendra un peu après sur leur relation un poil niaise mais intéressante à suivre malgré tout. Dans un premier temps, parlons plutôt de l’univers de ce titre.

 

 

J’apprécie que l’auteur Teshima Fuminori ait opté pour une vision négative du mage. Dans des séries fantastiques, le mage est généralement plutôt bien vu du lecteur, et les” mauvais” mages ne sont généralement qu’une minorité. Ici, bien que notre protagoniste ne soit pas quelqu’un de mauvais dans le fond, il l’est dans la forme. Ses actions sont constamment à la limite du bien et du mal. Ça ne rend pas le personnage ultra profond, soyons honnête, en tout cas pas pour le moment, et il est malgré ce côté “gris”, facile à cerner. En un sens, Zagan me fait un peu penser à Ainz Ooal Gown dans Overlord: il est atroce avec ses ennemis et peut être adorable avec ses alliés bien qu’il tente généralement de ne pas le montrer. De ce fait, il possède un mal fou à exprimer clairement ce qu’il souhaite, et dissimule ça derrière des propos douteux.

Bien que la thématique de la limite entre le bien et le mal est évoquée via Zagan et via les mages et la notion de pouvoir plus globalement, je ne suis pas sûr que cela ira bien plus loin dans la réflexion. Je peux me tromper, je serai même ravi que ce soit le cas mais j’ai peur que le manga survole un peu trop ces éléments au profit de quelque chose de plus… joyeux ?

Car oui, l’histoire semble se diriger vers un but tiers: celui de combler la solitude de Zagan et lui offrir la vie qu’il a toujours secrètement voulu. En effet, Zagan est craint et reconnu de tous, il a le pouvoir, a(vait) l’argent, il ne lui manquait finalement plus que deux choses: encore plus de pouvoir pour atteindre un sommet jamais atteint et… de l’amour ? Que ce soit amicalement, ou amoureusement, il est clairement en mal d’affection, et ce n’est pas son ami Barbatos, qui est plus douteux que n’importe qui qui va combler le vide dans son cœur.

Alors que Néphélia elle… En plus de posséder de nombreux points communs avec lui, que ce soit par son passé, par sa vision des choses et ses maladresses, elle a un effet positif sur lui. En un sens, elle me fait vaguement penser à Raphtalia de The Rising of the Shield Hero, sur sa loyauté, son affection et même sur certaines de ses réactions. Il faut dire que les deux ont eu une enfance difficile dont le calvaire n’a pris fin que grâce au “rachat” du protagoniste, et les deux ont été esclaves en plus. Et puis… leur deux noms finissent en lia, alors si ça ce n’est pas un argument de choix !

Néfy se rapproche de Zagan d’une autre manière également, je ne rentrerais pas trop dans les détails afin de ne pas spoil, mais le pouvoir que possède Néfy est grand, très grand et cela fait apparaître de la crainte chez les autres, tout comme les autres craignaient déjà notre cher mage.

Toutes ces ressemblances vont aider leur relation a évoluer, même si l’on est encore loin d’un avancement à la Chillin’ Life in a Different World, les personnages étant moins ouverts et moins directs !

 

“De quel façon prévoyez-vous de mettre fin à mes jours ? Si j’en savais plus cela m’aiderait à me résoudre à mon sort…”

– Néphélia.

 

En termes de dessins, CONTA à réalisé un très bon travail sur les chara-designs que je trouve beaux en général. Itagaki Hako a su en profiter en nous proposant de jolies tenues, des expressions faciales poussées, et puis, les petits gros plans par moment j’a-do-re. C’est du basique hein mais c’est toujours impactant. Côté décors, on n’est pas en manque, il y en a régulièrement, dont certains plutôt bien détaillés. Le véritable point fort reste les personnages, même s’il subsiste un doute sur les scènes de combat, pas de gros ennemis encore pour l’instant, mais il y a du potentiel pour faire des moments sympas.

Alors en conclusion, Archdemon’s Dilemma est cool à lire, je pensais ne pas plus aimer que ça et finalement, j’ai même souhaité poursuivre ma lecture un peu plus loin que le tome 1 nécessaire à la critique. Pourtant, pour être objectif, le manga ne réinvente rien mais il prend des éléments variés qui passent crème. “Un bon Shônen est un Shônen qui reprend les codes à la lettre”, ce n’est pas si faux et ça s’avère juste une fois de plus. Par ailleurs, Teshima Fuminori semble avoir un bon rythme pour son récit, les choses paraissent avancer tranquillement, suffisamment pour qu’on se retrouve embarqué dans l’histoire sans vraiment y faire gaffe.

Si vous aimez les shônens où vous êtes en présence d’un méchant gentil façon The Rising of the Shield Hero ou même Overlord, et que vous aimez la romance, oui, ça peut vous plaire clairement. Ah et si jamais un doute subsiste, non, ce n’est pas du tout un isekai, même si je l’ai comparé à trois d’entre eux !

H.

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