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Chiruran

La création du 

Shinsengumi 

et ses 

personnages 

hauts en 

couleur

Chiruran est un Seinen de Umemura Shinya au scénario et Hashimoto Eiji au dessin. Publié au Japon depuis 2010 et comportant 30 tomes toujours en cours, les deux premiers arrivent en France chez Mangetsu et leur promet une nouvelle série pour de nombreuses belles années.

 

Notre histoire commence à l’ère Meiji en 1912 où Ichikawa Makoto, journaliste, est à la recherche d’un légendaire combattant, Nagakura Shinpachi, afin qu’il lui raconte la véritable histoire du Shinsengumi, le plus puissant groupe de samouraïs. On est alors plongé en 1859 en pleine époque Edo, alors que Hijikata Toshizo rencontre pour la première fois ceux qui seront plus tard ses plus fiers et importants compagnons au sein de la milice.

 

Pour commencer, on peut dire que Chiruran me fait penser à énormément de titres du même genre, qu’ils se soient déroulés au même moment avec les mêmes personnages, ou qu’ils reprennent juste le thème des Samouraï. Si vous n’êtes pas familiers de ce thème, vous aurez cependant certainement déjà entendu parler de Kenshin le Vagabond ou encore Le dernier Samouraï. Néanmoins, Mangetsu ayant déjà fait une comparaison dans leur vidéo de présentation, je préfère me détacher un peu de ces deux œuvres et comparer Chiruran à d’autres titres, plus ou moins connus, mais qui peuvent tout aussi bien coller avec le thème.

Tout d’abord, même si je ne m’y connais pas trop en Samouraï, j’ai déjà pu voir un petit bout du Shinsengumi et surtout de leur fin tragique à travers Hakuouki Shinsengumi Kitan, qui propose certes, une histoire plus fantastique que réaliste avec un petit air de harem inversé, mais qui représente tout de même bien les personnages emblématiques du Shinsengumi. Je ne me suis donc pas sentie très dépaysée au début de Chiruran et j’ai même trouvé cela agréable de pouvoir découvrir vraiment les prémices de la création de cette milice emblématique de l’Histoire du Japon. Pour les mettre un peu plus en parallèle, dans Hakuouki comme dans Chiruran, les protagonistes du futur Shinsengumi sont tous plutôt beaux (contrairement à la réalité je trouve). Dans Chiruran cependant, on a une approche plus réaliste bien que romancée de l’histoire du Shinsengumi et on l’aborde de ses débuts à sa fin (je suppose vu que le manga est toujours en cours).

 

Ces fleurs sans fruits qui s’épanouirent à la fin de l’époque Edo

– Narration

 

Bien que j’ai trouvé ce premier tome assez lent au niveau de l’histoire, on sait d’emblée que l’auteur compte prendre son temps pour relater les faits dans les moindres détails, puisqu’il insère déjà des présentations plus complètes d’autres personnages importants de la fin de l’ère Edo en leur dédiant des chapitres, que ce soit avec Okada Izou ou Saito Hajime, et ses chapitres n’en sont pas moins intéressants puisqu’ils nous offrent déjà une ribambelle de scènes d’action intéressantes. Je pense d’ailleurs, pour Okada Izou, qu’il sera intéressant d’observer son évolution dans le futur quand on le recroisera.

J’ai certes trouvé que l’histoire était plutôt lente dans ce premier tome, mais je sais que le tout s’intensifiera au fur et à mesure que l’Histoire se mettra en place, et même dans ce premier tome, l’action est déjà quasi omniprésente et plutôt captivante à suivre. On pourrait comparer ce titre avec Shigurui, ne serait-ce que pour l’intensité de ses scènes d’action et son côté plus gore et plus sérieux, ainsi que ses combats incessants mais très graphiques et splendides à l’œil. Nonobstant que les personnages importants de l’histoire soient beaux, Chiruran n’hésite pas à nous offrir des combats sanglants, prouvant bien qu’il doit être classé en Seinen et considéré comme tel. On n’en n’est certes pas encore au gore que peut nous présenter Shigurui mais on voit quand même quelques doigts voler, ce qui est plutôt appréciable, et tout comme Shigurui, les combats sont vraiment dynamiques, sans pour autant être illisibles, et en deviennent passionnants à regarder.

Mis à part par son histoire qui prend son temps et qui m’a un légèrement dérangée (mais pas trop non plus je l’ai quand même beaucoup appréciée), Chiruran m’a conquise par ses scènes d’action impressionnantes et sa manière de doser le sérieux avec une pointe de comique. Rien que dans ce premier tome on découvre des personnages aux caractères plus ou moins loufoques qui nous font sourire et me rappellent certaines scènes de Samouraï Champloo. Et c’est véritablement ces personnages qui permettent d’alléger toute l’atmosphère du titre, même si je ne me doute pas que par moment certains tomes seront certainement bien plus sérieux que ce tout premier tome, on n’est après tout encore que dans les prémices d’une histoire à la fin tragique.

Parlons donc un peu de ces personnages aux caractères si variés et différents. Chiruran nous présente une ribambelle de protagonistes et il serait beaucoup trop long de tous les détailler, c’est pourquoi je ne me concentrerais sur ceux qui ont retenu mon attention durant ce premier tome.

On pourrait commencer par parler un peu de Okada Izou, un homme présenté comme surpuissant, qui enchaîne combats sur combats afin de tester ses compétences. On le voit dans ce premier tome comme quelqu’un qui défie tous ceux qui sont considérés comme forts. Si au premier abord on aurait pu croire qu’il s’agissait uniquement d’un homme sérieux et dangereux, il s’avère qu’il finit par s’entendre plutôt bien avec Hijikata et qu’il lui ressemble un peu dans sa stupidité et sa manière de défier tout le monde pour progresser. On sait cependant d’emblée qu’ils sont voués à se retrouver dans des camps opposés et on voit déjà naître une rivalité entre eux. Okada Izou n’apparaît que de passage dans ce premier tome mais on le retrouvera certainement dans le futur et il me tarde de découvrir son évolution et de le voir combattre à nouveau.

Saito Hajime, lui, est présenté comme une tête brûlée au sang chaud et on voit déjà une sacré rivalité entre lui et Hijikata. Bien qu’il soit un sadique qui n’hésite pas à être sans pitié avec ses adversaires, c’est également un homme prêt à tout pour honorer le dernier souhait d’un ami. Pour le moment c’est le personnage que j’ai trouvé le plus proche de la représentation du Samouraï que je me fait. Même s’il apparaît comme faisant tout ce qu’il veut, cela reste quelqu’un qui semble respecter les codes du samouraï à la lettre.

Enfin, Hijikata Toshizo est présenté comme un marchand de médicaments chers, qui n’hésite pas à blesser ses futurs clients pour s’enrichir et s’entraîner. C’est un personnage à la fois stupide et pas encore très doué dans le maniement de l’épée, si ce n’est quand il est véritablement acculé. Je pense que c’est celui qui progressera le plus au fil de l’histoire, ne serait-ce que grâce à son rôle important dans le Shinsengumi. Il s’agit tout de même, d’après moi, du personnage le plus loufoque de tous, celui qui trouve toujours le moyen d’alléger notre lecture. On peut donc dire qu’on est bien loin du Hijikata sérieux et renfrogné de Hakuouki Shinsengumi Kitan.

Tous les personnages sont pour le moment appréciables, si ce n’est la bande de Sasaki Tadazaburou qui sont un peu insupportables mais qui sont totalement figurants et disparaîtront probablement bientôt. Leurs caractères variés et loufoques permettent d’alléger la lecture et également de nous captiver. En plus si vous êtes familiers avec l’histoire du Shinsengumi vous ne vous sentirez pas perdu dans les noms (sinon bon courage).

Enfin, parlons un peu du dessin. Les personnages sont bien évidemment bonifiés, les représentants du Shinsengumi n’étaient certainement pas aussi beaux dans la véritable Histoire, mais passons sur ce détail. Ils sont tous très différenciables ce qui est agréable à l’œil et chacun a sa petite particularité. Le trait n’est pas commun et le dessinateur nous propose des décors qui, eux, font très samouraï et collent parfaitement à l’ambiance, d’autant que les détails sont vraiment agréables et rappellent ceux qu’on pouvait avoir dans Shigurui et ce, même dans un plancher! L’encrage est également plutôt intéressant à observer et la répartition des cases est assez claire et variée ce qui fait qu’on ne se perd pas dans la lecture et qu’on ne s’ennuie pas.

En bref, le dessin colle parfaitement à l’ambiance samouraï du titre et c’est un sans faute, j’y adhère totalement.

 

En conclusion, Chiruran est une excellente découverte qui nous promet une revisite historique plus romancée du Shinsengumi pour de nombreuses années. On y suit l’histoire de cette milice de ses prémices à sa fin, ce qui rend le titre à la fois lent à démarrer et passionnant à suivre. Le premier tome se termine sur un suspense intéressant et qui donne envie de lire la suite. Les personnages sont certes présentés de manière plus jolie que la réalité, mais leurs caractères loufoques permettent d’accrocher véritablement au titre et de s’attacher à eux. Le dessin est beau et clair et les scènes d’action ne manquent pas en plus d’être très lisibles, ce qui est un régal pour les yeux. Franchement je conseillerais Chiruran à tous ceux que l’Histoire ennuie et qui veulent découvrir le Shinsengumi sous un côté plus romancé mais tout de même proche de la réalité, d’autant que c’est un plaisir de pouvoir redécouvrir cette époque du début et non pas déjà avec une milice créée comme c’était le cas dans Hakuouki Shinsengumi Kitan. Ma critique ne concerne que le premier tome mais les deux premiers volumes sortent en même temps ce qui vous donne déjà de quoi vous mettre sous la dent. Mangetsu a par ailleurs également présenté son propre titre dans une vidéo vraiment claire que je vous conseille d’aller voir si vous voulez une présentation de qualité.

L.

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