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Comme les autres

En quête d’une 

vie normale

 

 

Comme les autres est un Shojo de Yuki Nojin publié au Japon originellement en 2019 où il compte déjà 5 tomes. Le premier tome nous arrive chez Kana en Avril 2021.

 

 

Hanakawa Tsubaki rêve d’une vie normale et d’écouter uniquement ce que son cœur lui dicte. C’est pourquoi, lorsqu’elle ramasse l’abonnement de train que ce garçon laisse tomber, elle fonce et lui déclare ses sentiments au travers d’une lettre, avouant son envie de vivre un amour normal et heureux. Mais Tsubaki est loin de tout savoir à ce moment-là. Ibuki Kusano est malentendant et leur relation semble donc mal partie pour être normale.

 

Quand on voit un manga traitant de l’handicap et plus particulièrement du côté malentendant, on ne peut que se souvenir de A Silent Voice et de son côté social poussé, qui dénonçait les brimades subies à cause du handicap, et la difficulté de grandir dans une classe avec des enfants sans handicaps qui ne vous comprennent pas. Cela me fait également penser à Perfect World où il y a un véritable besoin de vivre un amour, le plus normal possible, mais surtout de comprendre la personne qu’on aime, ses besoins, et de savoir comment l’aider dans son handicap.

On a donc une œuvre qui ne part pas sur des bases vierges, plusieurs mangas ayant vu le jour ces dernières années pour traiter de ce sujet ô combien délicat au Japon, et encore beaucoup trop méconnu et peu accepté de la population et de la société Japonaise. J’ai pour le moment l’impression avec le tome 1 que ce manga souhaite traiter le sujet mais sans trop insister sur le côté brimades, on en voit de temps en temps, on sous entend régulièrement que Ibuki n’a pas forcément toujours eu une enfance facile, mais ce n’est pas encore trop montré et il ne semble plus trop en subir à présent. Ici, l’auteur paraît plus se concentrer sur la méconnaissance des japonais et là en l’occurrence vu qu’on est dans un lycée: des jeunes sur le sujet du handicap et du fait d’être malentendant.

On peut déjà voir dans ce premier tome beaucoup de maladresse et de comportements parfois désagréables de la part des autres jeunes et je pense que ce manga sait se démarquer des autres mangas du même genre par le fait qu’il place son histoire plus sur la communication avec une personne malentendante que sur les brimades qu’elle peut subir. J’espère qu’on continuera sur ce cap qui me paraît intéressant à aborder et qui peut susciter des vocations pour les plus jeunes et les renseigner sur un sujet plutôt tabou au Japon. Je conseillerais vraiment cette série aux plus jeunes comme aux plus âgés qui en apprendraient bien plus ainsi.

Mais Comme les autres ce n’est pas uniquement l’histoire d’un malentendant vu des yeux de sa camarade de classe, c’est aussi une histoire d’amour avec une déclaration surprenamment rapide mais qui va permettre un rapprochement dès les premiers chapitres qui est vraiment agréable. On se rend compte que Tsubaki, qui recherche la normalité, propose d’emblée une déclaration peu normale et très précipitée.

Je dirais que ce titre regroupe deux âmes blessées (voire peut-être plusieurs à l’avenir) qui se rejoignent sans le vouloir dans leur différence et qui s’entraident pour essayer d’accéder à une normalité, de rentrer dans le moule comme tout bon japonais. Malheureusement pour eux cela ne se passe pas toujours bien et heureusement pour nous d’ailleurs, car cette œuvre nous fait passer par toutes les émotions, du rire à la peine, du sourire à l’indignation, proposant un scénario qui avance à toute vitesse et des retournements de situations à ne plus savoir quoi en faire.

J’ai eu l’impression en lisant le tome un qu’énormément de choses se déroulaient dans chaque chapitre et de ressortir de ma lecture comme si je venais de lire deux tomes au lieu d’un seul. C’est peut être un bon point mais j’ai peur qu’on finisse par se perdre un peu, quoique l’auteur a l’air de suivre un bon cap et de le tenir fermement en laisse. En tout cas pour le moment on ne s’ennuie pas en lisant ce titre et l’histoire est très prenante de par ses rebondissements incessants et son texte plutôt dense à lire. J’en retiens une lecture plutôt positive et instructive et n’hésiterais donc pas à m’intéresser à la suite de l’histoire que j’espère pouvoir lire rapidement.

 

J’ai envie d’être amoureuse. Je ne veux ni violence, ni souffrance, ni tristesse. Je veux un amour ordinaire et heureux.

– Hanakawa Tsubaki

 

Pour le moment je ne retiendrais que les deux personnages principaux, même si Shibasaki et Hidaka semblent également avoir un développement à venir plutôt intéressant, que ce soit pour le côté distant de Shibasaki, que pour le côté soudainement émotif de Hidaka. J’attend d’en savoir plus sur eux pour pouvoir les développer.

J’aimerais cependant parler de Hanakawa Tsubaki, personnage féminin principal du titre. Elle possède une cicatrice à la poitrine qui montre qu’elle n’a pas vécu une vie de petite fille normale. Elle se montre néanmoins enjouée, dynamique et pétillante, qui se donne à fond dans tout ce qu’elle fait. Elle est directe et ne semble pas y aller par quatre chemins en ce qui concerne ses sentiments, disant régulièrement ce qu’elle pense et essayant de ne pas garder des non dits. Parfois son caractère m’insupporte un peu mais je pense que ça la change un peu des héroïnes un peu nunuches et superficielles qu’on peut souvent avoir dans les romances. Au final son côté insupportable fait partie de son charme. On se doute bien qu’elle a un passé et des sentiments bien plus sombres qu’elle ne dévoile pas encore vraiment et j’ai hâte de la voir s’épanouir davantage, en espérant qu’elle finisse par être heureuse et décomplexée sur la question de la normalité.

L’autre personnage dont je voudrais parler est Ibuki Kusano, le personnage masculin principal de l’œuvre. Il est malentendant et plutôt inexpressif ce qui fait qu’on a du mal à comprendre ce qu’il pense, mais il sait parfois se montrer prévenant et gentil envers les autres. J’ai néanmoins l’impression que les souffrances passées et son handicap le poussent à ériger une carapace et qu’il garde beaucoup de sentiments pour lui, même si parfois il avoue certaines choses, probablement quand son armure faiblit. J’aurai du mal à lui reprocher son comportement par moment un peu méchant envers Tsubaki puisqu’on comprend facilement qu’il ne cherche qu’à se protéger des sentiments qui le submergent tout en protégeant également comme il peut Tsubaki. Enfin, on peut dire que Ibuki est un personnage qui a dû rêver de normalité comme Tsubaki, mais qui a tendance à abandonner ce désir secret puisqu’il est conscient d’être malentendant et est complexé par cela.

J’espère qu’il finira par s’ouvrir et par vider son sac pour enfin nous offrir un visage expressif et plus détendu.

Les personnages sont donc en général plutôt bons et apportent une bonne ambiance à l’œuvre, tantôt douce et agréable à suivre, tantôt plus triste et mélancolique.

Enfin, parlons un peu des dessins. Les chara designs sont plutôt corrects et les expressions détaillées des personnages semblent avoir beaucoup d’importance dans un titre traitant du handicap. On parvient en général facilement à comprendre les émotions des personnages en les regardant, c’est donc un bon point. Les décors sont, eux, plutôt simples, toute l’histoire quasiment se déroule dans le lycée, malgré quelques scènes de voyage ou de ville, c’est donc amplement suffisant pour ce titre, d’autant que le texte est régulièrement plutôt dense et remplit donc bien les planches, évitant une sensation de vide, les trames couvrant le reste. L’auteur nous propose donc un bon niveau qui nous plonge davantage dans son titre avec un style assez reconnaissable.

En conclusion, je dirais que Comme les autres est une très bonne lecture qui propose d’aborder l’handicap de manière habile. La méconnaissance des autres personnages est souvent montrée de manière discrète, le personnage malentendant ne subit pas des brimades pures et dures mais plutôt des regards, parfois de légères réflexions et des maladresses ce qui colle plutôt bien avec la manière d’être des japonais. Ce titre est plutôt instructif en plus d’être prenant. Les personnages sont originaux, notamment Tsubaki et son caractère haut en couleur et parfois insupportable qui fait son charme.  C’est une œuvre que je conseillerais aux personnes de tout âge et de tout genre, je pense que tout le monde peut y trouver une part intéressante et que l’ambiance parfois calme et reposante, parfois frénétique et révoltante en attirera plus d’un.

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L.

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