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50 Nuances de Gras

Résister à la 

nourriture et 

faire du sport 

n’est pas 

toujours facile, 

même pour une 

elfe

50 Nuances de Gras est un Seinen de Synecdoche, publié au Japon depuis 2016 où il compte 7 tomes toujours en cours. Le 7ème tome nous arrive en Avril 2022 chez Doki Doki.

 

 

Naoe travaille dans un centre de massage où il soulage les gens de leurs petites douleurs. Cependant il ne sait pas que dans notre monde les créatures fantastiques vivent secrètement parmi les humains tout en y étant parfaitement intégrées. Jusqu’au jour où il reçoit une cliente un peu particulière nommée Erufuda, possédant un bon embonpoint et qu’il découvre qu’elle est en vérité une elfe qui a succombé à la malbouffe de notre monde. Ainsi, il va très vite apprendre qu’elle n’est pas la seule dans ce cas et mettre en place des exercices pour l’aider à retrouver sa silhouette d’elfe gracieuse. Malheureusement, il ne se doute pas que tout ceci va être bien plus difficile et épuisant que prévu.

 

Vous l’aurez compris au vu du titre, 50 Nuances de Gras se veut très humoristique et vise à faire rire son lectorat et à le détendre. On a un comique omniprésent tout au long du tome par le biais de personnages toujours plus farfelus, pas toujours intelligents voire rarement, obsédés par la nourriture du monde des humains. Chaque chapitre se déroule toujours de la même manière, partant d’une situation de vie quotidienne classique pour aller vers une rencontre d’un personnage fantastique qui possède un embonpoint quelque part, on apprend à le connaître, on découvre une solution pour son problème et on suit ce personnage le mettre en application, le tout parsemé de dialogues et de situations amusantes menant à une fin heureuse.

À aucun moment vous ne ressentirez de la tristesse en lisant ce titre. Il est purement et simplement feel good même si son comique de situations embarrassantes très axé sur le Ecchi et ses dialogues remplis de sous entendus pourraient en déranger plus d’un. Il me rappelle d’ailleurs pas mal Chastity Reverse World avec son humour très axé sur le Ecchi et les scènes gênantes de perversion.

En tout cas, cette bonne ambiance et cette manière décomplexée de parler du gras pourrait permettre à plus d’un lecteur de gagner confiance en lui et peut-être même de se motiver à perdre du poids.  Et si tous les exercices sont vrais et les conseils vérifiés, ça peut vraiment servir à aider des gens à débuter un peu le sport par eux même. Si ce n’est pas le cas, les abdos seront au moins musclés par son côté drôle, c’est un bon début non?

 

Le monde ne fait pas assez d’exercice…Il déborde de stress et de calories. Ces mauvaises habitudes nous détruisent progressivement.

– Narration

 

Malheureusement, 50 Nuances de Gras souffre d’un problème important: Il est très épisodique. Pratiquement à chaque chapitre on va découvrir un nouveau personnage avec son nouveau problème, un nouvel exercice pour le régler et des conseils, le tout pour finir content. Cela fait assez répétitif au fond, on ne va pas se le cacher. Ce n’est clairement pas un manga à lire pour son histoire d’après moi. Celle-ci ne progresse que rarement et finit par tourner en rond sans le moindre problème dramatique pour faire bouger les choses. On est plus sur du Slice of Life épisodique, à lire avec le cerveau à côté juste pour l’ambiance Ecchi et drôle.

Si vous n’aimez pas les scènes Ecchi, passez tout de suite votre chemin car quasi chaque page nous présente un personnage féminin dans une position embarrassante, quasi nue, ou nue.

À mon avis c’est un manga dont on va acheter la suite plus par habitude et pour le divertissement que pour son histoire et sa profondeur. Ici on ne réfléchit pas, on rigole et on observe simplement les corps graisseux et généreux fondre sous les exercices toujours plus imaginatifs et intéressants. Clairement, si vous voulez une histoire sérieuse avec des personnages fantastiques et une notion d’autre monde, tournez vous plutôt vers Gate au-delà de la porte plutôt que sur celui-ci.

On a quand même un léger développement de relations et d’amitié entre tous les personnages qui donnent un regain d’intérêt, créant des oppositions de caractère entre certains qui peut être intéressant de voir évoluer, même si cela ne semble pas voler bien haut et tourne plus dans l’humour relationnel et l’amitié vache qu’autre chose.

 

En tout cas, on ne peut pas dire que les personnages manquent dans ce manga. Chaque chapitre en présente un nouveau et on connaît déjà pas mal de choses sur les personnages les plus secondaires. Rien que dans ce premier tome vous allez rencontrer une elfe, une elfe noire, une sirène, une mandragore, une ogresse et une lycanthrope. De quoi faire un bestiaire bien fourni et uniquement féminin. À part le personnage principal vous ne verrez pas d’hommes dans ce manga, comme tout bon Ecchi tiré sur le harem.

Parlons en d’ailleurs de Naoe. C’est un personnage gentil et intelligent, qui ne juge pas et qui aide volontier les personnes qu’il rencontre. Mais c’est également un personnage très banal, très effacé. On voit bien qu’il a été créé pour que le lecteur puisse se reconnaître facilement en lui. Mais ça en fait un personnage pas si intéressant que ça malheureusement.

Erufuda est…Je vous laisse réfléchir une seconde…Oui une elfe bravo! Elle est obsédée par les frites et ne brille pas par son intelligence. C’est notre second personnage principal, que l’on verra à chaque épisode et qui, personnellement, me fait bien rire. Elle est régulièrement en conflit avec d’autres personnages comme Kuroeda, et n’hésite pas aussi à effectuer les exercices avec les autres.

Je vous laisserai découvrir les personnages plus en profondeur en lisant par vous-même car leurs rencontres sont vraiment ce qui fait tout le charme de ce manga. En tout cas, si vous n’avez pas encore le tome vous pouvez essayer de deviner les noms des autres personnages par leur race, l’auteur aime beaucoup en faire des jeux de mots comme: Erufuda qui ressemble à Elfe et Kuroeda qui va plutôt bien avec une elfe noire.

S’il y a une chose que j’admire, c’est le talent de Synecdoche pour dessiner les femmes dans des positions toujours plus complexes, mais aussi les muscles, les formes/rondeurs et les exercices sportifs. Cela demande une grande maîtrise des proportions et de l’anatomie et je trouve que les mangas Ecchi font partie des plus difficiles à dessiner, ne serait-ce que pour leurs personnages. Ici les chara-designs sont aussi variés que le nombre d’espèces différentes, de même que les mensurations des personnages!

Les décors sont par contre plutôt absents mais la mise en page des planches rattrape un peu ce manque. On a des cases et des dialogues dans tous les sens et parfois c’est aussi bordélique que le moment qui s’y déroule. Cela reste cependant lisible et on ne s’ennuie pas.

L’édition quant à elle est assez simple mais la couverture des tomes est toujours bien flashy et met en avant Erufuda dans une position différente ce qui se voit plutôt bien dans une mangathèque.

 

En conclusion, 50 Nuances de Gras est un bon manga humoristique pour se détendre et poser son cerveau à côté. Il possède quand même un côté épisodique et redondant qui risque de lasser à la longue à moins de ne lire qu’un tome de temps en temps surtout que son scénario n’a pas l’air de voler très haut. Son côté feel good et son approche des rondeurs peut néanmoins en motiver plus d’un à faire de l’exercice et vous pouvez même reproduire ceux du manga qui sont plutôt bien expliqués. Il s’agit cependant d’un titre très axé sur le Ecchi qui ne plaira donc pas à tout le monde, mais sa diversité de personnages à découvrir est quand même bien sympathique surtout qu’ils sont plutôt bien dessinés et proportionnés. Si vous cherchez un manga à lire occasionnellement pour vous détendre et vous sentir mieux et si vous appréciez le Ecchi, celui-ci pourrait vous intéresser.

L.

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