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Welcome to the Ballroom

Un petit pas pour la

danse, un grand pas

pour Fujita

 

Welcome to the Ballroom est un Shônen écrit et dessiné par Takeuchi Tomo.

Il est toujours en cours de parution au Japon depuis 2011 avec pour le moment, 11 volumes. En France, c’est sous les récentes éditions Noeve Grafx que son premier tome est sorti le 28 Mai 2021.

Fujita Tatara est en dernière année de collège mais il est indécis sur son avenir. Il ne possède selon lui aucun talent particulier et de ce fait, il ne se passionne pas pour grand chose. C’est alors qu’il fait la rencontre de Sengoku. À ce moment-là il ne le sait pas encore mais c’est un danseur pro qui va le faire plonger dans la danse de salon contre toute attente.

Pour ce jeune garçon égaré, un vaste monde s’ouvre à lui, et il n’a pas fini de l’explorer…

Le monde de la danse peut-être rempli de préjugés, celui de la danse de salon encore plus et pourtant au travers de ce manga, on nous montre une toute nouvelle facette de la pratique à nous mais aussi à notre protagoniste Fujita Tatara.

Ce dernier n’a pas spécialement de passion mais, bien qu’il se cherche, la danse n’était pas le genre de discipline à lui venir à l’esprit. Un adolescent faisant de la danse, cela lui semblait être quelque chose de honteux et par ailleurs, pas seulement vis à vis de ses camarades de classe, mais aussi des professeurs !

Fujita a changé radicalement d’avis et plutôt facilement le tout grâce à une “simple” vidéo, celle d’une compétition de danse ! Sur cette dernière, son sauveur Sengoku Kaname, qui l’a ramené à la salle, apparaît dessus, il est même le gagnant de ce concours. C’est à ce moment-là que notre néophyte comprend l’envergure que cela peut avoir et commence à développer un engouement pour cette discipline.

Mais tout n’est pas aussi simple. Voir des pros réaliser des performances incroyables est inspirant mais la réalité est toute autre. Il ne suffit pas d’avoir du “talent” pour y arriver, mais surtout de faire des efforts colossaux. C’est ce qui est montré à travers les entraînements qui n’en finissent plus, les personnages qui donnent tout ce qu’ils ont, qu’ils soient malades ou blessés. Fujita n’a peut-être pas de talent particulier comme il le dit, mais il a une facilité à imprégner des mouvements en les observant et en essayant de les faire par lui-même. Ceci est un plus pour lui mais tout ne peut pas être misé là dessus et c’est comme ça qu’il va enchaîner les entraînements sans compter les heures et sans se préoccuper du reste, notamment de ses études.

 

 

Il est intéressant de suivre ce personnage qui sort un peu de nulle part, qui n’est pas spécialement doué non plus, ni spécialement intelligent mais qui va tenter malgré tout de se faire une place là où il n’était pas vraiment destiné. Il ne connaît même pas les bases mais rêve déjà de devenir pro afin de faire des compétitions. Et pourtant, on va apprécier de suivre ce petit qui souhaite devenir grand, qui a trouvé semble-t-il sa vocation. On va le voir évoluer et grandir à travers la danse, lui néophyte va possiblement devenir un très grand danseur.

Qui plus est, notre protagoniste est entouré de personnes talentueuses, entre un danseur professionnel et des amateurs qui sont au sommet de leur catégorie, difficile de ne pas se sentir petit. Non sans mal, il tente de passer au-dessus et de s’en servir comme carburant, comme motivation pour lui aussi atteindre le sommet. Il possède une chance immense, celle de pouvoir observer des danseurs talentueux, et il compte bien l’utiliser à bon escient !

En tout cas la danse a beau être sérieuse, ce n’est pas tout ce qui définit cette œuvre ! Vous serez peut-être surpris de sourire voire de rire plus d’une fois. Entre Sengoku qui n’a aucune gêne et qui ne peut pas s’empêcher d’embêter Tatara de toutes les manières possibles et les réactions de Tamaki, la gérante du salon, qui ne se prive pas de faire des remontrances à notre danseur pro lorsqu’il va trop loin. Si on rajoute en plus les personnages qui pouffent de rire dans le fond d’un air moqueur, cela donne une bonne dose d’humour à ce titre !

Avec tout ça je ne vous ai même pas parlé de la belle Shizuku Hanaoka qui est également, vous l’aurez deviné, une danseuse qui participe aux compétitions amateurs. Elle est cependant déjà très douée et possède le niveau d’une pro. Cependant on ne tourne pas dans le cliché, elle n’est pas là pour booster le héros par doses de phéromones, même si parfois pour quelques scènes comiques l’auteur en joue, ce n’est clairement pas là son rôle. Par ailleurs, Tatara aura même plus tendance à être boosté par des hommes talentueux qui lui montrent d’autres côtés de la danse qu’il commence à affectionner tout particulièrement.

Cela donne une bonne palette de personnages aux caractères bien différents mais à la motivation débordante avec un seul et même objectif, celui de tout donner à la danse pour gagner. Ici l’objectif n’est pas de participer mais bel et bien de vaincre. À tel point que le parquet peut être par moment considéré comme une arène et les danseurs comme des guerriers. Notre personnage principal en prend de plus en plus conscience avec le temps mais ça a tendance à le motiver plus qu’autre chose, bien qu’une certaine crainte persiste en lui du fait de sa nature introvertie qui ne colle pas vraiment avec les compétitions de danse.

 

 

Cette tension qu’il y a pour les compétitions ou même seulement le soin mis dans l’entraînement sont plusieurs fois retranscrites avec le dessin. Certaines planches nous coupent littéralement le souffle et nous montrent que ce qui se passe actuellement est des plus sérieux. Le détail mis sur les personnages, la stature, mais surtout leur regard sont impressionnants par moment.

Dans la globalité, en dehors des scènes superbement soignées, le dessin reste bon, le trait est toute suite plus simple et moins de détails sont apportés sur les personnages, ce qui laisse néanmoins place à des scènes d’humour bien dosées. On retrouve tout de même un manque de décors, le focus est vraiment fait sur les personnages, surtout qu’une majorité de l’action se passe dans des salles d’entraînements donc peu propice à des décors très travaillés.

Welcome to the Ballroom est d’abord arrivé en France grâce à son anime connu aussi sous le nom de Ballroom e Youkoso. C’est par ailleurs grâce à cette très bonne adaptation que j’ai connu ce titre. Après avoir eu du mal à le commencer, j’ai finalement dévoré chacun des 24 épisodes.

C’est après plusieurs années que sort enfin la version manga, je connaissais donc déjà l’histoire mais malgré tout, j’ai pris beaucoup de plaisir à me replonger dans ce récit. La tension que l’on pouvait ressentir dans l’anime est bien présente dans le manga, même sans la musique Takeuchi Tomo sait rendre son récit haletant et poignant, notamment grâce à certaines planches qui sortent vraiment du lot qui nous en mettent plein la vue.

Cette œuvre n’est d’ailleurs pas uniquement réservée aux personnes qui aiment la danse, l’histoire est construite de façon à pouvoir nous introduire cet univers mais surtout à y prendre part quasiment de gré ou de force, un peu de la même manière que Fujita Tatara à rejoint le studio. Finalement c’est avec plaisir qu’on savoure chacune des pages…

H.

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