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Le Conte des Parias

Gentil diable 

raconte moi 

une histoire!

Le Conte des Parias est un Shônen de Makoto Hoshino, publié au Japon depuis 2019 où il s’est terminé en 8 tomes. Le tome 7 arrive en France chez Doki Doki en Juin 2022.

 

 

À Londres, vers la fin du XIXe Siècle, une rencontre particulière a lieu entre deux personnes malheureuses. Celle d’une jeune fille à la vie misérable, mendiant pour rapporter de l’argent à un homme malsain, et d’un diable immortel et solitaire qui cherche à se divertir. Ces deux Êtres décident alors de lier leur destin pour protéger la jeune fille et la libérer de cet enfer, mais tombera-t-elle de Charybde en Scylla?

 

Le Conte des Parias me rappelle deux mangas qui sont sortis il y a plusieurs années, l’un plus vieux que l’autre. On pourrait notamment se souvenir de Black Butler où le jeune Ciel a passé un pacte avec Sebastian pour sa survie et pour se venger des gens qui s’en sont pris à sa famille. Ici cependant, on a moins cette impression de haine, vous verrez que l’histoire, bien qu’elle soit au début assez tragique et horrible, est au final plus mignonne, Wisteria étant profondément gentille et Marbas semblant plus calme auprès d’elle.

Cette relation entre ces deux personnages me paraît presque semblable à celle de Chise et Elias dans The Ancient Magus Bride, affectueuse mais ambiguë. C’est à se demander s’il n’y aura pas de l’amour qui se créera entre eux au fur et à mesure qu’on avancera dans l’œuvre.

En tout cas, le premier tome se lit plutôt bien malgré son côté assez pavé, même si j’émet encore quelques réserves sur ce titre. L’histoire avance bien mais j’ai l’impression que le premier tome n’a vraiment été qu’une introduction bien qu’il se soit déjà passé énormément de choses. On a vraiment l’impression d’être aux prémices de l’histoire, ce qui en fait un titre assez difficile à juger sur son premier volume.

Le but de nos personnages principaux semble plutôt simple: vivre ensemble pour le restant des jours de Wisteria. Cependant, il ne faut pas se faire repérer par l’Ordre de l’épée, une organisation qui n’hésitera pas à éliminer le diable et sa contractante. On semble donc à mi-chemin avec une chasse aux sorcières, mais on ne sait pas vraiment à quel moment tout ceci va s’emballer ni comment, et encore moins comment tout va se terminer. Et c’est peut être ce côté histoire simple mais vague qui me dérange pour le moment. Il faudra lire plus d’un tome pour se faire vraiment une idée sur tout ça et j’espère sincèrement qu’on finira par avoir un développement complet, car si on avait au départ un autre but pour notre personnage féminin, celui-ci a très vite été balayé et résolu vers la fin du volume. J’ai peur que ce soit souvent le cas durant ce manga et que les obstacles et questions soient toujours vite balayées pour passer à autre chose.

 

Que cette demeure vous serve de tombeau!

– Marbas

 

Il y a cependant un point dont je raffole dans les œuvres, se sont les références à des artistes ou d’autres titres connus. Ici, elles sont souvent présentées de manière claire et ça ajoute une pointe d’intérêt et de réalisme à tout ça. D’autant que pour n’en citer qu’un, la présence de Sherlock Holmes m’intrigue et je me demande si nous aurons un développement plus basé sur des enquêtes pour la suite ou s’il sert juste de référence.

L’auteur nous présente également dans ce premier tome plusieurs éléments qui pourraient permettre un approfondissement de l’histoire assez intéressant. On nous parle des treize fléaux, allons nous les rencontrer? De même pour l’Ordre de l’épée qui devrait permettre de grands affrontements. Mais est-ce que du coup Wisteria et Marbas ne se retrouveront-ils pas acculés entre les Fléaux et l’Ordre de l’épée? Si c’est le cas, cela nous promet encore bien des batailles périlleuses car oui, ce premier tome est loin d’être ennuyeux. Si on a de nombreux moments de complicités plus légers entre Wisteria et Marbas, on a également pas mal d’action et de combats pour défendre la jeune fille, alternant du léger au sérieux régulièrement. C’est peut être pour ça d’ailleurs que ce titre se lit si bien: L’auteur alterne efficacement les rythmes dans son titre, captivant son lecteur.

Pour le moment, on ne rencontre pas beaucoup de personnages marquants dans ce volume. Les deux qui ont le plus retenu mon attention sont nos deux personnages principaux: Wisteria et Marbas, pour leur relation si particulière.

Wisteria est une jolie jeune fille au mental d’acier mais à la profonde gentillesse et à la grande politesse bien qu’elle vienne d’une famille pauvre. Elle est capable de voir les diables, ce qui lui a valu un passé parfois difficile. Son nom fait référence à la glycine, une plante qui a pour signification la tendresse et si on se souvient de Demon Slayer, elle a un pouvoir protecteur contre les démons. Ce nom convient alors totalement à Wisteria qui a toujours résisté aux approches des diables mais qui reste une personne d’une profonde tendresse envers ceux qu’elle aime.

Marbas quant à lui fait clairement référence à un démon de la croyance de la Goétie représenté sous forme de lion. Il est majestueux, calme, immortel, et s’ennuie profondément de ce monde dont il a déjà tout vu. Et pourtant, il s’attache à cette jeune fille qu’il trouve divertissante, même s’il ne la considère soit disant que comme un hobby. Il est plutôt gentil pour un diable, prenant soin d’elle et la protégeant bec et ongles. Il en vient même à faire le ménage malgré son côté noble si bien qu’on ne peut s’empêcher de le comparer avec Sebastian de Black Butler et je pense que c’est clairement fait exprès.

Les personnages sont probablement ce qui m’a le plus plu dans ce manga, d’autant qu’on finit par comprendre le titre de l’œuvre par leur biais: Wisteria pourrait être Belle et Marbas la Bête. Mais leur histoire semble pour le moment bien loin d’un conte. Leur duo est cependant plutôt intéressant et a des interactions à la fois drôles et touchantes. Ils sont totalement opposés, que ce soit dans leur nom, leur manière d’être ou leur force. Et c’est cette opposition qui fait qu’ils vont si bien ensemble et qui donne envie de lire la suite de l’histoire. J’aime beaucoup la manière dont Marbas traite Wisteria, un peu évasif, tsundere, et pourtant tendre au fond. Si l’histoire ne m’a pas autant emballée que ça, je lirais néanmoins la suite pour ce duo que je trouve adorable.

On ne peut pas contester grand chose à propos des dessins de ce titre. Les chara designs sont corrects, les décors sont omniprésents et travaillés, ce qui est une très bonne chose. On voit pas mal de tenues différentes et plutôt jolies, ce qui est un bon point car cela apporte de la diversité. Les moments d’action sont bien lisibles et la mise en place des planches est claire, en plus de nous en proposer quelques-unes belles à voir. L’auteur a fait du bon travail sur ce point là.

Pour ce qui est de la couverture, elle a une légère surbrillance argentée qui suffit à donner envie de regarder le tome. J’aurais cependant préféré un format peut être un peu plus grand pour un manga si épais mais c’est du chipotage.

 

En conclusion, je garde un avis mitigé sur Le Conte des Parias dont le tome un nous propose de nombreux avancements mais me donne l’impression que tout n’est qu’introduction à ce qui va suivre. Je pense qu’il faut vraiment lire le tome deux et voir si des approfondissements ont lieu pour savoir si l’œuvre nous plaît vraiment. Il y a tout de même certains points qui retiennent mon attention même si je ne sais pas encore vraiment où l’auteur veut aller avec son scénario. J’aime beaucoup les références qu’on peut retrouver dans ce premier tome et je trouve les noms des personnages et le titre du manga plutôt bien recherchés et passionnants à décortiquer. Le gros point fort de ce manga se trouvera donc dans nos personnages et la relation qu’ils vont développer qui permet à l’œuvre de plutôt bien se lire. Il fera un total de huit tomes, ce qui n’est pas énorme alors pourquoi ne pas lui laisser sa chance si vous aviez apprécié Black Butler ou The Ancient Magus Bride, d’autant que je pense qu’il y a des possibilités de scénario très intéressantes pour la suite qui pourraient permettre au lecteur d’être plus passionné par l’histoire que par ses personnages.

L.

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