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Sayuri

Une maison 

cauchemardesque


/!\ Présence de scènes d’horreur /!\

Sayuri est un Seinen de Rensuke Oshikiri, aussi connu chez nous pour Le Perce-Neige, Bip Bip Boy ou encore Hi Score Girl. Paru au Japon en 2010 en deux tomes, puis réédité en un tome en 2015, c’est sous la forme d’un gros One Shot que Omaké Books nous propose le titre en Novembre 2020.


La famille Kamiki est une famille pauvre mais soudée, dont le père parvient à offrir une maison bas de gamme mais plus grande que leur vieil appartement. Ils déménagent donc en rase campagne avec les grands parents, le père, la mère et les trois enfants. Si la maison possède une atmosphère pesante, la famille et surtout le père semble bien déterminé à vivre une nouvelle vie heureuse dans ce nouveau foyer. Mais c’était sans compter sur leur malchance et sur une des anciennes propriétaires, Sayuri, qui revient leur jouer de mauvais tours.


Tout d’abord, on nous dépeint une famille bien remplie qui quitte leur petit appartement pour une grande maison. Tout est léger et joyeux même si les enfants semblent un peu mécontents de se retrouver éloigné de tout. On voit que la famille est tout de même relativement soudée et on sourit avec eux. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un manga d’horreur. Une fois le décor posé, les ennuies commencent.

On a alors un premier décès plutôt soudain et mystérieux qui semble avertir que quelque chose ne va pas avec cette maison. Si au début personne ne se doute de rien, nous lecteurs, savons que ce n’est pas anodin. La fatigue des personnages suite à ce décès se voit alors, et des phénomènes de plus en plus étranges se produisent chez les uns et bizarrement, souvent lorsqu’ils dorment seuls.

Je trouve que le mystère est très bien mis en place et est parfaitement amené, de même que les première scènes d’horreur qu’on ne s’attend plus à voir tant on est immergé dans cette famille paisible.

L’ayant lu de nuit personnellement, j’ai bien eu peur, surtout que je ne suis pas trop habituée aux mangas d’horreur. Malgré tout, je n’ai pas pu m’en détacher tant je voulais en apprendre plus et savoir, non pas pourquoi tout ceci arrivait, car je m’en doutais fortement, mais plutôt comment tout ceci allait se terminer. On se doute qu’ils vont probablement être victimes de l’esprit malin les uns après les autres si le mystère n’est pas résolu, ou s’ils ne quittent pas la maison. Evidemment ce n’est pas le but de cette famille qui est vraiment déterminée à y rester. On en vient alors à vouloir savoir qui sera la prochaine victime, si elle sera sauvée et on attend le climax de l’histoire avec impatience, tout en le redoutant.

L’auteur parvient donc à nous captiver, ce qui est un point primordial quand on fait de l’horreur. Je ne me suis pas ennuyée une seconde en lisant cette histoire que j’ai dévorée.

De plus, on n’a pas purement un manga d’horreur. On a également un manga qui effectue tout un raisonnement sur l’importance de la famille, des moments passés avec eux, mais également sur le dépassement d’un décès et sur le souvenir des morts, ce que j’ai trouvé très intéressant.


Il y a beaucoup de choses que tu voudrais partager avec eux…Mais tu dois pleinement vivre la vie de cinq personnes…Tu as toujours ta “jeunesse” et ton “futur”…et aussi “l’espoir” – Grand-mère


L’histoire est vraiment bien rythmée. On a d’abord une mise en place de l’intrigue avec une famille aimante, puis tout part en vrille et on redoute ce qui va se passer. Comme Norio on assiste impuissant à tout ce qui survient. On a rapidement un élément qui apparaît et qui pourrait permettre de résoudre cette horrible affaire, mais on a à peine le temps de s’y faire à l’idée que tout s’accélère dans un climax affreux, nous laissant dans un suspense insoutenable jusqu’à la première apparition du fantôme.

Finalement cet élément qu’on aurait cru déclencheur de la résolution du problème se révèle être plutôt inutile face au fantôme, et c’est une tout autre personne qui prend les rennes, bien décidée à en découdre. L’histoire prend alors un tout autre tournant et on comprend qui est Sayuri et ce qui lui est arrivée, et je suis plutôt surprise de l’aboutissement de l’histoire que je tairais pour vous laisser découvrir.

Je trouve que dans la deuxième partie on perd un peu ce côté effrayant, cette appréhension qu’on avait au début de l’histoire et qu’au final la résolution du problème est plutôt facile. J’ai donc plus préférée la première partie à la seconde même si cela reste une excellente histoire d’horreur digne de The Grudge.


Pour ce qui est des dessins, on reconnaît bien la patte de Rensuke Oshikiri donc c’est original, ça change des chara-designs habituels et on apprécie. Les décors sont détaillés, il n’y a pas de cases vides bref, un excellent travail de l’auteur. L’aspect horreur y est d’ailleurs bien représenté avec des détails effrayants qui m’ont fait lâcher ma lecture plus d’une fois.

Pour finir, je ne vais pas dire grand chose sur les personnages pour une fois, car j’aurai trop peur d’en dire trop et de spoiler l’histoire, je vous conseille vraiment de le lire pour les découvrir.

On a le personnage de Keiko, la grande soeur au fort caractère, qui semble être l’une des premières à souffrir des mauvais tours du fantôme, mais également l’une de ceux qui tient le plus longtemps probablement grâce, justement, à ce fort caractère qui la pousse à ne pas abandonner.

Norio, le personnage principal, un bon garçon qui veut être quelqu’un de responsable. Il se retrouve à devoir porter la famille sur ses épaules et c’est également l’un des enquêteurs de cette sombre affaire.

Shun, le petit dernier. Mal à l’aise avec le noir il est toujours protégé par les autres et dort toujours avec un membre de la famille. C’est vraiment celui qui voit tout sans pouvoir agir de par sa jeunesse.

Le père quant à lui est un personnage que je trouve fort sympathique. Il donne tout pour sa famille, il est très compréhensif avec ses enfants et les encourage dans leurs études en plus d’être à l’écoute pour eux, tout comme le grand-père.

La grand-mère par contre est vraiment le personnage qui m’a le plus surpris dans l’histoire, apparaissant affaiblie puis finalement déterminée, elle est la figure la plus forte de cette grande famille et celle qui remotivera Norio.



En conclusion c’est encore une excellente œuvre de Rensuke Oshikiri. C’est franchement une très bonne lecture aux alentours d’Halloween. Même si j’ai préféré la première partie à la seconde, l’histoire n’en reste pas moins surprenante et captivante. Peut être à éviter de lire en pleine nuit si vous êtes peureux et parano sur les bords comme moi, car croyez moi, vous ne voudrez plus dormir seul.

L.

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