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Mon Coloc’ est une Gameuse

Une coloc’ pas 

tout à fait 

comme prévue

Mon Coloc est une Gameuse est un Seinen de Renjuro Kindaichi, publié au Japon depuis 2015 où il comporte 8 tomes en cours. En France ce sont les éditions Delcourt/Tonkam qui nous proposent la licence depuis début 2022 et le troisième volume nous arrive en Juin.

 

Le manga a connu un franc succès au Japon puisqu’il a obtenu une adaptation en drama en hiver 2019!

 

Takumi Satsuki joue tous les jours à Dragon Quest X Online. Il s’est habitué à sa nouvelle guilde et s’est fait pas mal d’amis. Un jour, avec Goro, un membre de sa guilde et un gars qui l’a toujours aidé, ils décident de faire une coloc, après tout, ce sont tous les deux des hommes que pourrait-il mal se passer? Manque de bol, Goro est en vérité une fille et tous les deux se sont fourvoyés, mais ils décident tout de même de s’installer ensemble, après tout, aucun n’est un pervers sexuel!

 

Mon Coloc est une Gameuse est un titre feel good, humoristique grâce au caractère des personnages et aux scènes qui se déroulent entre eux, que ce soit à travers le jeu Dragon Quest X Online, que dans la vraie vie. Notre duo a chacun un caractère bien différent de ce à quoi on peut s’attendre et cela les amène à des conversations amusantes bien sympathiques et divertissantes.

On a un Slice of Life avec énormément de chapitres différents qui racontent un moment de leur colocation, mais surtout leur vie dans le Mmorpg. Ainsi, les chapitres sont courts et se passent presque sous forme de sketchs avec un thème toujours bien précis. On a même déjà des chapitres hors série dans ce premier volume que j’ai trouvé plutôt mignons, mais de là à les appeler hors série, j’ai pensé qu’ils allaient plutôt dans la continuité des autres chapitres.

Mon Coloc est une Gameuse est un manga qui traite d’énormément de sujets Otaku. De ce fait, on a beaucoup de références, souvent avec des noms détournés ou des personnages aux yeux censurés pour éviter le copyright. J’ai trouvé cela plutôt amusant à voir et à reconnaître et les références sont plutôt variées allant de Bleach à Magical Doremi (Appelé ici Magical Sorami) en passant évidemment par Dragon Quest – Les Héritiers de l’Emblème. On a également la présence d’Animate qui est une chaîne de grandes librairies mangas au Japon et notre personnage principal masculin y travaille même! Si vous aimez les références aux autres mangas vous serez donc bien servi ici!

De plus, on a une culture Geek omniprésente puisque le manga nous parle d’un jeu qui existe réellement au japon. Les fans de Dragon Quest adoreront certainement ce manga qui parle de l’univers d’une manière détendue et amusante. Même si vous ne connaissez pas du tout l’histoire de Dragon Quest, l’auteur détaille tout petit à petit et le jeu vous paraît alors évident, abordable, on en comprend mieux les aspects. Malheureusement, celui-ci n’est pas disponible en France et cela est un peu frustrant car après avoir lu le manga j’ai bien envie d’y jouer!

Mis à part cela, on trouve également énormément de termes autour des jeux vidéos entre le MMORPG, le PVP, le PVE, les collections, et j’ai même découvert qu’il y avait des appellations pour les hommes qui prennent un personnage féminin et inversement! Il s’agit de Nekama pour les garçons qui prennent un personnage féminin, Nenabe pour les filles qui prennent un personnage masculin. Vous l’aurez compris, pour qu’il y ai eu un quiproquo entre nos deux personnages, c’est que l’un est un Nekama et l’autre une Nenabe qui n’était pas au courant de l’existence de ces termes. En tout cas, quand on est fan de jeux vidéos, tous ces termes et toutes ces références rendent le manga vraiment plaisant à lire et on passe un bon moment.

Toute cette culture Geek et Otaku me rappelle Otaku Otaku ou on rencontrait des couples dans une ambiance de sketchs. Ceux-ci travaillaient dans la même société et étaient Otaku pendant leur temps libre. On avait également des filles qui jouaient aux jeux vidéos mais malheureusement moins bien que les garçons la plupart du temps.

Ici, l’auteur nous présente un monde du jeu vidéo moderne, bien loin du cliché du: Les hommes jouent et les filles non. Ici leur guilde comporte plus de filles que de garçons, et même des filles qui font du pvp! C’est vraiment cool d’avoir détaillé ce point dans ce sens et ça montre une bonne évolution des mentalités au niveau du jeu vidéo.

Pour finir, on manque pour le moment d’un aspect romance. Il est même inexistant actuellement. Les deux protagonistes sont totalement opposés et ne sont encore que des connaissances qui se croisent au sein de la même maison, même s’il arrive que certaines scènes les rapprochent légèrement. On voit cependant que lui commence doucement à s’intéresser à elle, mais elle ne semble rien ressentir, ou du moins ne rien montrer.

Il manque peut être d’une relation qui évolue un peu plus et le fait qu’on se concentre sur un seul jeu vidéo risque d’en déranger plus d’un, personnellement ça n’a pas été mon cas j’ai passé un bon moment à le lire et je l’ai trouvé plutôt mignon même s’il n’est pas inoubliable ni fantastique. Pour une lecture détente sur le thème Otaku et Geek il conviendra largement, j’espère juste un approfondissement des relations par la suite.

 

Euh…Tu sais ce que veut dire Nekama?

– Takumi

 

En ce qui concerne les personnages, ils sont très nombreux mais la plupart sont secondaires. Les plus intéressants restent nos personnages principaux, par le fait que tout les oppose.

Takumi alias Powder est un garçon qui travaille dans une librairie spécialisée, un peu renfermé et mal à l’aise avec les filles qui s’affichent trop. Il est plus du genre à aimer tout ce qui est petit et mignon et c’est bien pour ça qu’il a choisi la classe des plaisantrins.

À côté Goro semble être prothésiste ongulaire, porte des tenues flashies et est très girly. Alors que Takumi préfère les jeux plus calmes, elle aime le pvp et aimerait se classer plus haut dans le Colisée.

Ils sont donc différents jusque dans leur style de jeu et je trouve amusant de voir ce genre de relation évoluer, et d’observer comment ils vont apprendre à se connaître et à s’accepter comme ils sont.

En ce qui concerne les dessins, ils sont corrects, les visages des personnages dans la vie réelle me font un peu penser aux dessins de Dorohedoro ou de Banana Fish. Les tenues sont variées, les planches, bien que manquant parfois de décors, sont remplies de textes explicatifs ce qui fait qu’on ne ressent pas le vide. La disposition des planches n’hésite pas à faire ressortir des bulles des cases et ça en reste tout de même bien lisible, et étonnamment, malgré toutes les phases d’explication le tout reste parfaitement digeste et divertissant.

La couverture quant à elle est assez simple mais fait largement l’affaire, mettant un personnage en avant sur le devant et l’autre sur le derrière avec un vernis sélectif, même si je ne suis pas très fan des couvertures blanches que je trouve trop banales.

 

En conclusion, Mon Coloc est une Gameuse est un titre divertissant qui plaira aux fans de Dragon Quest, de culture Otaku ou de culture Geek. De même, si vous cherchez une lecture amusante, sans prise de tête, ce titre peut vous convenir. Elle donne bien envie de jouer au jeu dont l’auteur parle et je suis bien dégoûtée qu’il ne soit pas accessible en France. On manque pour le moment d’une relation plus amoureuse et j’espère que l’histoire ne finira pas par nous lasser car elle est sympathique, se lit bien, mais n’est pas inoubliable non plus. C’est cependant un titre qui a eu du succès au Japon, possédant même une adaptation en drama et toujours en cours avec huit tomes, donc c’est que l’histoire et la relation doivent bien avancer par la suite! À voir ce que donnent les prochains tomes et puis il faut avouer que toutes les références sont plutôt amusantes à découvrir!

L.

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