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Parasites Amoureux

TOC TOC, c’est

l’ < insecte > …

 

Parasites Amoureux est un Seinen écrit par Sugaru Miaki, dessiné par Yuki Hotate, avec Shion pour aide au character-design. En France c’est Delcourt/Tonkam qui s’en occupe avec la superbe collection Moonlight ! C’est une œuvre en trois tomes dont le deuxième vient tout juste de sortir !

Kengo Kôsaka, un homme de 27 ans vit reclus chez lui. Il possède un trouble obsessionnel compulsif qui ne lui permet pas aisément de partager quoi que ce soit avec un autre individu, cela rend n’importe quelle interaction difficile. Un jour, un certain Izumi prend contact avec lui et exerce un chantage. Malgré le ton pris par ce dernier et l’aura qu’il dégage, la tâche qui lui est confiée paraît plutôt anodine puisqu’il s’agit de garder un enfant.

Toutefois cela ne va pas être si simple car en plus de ses propres tocs il va devoir gérer les soucis d’Hijiri Sanagi qui, elle aussi, possède des soucis similaires. C’est donc sous les “ordres” d’Izumi qu’il va se rapprocher d’elle, mais l’ »insecte » semble être parmi eux et son rôle paraît décisif et tout-puissant.

Parasites Amoureux est une excellente œuvre de la collection Moonlight ! L’histoire jusqu’aux dernières pages du tome 1 paraît assez classique. Deux personnes qui n’étaient pas censées se voir finissent tout de même par être “obligées” de passer du temps ensemble. Malgré ça un lien se crée et devient plus fort qu’ils ne l’auraient cru. Ce lien comporte toutefois des dangers puisqu’il y a deux points qui peuvent poser un problème. Le premier c’est la différence d’âge, le second, c’est Izumi. Jusque-là nous avons des éléments qui ne semblent à première vue pas plus originaux que ça. Et c’est là que l’œuvre montre qu’elle a plus d’une carte en main. Au fil des planches, les cartes sont abattues jusqu’à la révélation de fin aussi soudaine que celle de Reiner face à Eren (C.f. Shingeki No Kyojin). Tout cela passe par des personnages intéressants et bien écrits malgré la durée de l’histoire. Nous avons des protagonistes qui ont des difficultés face à la société et ce par des phobies et des tocs. Le fait que les deux aient ce genre de problèmes les rend plus attachants, surtout quand on voit l’effort qu’ils font l’un envers l’autre, c’est vraiment agréable à regarder. On a aussi le personnage d’Izumi, plus en retrait et dont on ne sait pas grand chose. Il a l’air de pouvoir se renseigner facilement sur beaucoup de choses, c’est un peu un Izaya Orihara de Durarara dans ce sens là, mais avec un côté très mystérieux. Il connaît personnellement Sanagi mais il n’a pas l’air d’être entièrement de sa famille, enfin de compte, lui sait beaucoup, nous très peu.

Je vous ai dit qu’il était peu présent, c’est vrai mais chacune de ses apparitions est utile, que ce soit pour faire avancer l’histoire, pour mettre un coup de pression ou pour créer un cliffhanger de fin de tome. En tout cas une chose est sûre, ce personnage là possède beaucoup de secrets !

 

Les personnages aussi sympa soient-ils sont encore plus prenants grâce à l’ambiance générale de l’œuvre. Ce manga à un côté enveloppant, en le lisant on se plonge dans l’histoire et dans leur relation, on ressent chacune de leurs émotions, de leurs angoisses et leurs petits moments de bonheur nous réchauffent le cœur alors même que le climat froid représenté au travers des planches nous glace petit à petit. Leur relation est si douce telle une brise d’automne qu’on en oublierait la menace que peut comporter Izumi ainsi que la différence d’âge entre nos deux protagonistes.

Par ailleurs on voit leurs progrès, on voit qu’ils se tirent l’un l’autre vers le haut et que seul ils ne peuvent y arriver, il y a une sorte de codépendance mais d’une nature plus saine. L’image du Pihis qui apparaît dans le deuxième chapitre leur va plutôt bien. Cet oiseau des légendes chinoises ne possédant qu’une seule aile et ne pouvant voler qu’en couple, en plus d’être très mignon, est une sublime métaphore. Ce n’en est qu’une parmi d’autres pour tout vous dire. Le terme “parasite” par ailleurs peut désigner beaucoup de choses diverses et variées, aussi bien pour en faire des variantes semblant plus romantiques, que pour désigner des choses plus sombres. Tout ça est très bien retranscrit par les propos que peut avoir Hijiri Sanagi.

 

[…]Et la touche finale, c’est que quand elle atteint sa forme adulte, la carpe parasitée perd la vue dans les 24 heures. Comme quoi, l’amour rend aveugle…”

– Hijiri Sanagi.

 

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier tome qui est tout de même plutôt riche et intriguant, on a envie de voir la suite et la dernière révélation nous laisse tellement en suspens avec toutes nos interrogations qui vont avec. À la base c’est un Light Novel écrit par Sugaru Miaki mais Yuki Hotate et ses assistants ont fait un travail sublime sur les dessins ! Certaines illustrations sont d’une beauté incroyable. Je pense notamment à quand nous avons Kengo Kôsaka qui occupe une page à lui seul et qui est tellement détaillé, pareil pour Hijiri Sanagi qui a elle aussi le droit à une planche de cette sorte, c’est vraiment magnifique et elles dégagent une émotion très forte, très vive qui nous pique directement en plein cœur.

 

 

Tant par rapport à ses personnages qu’à ses dessins, Parasites Amoureux ne peut vous laisser de marbre. C’est un manga sublime dont j’ai hâte de voir le dénouement. Cela me donne également très envie de voir son support d’origine qu’est le Light Novel.

C’est donc sans sourciller que je vous le conseille, en plus il collera vraiment bien avec la période !

Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture à tous !

H.

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