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Aozora Yell

Tout donner pour

aimer, s’aimer

et être aimée

 

Aozora Yell est un un Shôjo de Kazune Kawahara. Sa publication a débuté au Japon en 2008 et s’est terminée en 19 volumes. En France, nous avons eu une première édition en 2013 qui a été abandonnée pour finalement se revoir édité en Janvier 2021 par Panini Manga. Méfiez-vous donc de ne pas tomber sur l’ancienne version !

 

Ono Tsubasa est une jeune fille qui a peu confiance en elle. Cependant elle possède un objectif, celui de rentrer dans la fanfare du célèbre lycée Shirato d’Hokkaido. Toutes les personnes à qui elle en a parlé l’ont déconseillé d’y aller, tous prétextant qu’elle n’avait pas le talent pour, que c’était trop dur et qu’elle ferait mieux d’abandonner cette idée farfelue. Il n’en est rien pour elle, prenant son courage à deux mains, elle décide tout de même de faire confiance à son cœur pourtant déjà bien fragilisé. Mais une fois là-bas, rien n’est encore joué et elle va continuer d’être malmenée, jusqu’à ce qu’elle craque ou bien… jusqu’à ce qu’elle réalise son rêve de jeunesse…

Shôjo oui, mais laissez de côté vos idées préconçues d’histoires niaises. L’histoire est prenante, marquante et touchante sans être fleur bleue !

En effet, Tsubasa n’est pas franchement aidée par ses pairs, rabaissée sans cesse, personne n’est capable de l’encourager, au contraire ils font tout pour qu’elle abandonne ses rêves avant même d’avoir réellement pu essayer ! Ce triste constat est lourd de sens et peut-être que vous-même vous avez vécu une expérience similaire. Une personne vous a peut-être déjà dit que telle ou telle étude ne vous correspondait pas, que c’était trop difficile, ou que tel ou tel job n’était pas fait pour vous. C’est ce que vit Ono, elle qui est si timide de nature et dont la confiance en soi n’est clairement pas une ressource infinie, doit sans cesse se confronter à ce genre de remarques désobligeantes. Mais elle a réalisé un premier pas, un pas qui pourrait sembler sans importance mais que je trouve, personnellement, très inspirant. Il y a quelques mois, la fine équipe du Passeur Lunaire participait à la Semaine du Shôjo organisée par le Club Shôjo, je n’y avais pas pensé à ce moment-là, mais clairement, ce personnage d’Ono Tsubasa aurait pu entrer dans le thème des personnages inspirants.

Plus jeune, j’avais un caractère assez similaire au sien, et je ne sais pas si à sa place j’aurai eu le courage de quand même aller dans l’école de mes rêves si on m’en avait dissuadé si fort et mis autant de pression. Et si seulement ce n’était que ça, mais même une fois là-bas, il faut encore qu’elle parvienne à entrer dans la fanfare, et elle reçoit à nouveau de véritables coups de poignards, les gens tentant de la faire lâcher prise à tout prix. Beaucoup auraient certainement abandonné à ce moment-là, voyant que personne ne nous veut et que les pré-requis n’étaient clairement pas là.

 

 

Mais c’est là qu’intervient un personnage tiers, celui de Daisuke Yamada. Ce grand dadet est le premier a sincèrement l’écouter parler et à essayer de lui redonner de la force en l’encourageant. Ce dernier est un véritable levier pour Ono qui reprend un peu du poil de la bête. L’effet est temporaire comme après un plat de Monster Hunter, mais il est là, et il compte pour beaucoup !

Leurs dialogues, aussi simples soient-ils ne sont pas niais comme on aurait pu le croire, je les trouve simplement bienveillants et plutôt mignons.

Toutefois, être gentil ne veut pas dire ne faire que des bonnes choses qui font plaisir à tout le monde. Certaines actions peuvent finalement blesser l’autre sans le vouloir, et ça le manga va en parler également au travers plus ou moins de chaque personnage. Et oui, même la douce Ono Tsubasa va plutôt être “grise” bien qu’elle ne souhaite faire de mal à personne. Et ça c’est super intéressant et en un sens. Tout ceci me fait penser à un autre manga qui a été un véritable coup de cœur, Blue Flag. Cela ne m’étonnerait pas que l’auteur de ce-dernier ait été un tant soit peu inspiré par Aozora Yell.

Un autre point commun relie ces deux œuvres, l’importance des secondaires ! Et oui, déjà ici ils ont une place capitale même avec leur temps d’apparition réduit. Ils permettent de complexifier les relations, leur donnant plus de profondeur et de relief. Ils ont même le droit à leur propre développement qui est tout aussi intéressant que ceux des protagonistes. Je pense notamment à deux personnages, les principaux amis des protagonistes: Himari Wakita, dont je n’avais pas un très bon ressenti au départ mais qui finalement s’avère presque adorable, et Kido, joueur de baseball avec Daisuke. Il a un peu un rôle de trouble-fête mais le personnage est plus riche qu’on ne pourrait le croire, c’est peut-être même l’un de mes préférés. Par ailleurs, sa “relation” avec Himari est un giga plus que j’apprécie énormément tant elle est ambigüe mais terriblement passionnante même sans en voir beaucoup.

Tout avance de manière naturelle et nous avons véritablement l’impression de suivre tranquillement leur quotidien, on ne se sent pas brusqué par un “vite faut qu’on fasse avancer l’histoire !”.

 

 

En parlant de bon personnage, je souhaitais simplement faire la mention de Yôko Sugimura, la sévère professeure de japonais qui est également celle qui s’occupe de la fanfare. Que ce soit pour son physique, sa personnalité, son caractère et son côté généreux au fond d’elle, bien qu’extrêmement franche, elle me fait définitivement penser à Sue Sylvester de la série Glee. Qu’on apprécie ou non les séries musicales, ce personnage vaut clairement le détour ! Enfin tout ça pour dire que ce personnage n’apparaît pas beaucoup dans le tome 1, mais elle est géniale et j’ai hâte de la voir plus !

 

“J’admets qu’elle a de la volonté… Mais c’est absurde que la personne la plus motivée soit la moins douée !”

– Yôko Sugimura

 

Pour revenir à du principal, Daisuke Yamada, est un personnage qui se démarque par sa taille, il est très grand pour un japonais et bien que cela puisse être un atout, cela lui pose également quelques petits soucis personnels. Il donne un à priori aux gens, comme s’il devait forcément être costaud, inébranlable et qu’il devait avoir des facilités, notamment en sport. Cela lui vaut de passer certains moments difficiles au club de baseball, et il me fait un peu de la peine dans le fond. Il donne toujours l’air d’être solide comme s’il ne voulait pas décevoir les attentes des autres, alors qu’au fond, il mériterait de s’asseoir tranquillement et de recevoir son petit pat pat !

Par ailleurs, les dessins sont très beaux, le style ne fait pas du tout ancien malgré ses 9 années. Les décors sont légers mais le style global passe super bien. Je n’ai pas été choqué par leur absence surtout que le chara-design sort suffisamment du lot pour nous marquer. Certains seront peut-être un peu gêné au début, notamment par les grandes bouches des personnages, mais ceci dit, si vous avez déjà lu des mangas avec ce genre de chara-designs, pas de quoi s’en faire, et même si ce n’est pas le cas, vous apprécierez tout de suite le style lorsque vous verrez Daisuke sourire de toutes ses dents !

En conclusion, Aozora Yell est un petit coup de cœur qui commence fort et bien. C’est un premier tome très riche mais vous ne verrez pas le temps passer durant votre lecture ! J’ai presque eu l’impression d’avoir lu deux tomes à la fin du premier, mais ce sentiment était positif ! D’ailleurs, le manga en lui-même est positif ! C’est une véritable ode à l’encouragement. Le manga vous crie sans cesse de ne pas baisser les bras qu’importe ce que les autres vous diront ! C’est marquant, inspirant, touchant et pour tout ça, pour ce côté si humain, Aozora Yell est un manga à lire !

Je n’en ai pas plus parlé mais Kazune Kawahara possède une belle carrière de mangaka, en France nous avons peu de ses œuvres mais l’une d’entre elles a fait tout de même pas mal de bruit, il s’agit de So Charming, un autre bon shôjo !

H.

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