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Touhou -Forbidden Scrollery-

Ne mets pas de

grimoires entre

n’importe quelle

main, où tu risques

de te faire punir

très fort !

 

Touhou -Forbidden Scrollery- est un Shônen écrit par ZUN et dessiné par Moe Harukawa. Publié initialement au Japon en 2012, il s’est conclu avec 7 volumes. En France, c’est bien des années après en Janvier 2022 que nous le voyons paraître chez les éditions Meian. Les septs tomes sont d’ores et déjà disponibles !

 

Dans un village au cœur des terres illusoires se trouve la librairie Suzunaan. La tenancière, Kosuzu Motoori s’est prise de passion pour les “grimoires démoniaques”. Elle les collectionne malgré les dangers importants qu’ils comportent. Des yôkais s’y trouvent, ils sont scellés mais le risque qu’ils en sortent est bien réel, heureusement que Kosuzu y fait attention, ho un yôkai est sorti… zut.

 

Alors tout d’abord, l’univers de Touhou est large, cela a commencé par des jeux vidéos, mais il existe plusieurs mangas, des musiques, un Light Novel, des doujins et j’en passe ! Si l’univers ne m’est pas inconnu, je tiens à préciser que je ne suis pas pour autant familier et qu’on peut partir du principe que je n’y connais rien et que, de ce fait, je ne peux absolument pas situer les événements qui s’y passent.

Maintenant que nous sommes ok là-dessus, commençons !

Les yôkais sont des créatures fantastiques provenant du folklore japonais. Leurs formes et “pouvoirs” sont très variés, tout ce que l’on peut imaginer existe probablement sous la forme de yôkai !

De ce fait, ces créatures peuvent être inoffensives, voire même gentilles comme elles peuvent être d’une grande dangerosité. Mais comme le dit si bien notre chère libraire : “ On s’en préoccupera quand ça arrivera !”

Et c’est ce qu’elles vont faire. En effet, l’histoire est construite de manière épisodique ce qui ne serait pas sans rappeler Hanyō no Yashahime, le sequel d’Inuyasha. Un ou deux chapitres équivaut à un yôkai à peu près. Cela suit un schéma simple, une situation de base, un phénomène étrange, du mystère donnant des indices, ensuite vient la résolution du problème et une scène en plus pour clôturer l’événement.

Le yôkai correspond au fil rouge et différents personnages s’entremêlent pour ajouter du comique, du mystère ou bien simplement avancer dans la résolution de « l’accident ».

Oui, ce manga Touhou n’est pas des plus sérieux. L’humour y est très présent quelle que soit la situation ce qui rend la lecture agréable. Plusieurs passages m’ont fait sourire surtout quand il s’agit de ce trio fort, celui composé de la libraire Kosuzu Motoori, la magicienne incroyablement ordinaire Marisa Kirisame et la charmante chamane du Paradis Reimu Hakurei ! Leurs interactions sont des plus sympathiques !

 

 

Mais malheureusement, cela ne va pas tellement plus loin. En effet, de mon point de vue je trouve que cela ressemble plus à du fan service que l’on vendrait aux fans de Touhou. C’est un peu dur dit comme ça mais ce n’est pas forcément et uniquement négatif en réalité. Pour quelqu’un qui ne connaît pas l’univers, ça n’a scénaristiquement pas grand intérêt (en tout cas au vu de ce début, est-ce qu’une complexification s’effectue plus loin, je ne le sais pas). On enchaîne des situations qui sont assez vite réglées, les personnages ajoutent du comique, c’est donc sympa à lire mais passé ce point, on sent un poil de vide. Les mystères entourant les grimoires ne vont -pour le moment- pas bien loin. Donc aux non-initiés, ne vous attendez pas à grand-chose, voyez ça un peu comme une tranche-de-vie, en soit c’est un peu semblable à Hanyō no Yashahime comme je le disais plus haut mais en enlevant la trame principale qui relie les protagonistes. Cela pourrait être une bonne introduction à ce monde et vous servir de point d’entrée aux différents formats de Touhou.

Concernant les fans de Touhou, je n’ai pas grand chose à vous apprendre, vous qui connaissez bien l’univers, à voir si cette histoire contentera votre envie d’en voir et d’en savoir plus, les références vous feront peut-être plaisir à observer et votre lecture pourra tout de même être intéressante.

Les personnages possèdent chacun un détail accrocheur et un élément psychologique propre à eux. De ce fait, nos trois filles sont toutes facilement reconnaissables et on peut s’accrocher aisément à chacune d’entre elles en ayant une préférence pour l’une comme pour l’autre.

Je dois bien vous admettre que celle qui a surtout retenu mon attention c’est Kosuzu Motoori. Oui le fait que ce soit la libraire n’y est pas pour rien dans mon choix mais son insouciance est presque croquante. C’est en partie à cause d’elle que les situations dégénèrent avec son caractère quelque peu enfantin -mais c’est aussi ce qui est mignon-.

Marisa Kirisame tente de faire de son mieux pour résoudre les problèmes. Oui, de son mieux… Elle a peut-être été bercée trop proche du mur étant enfant, je ne sais pas, nous n’avons pas le passé des personnages, mais elle est tout de même attachante aussi. Elle veut aider autant que possible mais elle ne fait pas le poids face à la prêtresse Reimu Hakurei.

Cette dernière est bien plus adroite, c’est essentiellement elle qui résout les problèmes, elle est plus terre à terre que les autres.

En fin de compte on peut résumer ce trio en trois mots : insouciance, maladresse, raison.

 

“Au pire le sanctuaire brûlera, voilà tout ! Ce n’est pas bien grave !”

– Marisa Kirisame.

 

Les dessins sont beaux, le chara-design est impeccable, c’est un grand oui pour moi. Quelques éléments de décors sont présents par-ci par-là, sans vraiment de détails importants. On évitera également des scènes d’action contre les yôkais, en effet si le problème est résolu, ne vous attendez pas à ce que cela se passe dans un spectacle grandiose.

L’édition est propre. C’est un grand format au prix de 6.95€ avec un papier épais. La couverture est quasi identique à la version japonaise, et oui, tout est resté à la même place avec seulement notre langue en changement. La jaquette VO étant très sympa c’est plutôt une bonne nouvelle d’avoir une version si proche.

 

 

En conclusion, Touhou -Forbidden Scrollery- est une lecture agréable qui saura être détente pour les néophytes de la série, en apportant une touche d’humour et un peu de mystère, ce qui vous donnera peut-être envie d’en découvrir plus sur cet univers qui se veut vaste et qui raconte tout de même des histoires de yôkais intéressantes.

Pour les connaisseurs, le constat est assez mitigé aussi, comme je le disais je n’y connais pas grand chose mais j’ai cette sensation que ce titre ne raconte quasi rien, j’ai l’impression de voir un aparté sur des personnages. Cela vient sans doute du manque d’explications quant à l’univers, je laisse donc planer le doute.

Je vous conseille de vous faire votre propre avis sur la série, sachez-le, quel que soit votre cas ce manga peut vous plaire, il est assez léger, drôle, et vous passerez un bon moment sans avoir à réfléchir.

Qui plus est, Meian nous propose une édition sympathique à bon prix, ce qui n’est plus nécessairement le cas partout.

Touhou -Forbidden Scrollery-  c’est donc sympathique mais sans plus, ça aurait pu aller plus loin et ça peut encore le faire (en espérant que ce soit le cas). Il est par ailleurs bon de noter que Meian a acquis une autre licence pour Touhou, il y aura donc une autre série après celle-là, de quoi étoffer l’univers !

H.

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