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Soul Liquid Chambers

Rouille,

carnage

et sourires

sauvages !

 

Soul Liquid Chambers est un Seinen écrit et dessiné par Nozomu Tamaki. Sorti initialement au Japon en 2016, il s’est terminé en 3 tomes. En France, c’est par les éditions Noeve Grafx que nous avons eu son premier tome en Avril 2021 et le deuxième volume nous parvient enfin.

 

                                                                              ⚠ Pour public averti ! ⚠

 

Émile est un jeune garçon parcourant les terres désolées en tant que guide. En effet, au 22e siècle le monde n’est plus que ruine, “le terrain de jeu des macchabées ».

Lors d’une de ses missions habituelles, il guide une riche cliente vers une zone un peu particulière. S’il pensait que cette Lotte Enderle venait simplement là pour une expérience de riche visant à la sortir de sa routine, il n’y était pas du tout ! Si le quotidien n’avait déjà rien de calme, cela est d’autant plus vrai désormais. Comme quoi, même après avoir atteint le fond, le sol peut toujours s’effondrer pour nous faire tomber plus bas !

 

J’apprécie beaucoup le post-apo, et je dois dire d’entrée que celui-ci n’y fait pas exception, et ce, pas forcément pour les raisons auxquelles on pourrait penser.

Soul Liquid Chambers est une œuvre courte mais qui a beaucoup à offrir. L’histoire commence assez simplement en nous disant que c’est le bordel et que le monde est infesté de zombies. Vous apprendrez au cours du tome les raisons de cette apocalypse, mais ce n’est pas vraiment ce qui va être intéressant. En réalité, cette catastrophe n’est qu’un missplay de quelque chose de bien plus important et cette conséquence qui va régir la vie de millions de personnes n’est pas le centre même de l’histoire. Oui il y a des zombies, ils vivent avec et c’est comme ça, personne n’a vraiment l’air de chercher à résoudre le problème devenu bien trop gros de toute façon. Surtout que ce bouleversement n’a pas fait que du mal, comme on dit, le malheur des uns font le bonheur des autres, et ça quelques personnes richissimes l’ont bien compris et n’ont pas hésité à en profiter pour asseoir leur position et se placer au sommet de ce qui reste de l’humanité. En somme, les gens aisés vivent tranquillement une belle vie “à l’ancienne” pendant que le “bas peuple” survit comme il peut avec ce qu’il reste, c’est à dire, trois fois rien.

 

 

Mais là encore, c’est une triste conséquence de ces tragiques événements, pas le but même de l’histoire. Et ça, j’aime beaucoup, le zombie a une place très importante, on ne l’oublie jamais, mais l’auteur ne se contente pas de nous le rabâcher en boucle avec un fil rouge effiloché. Le véritable fil conducteur de cette histoire nous provient de Lotte Enderle et de Luise. Mais qui sont ces jeunes filles allez-vous me dire ? Et bien ce sont deux sœurs un peu particulières. Même, très, particulières. Elles détiennent une technologie que beaucoup souhaitent et sont en plus affiliées à des personnes importantes. Au final, le véritable récit est une multiple course poursuite ; Lotte et Luise recherchent une personne sachant qu’elles mêmes sont recherchées. Pendant ce temps, Émile est au milieu de tout ça et tente d’échapper aux balles perdues. Par ailleurs, ce dernier m’a vraiment fait penser à Leonardo Watch dans Kekkai sensen (Blood Blockade Battlefront), il a la même tête, possède un côté débrouillard et a une chance inouïe pour tomber dans les emmerdes ! Il frôle le sac à merde tout en étant un sac de frappe mais en fin de compte, c’est un personnage absolument génial et à peu près fiable ! On pourrait dire qu’il est des gants. Ça prend des coups mais avant tout ça protège et c’est beau, puis c’est vachement utile.

Et si on continue sur les personnages, il faut vraiment que je vous parle des soeurs et notamment de Luise. Cette fille est géniale, vous voyez Jean-Marc, la marionnette de Jeff Panacloc ? C’est de la même famille. Si on pouvait faire un test sanguin je suis sûr qu’on aurait des résultats probants. Chacun de ses mots sont des missiles qui partent prêts à exterminer la cible qui est souvent Émile, ne nous le cachons pas. Si la délicatesse pouvait être personnifiée, elle serait littéralement broyée, il n’en resterait rien !

 

“Et puis quoi encore ?! Fais gaffe à ton cul parce que je vais y plonger ma main jusqu’à t’arracher la prostate, trouduc !”

– Luise

 

Heureusement qu’il reste Lotte. Elle est douce, calme, et très intelligente également. On ne pouvait pas faire plus opposé. Mais mon dieu quel duo génial. Si on ajoute en plus Émile, c’est un trio infernal mais incroyablement addictif. Lotte par son côté calme et courageux va être la raison, celle qui va réussir à les faire sortir d’une situation désespérée.

Luise de son côté va tout exploser, c’est ce qu’elle fait de mieux ! Et Émile… il est gentil comme tout, il est brave ce garçon.

 

“Je sais ! M. Emile, puis-je vous enseigner une formule porte-bonheur ? Supercalifragilisticexpialidocious !”

– Lotte

 

Et tout ça est sublimé par les dessins. L’auteur n’a pas lésiné sur les détails (une pensée aux charmants tétons, à noter, souvent de zombies) ce qui fait qu’on a beaucoup d’informations à voir mais pour autant, aucune planche ne m’a paru brouillon. Je n’ai pas eu à m’arrêter et à fixer une planche pour comprendre ce qu’il s’y passait, tout est clair sans être trop simpliste. Vous aurez rarement des plans avec des décors subjuguants mais ils n’en restent pas moins à la fois réguliers, détaillés et beaux.

Pareillement pour les personnages, tous sont reconnaissables entre mille, même le moins important, par ailleurs le chara-design vous fera peut être penser à un mixte d’autres personnes. Que ce soit à celui de Nightow Yasuhiro (Blood Blockade Battlefront) pour le personnage principal, ou même à Boichi (Pour Dr Stone notamment) pour certains moment avec les personnages féminins (surtout par rapport à l’illustration du chapitre 3 à vrai dire).

Cela ne donne toutefois pas juste un mixte de styles mais bien un style propre qui est très sympa à l’œil.

 

 

En conclusion, Soul Liquid Chambers est pour moi une réussite. Ce premier tome est tout bonnement fantastique et malgré sa taille pas si énorme que ça, je l’ai trouvé tout de même assez long à lire (dans le sens positif). C’est un premier tome complet, charnu et cela annonce du bon pour les deux derniers tomes que j’attend avec impatience.

Si les côtés gore et assez dur du titre ne vous dérangent pas, je pense que je peux vous le conseiller sans crainte. L’histoire est bonne, les personnages excellents, et les dessins sont eux aussi très bons. Qui plus est, les trois tomes n’en font pas une série interminable qui provoquerait à la fois un gouffre dans votre portefeuille et un trop plein dans vos étagères, alors si vous n’avez pas sauté le pas, allez-y sans crainte, si ce que j’ai dis plus haut ne vous fait pas peur, il n’y a pas de raisons d’être déçu !

NB: Les comptines anglaises ont des connotations étranges dans cette œuvre :thinking:

 

H.

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