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Chastity Reverse World

Dans un monde 

où les hommes 

sont pudiques et 

les femmes 

perverses

/!\ Présence de nudité /!\

Chastity Reverse World est un Seinen de Amahara au scénario et Mantaro au dessin. Il s’agit d’une version Soft basée sur le Hentai Chasteté inversée publié en France chez Hot Manga. Il comporte 3 tomes en cours au Japon et le premier tome nous arrive en France aux éditions Meian dans leur collection Daitan.

 

Suite à un accident, Ichikawa se retrouve à l’hôpital pour deux semaines. Elle se rend alors compte, une fois rétablie, que plus rien n’est comme avant. Les infirmières sont maintenant des infirmiers et il semble que les hommes soient devenus pudiques et les femmes perverses. Elle va devoir alors s’adapter dans ce monde inversé, et s’habituer aux agissements pervers de ses amies pleines de libido.

 

Pour ceux qui ne connaissent Amahara, je pense qu’on peut dire qu’il s’agit d’un auteur qui passe maître en Seinen semi érotiques puisque deux d’entre eux ont maintenant une adaptation anime: Interspecies Reviewers et Heion Sedai no Idaten-Tachi et il nous prouve bien que le manga n’est pas une sorte de livre pour les enfants grâce à des œuvres plutôt osées qui n’hésitent pas à montrer des scènes à la limite du hentai. Il joue totalement avec le genre et ça se voit, notamment avec Chastity Reverse World.

Ce titre pourrait en quelque sorte être classifié comme un Isekai, puisque Ichikawa se retrouve dans un monde similaire au sien, avec les mêmes personnes, mais juste avec une morale diamétralement opposée. S’il est au début question de vouloir retourner dans son monde d’origine, notre personnage principal finit par rapidement lâcher l’affaire et on entre alors plus dans une optique de s’adapter au nouveau monde, chose plutôt difficile pour une fille, et d’autant plus pour une lycéenne pudique et vierge.

 

On dirait que les femmes sont devenues impudiques et les hommes pudiques

– Ichikawa

 

Tout comme Ichikawa, le lecteur se retrouve à devoir s’habituer à ce nouveau monde et c’est parfois plutôt difficile et dérangeant. Voir des filles agir comme le feraient des hommes, notamment des lycéens ou des collégiens plein de libido, c’est parfois plutôt décontenançant et surtout très gênant. Je me suis demandée plus d’une fois si tout cela n’allait pas finir définitivement en hentai et on sent bien que l’auteur joue avec cette frontière un peu comme c’était le cas aussi dans Prison School. On sous-entend beaucoup de choses, on floute beaucoup de scènes qui auraient pu être malsaines, en tout cas si vous n’êtes pas fan de Ecchi, vous n’apprécierez pas du tout ce titre. 

Si on met de côté toute la partie dérangeante et perverse, on peut néanmoins avouer que ce manga fait un minimum réfléchir sur la société, la sexualisation de la femme et l’utilisation de la femme comme faire-valoir dans les pubs. Évidemment dans ce monde-là c’est l’homme qui subit le harcèlement, se retrouve peu vêtu à la télé ou sur les affiches publicitaires, c’est de lui dont on parle mal et il est normal qu’une femme soit seins nus. Mais l’inverse chez nous est plutôt normalisé et il serait peut être temps de vraiment se rendre compte de ce problème.  Ce titre peut donc être intéressant à lire, ne serait-ce que pour faire réfléchir sur la sexualisation et le rapport entre les genres.

Mis à part son côté sexuel prononcé, cette œuvre est plutôt plaisante à lire. Il y a pas mal de comique qui se crée avec l’inversion des morales et la manière dont agissent les personnages, qu’ils soient masculins ou féminins, même s’il faut avouer que ça fait assez humour beauf. Le côté comique allège un peu l’histoire et nous permet de le lire avec fluidité malgré ses nombreux dialogues et un avancement qui semble plutôt lent.

En effet, j’ai un peu peur de voir où le scénario va nous mener. Le premier tome nous met rapidement dans l’ambiance, si bien qu’on enchaîne les scènes de découverte et de gêne, mais j’ai du mal à savoir où l’auteur veut aller et j’ai peur que tout ceci finisse par être répétitif, ce qui était déjà un défaut pour Interspecies Reviewers. Je crains que l’auteur ne s’enferme à nouveau dans un enchaînement de scènes gênantes, et qu’il n’y ait pas de progression flagrante dans l’histoire. J’espère que dans les tomes suivants on aura au moins un point de vue de la Ichikawa perverse, ne serait-ce que pour diversifier un peu l’histoire, ou qu’au moins un fil conducteur se mettra réellement en place.

 

Parlons à présent un peu des personnages. Là encore, je reconnais plutôt pas mal la patte de l’auteur, puisqu’on retrouve un peu le même schéma de personnages que j’avais découvert dans Interspecies Reviewer. C’est-à-dire qu’on a deux personnages aux goûts bien prononcés qui sont amis avec un autre personnage plus timide qui va se dévergonder peu à peu. (ici il s’agirait de Ichikawa.) Et parfois on nous présente d’autres personnages pour apporter un peu plus de variété au titre.

Commençons par Ichikawa, personnage principal du titre à qui on peut totalement se refléter puisqu’elle vient du même monde que le nôtre. Elle est pudique, ne va pas montrer ses seins au premier venu, bref elle est normale. Néanmoins, au fil du tome, on voit qu’elle essaie de s’adapter au monde, même si elle nous montre souvent un visage lassé et dégoûté qui nous fait bien rire. On ne sait pas encore si elle va finir par se dévergonder aussi, où si elle va garder son côté pudique, mais on sent déjà qu’elle se lâche parfois plus que ne le ferait une lycéenne dans le monde normal.

Les deux autres personnages qui l’accompagnent sont Kawashima et Kanzaki. Si Kanzaki m’a un peu moins marquée pour le moment, bien qu’elle soit aussi perverse que les autres, Kawashima est vraiment la représentation du jeune puceau beaucoup trop accro au porno. C’est parfois dérangeant de voir une fille agir ainsi mais elle permet au moins de mettre en place des running gags. Ces deux personnages me rappellent beaucoup Stank et Zelf de Interspecies Reviewers, ce qui est un peu dommage car ça veut dire que mis à part le fait que ce soit maintenant des filles, l’auteur ne se renouvelle pas assez au niveau des personnalités de ses personnages.

Pour ce qui est des dessins, les chara designs sont vraiment sympas et donnent du cachet au titre. Les personnages sont très différenciables, ils ont tous une taille différente, des coupes de cheveux bien à eux, et même une taille de poitrine différente. Les décors et trames sont largement suffisants, d’autant que le texte est plutôt dense dans ce titre donc de toute manière il n’y aurait pas eu moyen d’en faire plus sans que les planches ne deviennent illisibles. Il n’y a pas de scènes vraiment incroyables, on est dans un Slice of Life Ecchi, donc à part quelques tétons par-ci par-là il n’y a pas de scènes plus osées, ni même spécialement de planches au-dessus des autres.

 

En conclusion, je dirais que Chastity Reverse World est fait pour les gens qui ont apprécié  les autres titres de l’auteur comme Interspecies Reviewers, ou pour ceux qui aiment bien les œuvres du style de World’s end Harem ou Prison School. Il est parfois dérangeant et permet vraiment de réfléchir sur la question des genres et notamment du traitement de la femme dans notre société. Néanmoins, il possède un humour un peu beauf mais qui est ma foi, pas si déplaisant. Je ne sais cependant pas trop où l’auteur veut nous mener pour le moment et j’espère voir un fil conducteur se créer par la suite. C’est un titre qu’il a conçu un peu sur le même schéma que ses autres œuvres, jouant beaucoup sur la limite entre le Ecchi et le Hentai et qui se lit plutôt bien malgré tout.

L.

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