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The Irregular at Magic High School

Scientifique mais

pas moins magique !

 

The Irregular at Magic High School est un Light Novel écrit par Tsutomu Sato et illustré par Kana Ishida. D’abord publié sur internet en tant qu’amateur en 2008, il fut professionnalisé en 2011 via ASCII Media Works avec un format papier. C’est quelques années plus tard, soit en 2016 que nous aurons, grâce aux éditions Ofelbe, la version française.

 

Nous sommes en 2095 et la magie est désormais une technologie omniprésente. Bien que ceux l’ayant maîtrisée soient mis au rang de prodiges aux yeux des personnes dépourvues de ce don, ce n’est pas rose pour tout le monde. Même en étant capable de s’en servir, cela ne fait pas forcément d’eux des génies et certains sont même rapidement descendus au rang de roue de secours. C’est le cas de Tatsuya Shiba qui fait partie des repêchés, contrairement à sa sœur Miyuki qui excelle en la matière.

Ce quotidien finalement assez banal pour des personnes toutes plus singulières les unes que les autres, tournera rapidement au fantasque avec des menaces les obligeant à sortir de la routine scolaire.

 

Avant de plonger dans le cœur de l’œuvre, je vous invite, si vous n’êtes pas des habitués des light novels, à lire l’article que nous avons fait pour parler plus amplement de ce qu’est un Light Novel et d’approfondir le sujet.

Pour les personnes ayant vu son adaptation anime disponible sur Wakanim, vous ne serez pas surpris, l’histoire commence globalement de la même manière. Vous aurez donc une brève explication sur la magie qui est dans cet univers une technologie à part entière. On voit donc cette dernière sous des yeux scientifiques, ce qui permet une approche différente mais sympathique.

Et comme cela est plus scientifique, c’est aussi plus compliqué, mais vous le verrez, tout au début il y a un petit lexique pour certains mots qui vont être cités à maintes reprises dans cette série, permettant de correctement prendre en main cette dernière et d’en comprendre les termes qui peuvent parfois s’avérer perturbants lorsque l’on débute la lecture.

Le titre ne tarde d’ailleurs pas à nous exposer certaines thématiques importantes de ce premier arc, comme la discrimination et le harcèlement. On le voit rapidement par le fait que le lycée dans lequel vont nos protagonistes arbore un système de cursus parallèles. En effet, il en existe deux. Le premier cursus est réservé à 100 personnes talentueuses par promotion, ils possèdent un uniforme orné d’une fleur. Quant aux deuxième cursus, il y a également 100 personnes qui sont cependant considérées comme bien moins talentueuses, elles sont des repêchées qui peuvent servir en cas de problème avec l’un des étudiants en premier cursus. Pour les différencier, elles ne possèdent pas de fleur sur leur uniforme et sont appelées “Graine”. Ce terme est proscrit du règlement de l’école bien que dans les faits, cette façon de les appeler reste très courante.

 

“D’où ce sobriquet pour leur rappeler qu’ils ne pourraient jamais bourgeonner et devenir des Fleurs.”

– Narration

 

Ceci est accentué par l’absence de professeurs pour les cours du second cursus. En effet, les élèves doivent apprendre en autodidacte en quelque sorte sans avoir l’assistance d’une personne compétente. On le remarque également avec le passage dans l’amphithéâtre où les Fleurs et les Graines se sont naturellement séparées, les Fleurs au premier rang et aux derniers rangs les repêchés tolérés en tant que substituts.

Ici, nous allons donc suivre le quotidien de Tatsuya Shiba qui malgré un don incroyable se retrouve dans le second cursus alors qu’à contrario sa sœur Miyuki, bourrée de talent, occupe les premières places dans le premier cursus. Elle est par ailleurs la représentante des premières années. Toutefois, en dehors de son don, Tatsuya brille par son intelligence hors norme ce qui équilibre la balance par rapport à la pratique de la magie, même si dans les faits, dans cette école, c’est bien la pratique qui est mise en avant pour certaines raisons que vous comprendrez en lisant.

 

“Ici régnait la loi du plus fort, ainsi qu’une méritocratie qui tendait vers la cruauté”

– Narration

 

Cela va être une grosse introduction à l’univers mais aussi à l’environnement où il va se passer bien des choses. En effet, cela va préparer les derniers chapitres du premier tome qui vont lui permettre d’enclencher quelque chose de bien plus grand. C’est une histoire qui va crescendo mais en prenant son temps, l’auteur a pu se faire plaisir et ajouter un maximum de détails, ce qui fait aussi que l’avancée peut s’avérer lente par moment mais jamais inintéressante. Ces détails qu’il incorpore tout au long de son récit sont justement des choses que l’on perd souvent dans les différentes adaptations, là où ici on peut les savourer pleinement et ça fait vraiment plaisir. On y retrouve notamment pas mal de détails par rapport aux relations des personnages, à tel point que l’on peut parfois avoir l’impression d’être dans un visual novel !

La partie sociale de l’œuvre possède donc une place importante, que ce soit en mal comme nous l’avons vu plus haut, ou en bien avec par exemple les relations que va construire Tatsuya avec certains de ses camarades de classe ou bien avec des membres des différents comités, que ce soit le BDE ou bien celui du comité de discipline dont il fera partie.

La relation qu’il va entretenir avec chacun d’eux sera unique, tantôt drôle, tantôt romantique, tantôt dérangeante et discutable.

En fin de compte, ce sera suffisamment varié pour que vous soyez pris au jeu et que vous appréciez les voir parler ensemble avec une véritable avancée de ce côté-ci.

Ce qui va permettre d’accentuer tout ça c’est l’essence même du LN: ses descriptions. C’est grâce à ces dernières que vous allez pouvoir vous plonger dans cette œuvre et que vous allez mieux appréhender et comprendre chacun des personnages. C’est également avec elles que vous allez ressentir l’humanité qui émane chez eux et où vous pourriez vous y projeter. Les descriptions font partie intégrante des plaisirs des LN, ils ajoutent une valeur au titre que nous ne trouvons nul part ailleurs. Bien loin d’être ennuyantes, elle mettent au contraire l’accent sur des détails sympathiques que ce soit pour découvrir le titre ou bien pour le redécouvrir après avoir vu l’anime ou lu le manga.

 

 

Mais d’ailleurs, parlons des personnages ! Ils sont déjà nombreux dans le premier tome et vous n’avez pas encore vu tout le monde. En tout cas, leur nombre ne tarit pas leur intérêt, puisqu’ils ont tous une histoire, un background et une personnalité unique. Et ça va plus loin que ça car ils sont tous considérés comme étant des “irréguliers”, du moment qu’ils sont dans ce lycée, que ce soit dans le premier ou deuxième cursus. Cela veut bien dire qu’ils ont quelque chose en eux de différent et cela est démontré à plusieurs reprises dans ce tome et ça le sera également dans les prochains !

Tatsuya et Miyuki Shiba sont les deux protagonistes de l’histoire, c’est d’ailleurs eux qui apparaissent sur la couverture (Miyuki apparaît même une fois sur le van dans Durarara) Bien qu’ils appartiennent à un cursus différent, ils sont tous les deux très puissants et possèdent de nombreux mystères étalés tout au long de la série. Mais ce qui vous frappera sans doute le plus c’est leur proximité et l’ambiguïté de leur relation ! Ils sont très souvent collés ensemble ce qui jusque-là va encore, mais si on y ajoute leurs mimiques pouvant faire penser à un couple et les réactions disproportionnées de Miyuki dès qu’il s’agit de son frère… il y a de quoi se poser une multitude de questions ! Et rassurez-vous les autres personnages se poseront les mêmes interrogations. Néanmoins, il n’y a pas d’inceste, seulement une ambiguité qui offrira finalement quelques moments amusants.

Pour rester dans cette ambiance, nous allons faire un tour du côté des autres personnages féminins du titre, les principales dans ce tome seront au nombre de 5 dont 4 qui restent très importantes tout au long de la série.  Et pour continuer dans la ségrégation, je vais commencer par vous parler des fleurs.

Mayumi Saegusa est la présidente du Bureau des élèves et également une des premières personnes à avoir parlé à Tatsuya lors de son arrivée. Elle l’a fait avec beaucoup de douceur et de légèreté. L’auteur la décrit continuellement comme faisant chavirer les têtes de ses camarades masculins par sa grande beauté et par le charme qu’elle dégage. Elle sera toutefois nuancée par son caractère aussi angélique que maléfique qui ne manquera pas de mettre sur ses gardes le si froid et sérieux Tatsuya qui a tendance à rester de marbre et, ce faisant, à être rarement déconcerté.

À ses côtés se tient souvent Mari Watanabe, présidente du comité de discipline. Elle apparait comme étant une femme forte mais là où Mayumi joue sur un côté mignon et attendrissant, Mari, elle, joue sur un côté plutôt sexy et provocant la tentation. Sauf erreur de ma part, cela m’a parut plus affiché que dans la version anime qui me semblait moins ambiguë bien qu’on y ressentait parfois cette impression de harem.

Il y a d’autres filles à présenter mais cela s’éterniserait si on devait parler de tout le monde !

Je me permets toutefois de passer du côté de deuxième cursus avec Erika Chiba qui, à l’instar de Mari, fait office de femme forte mais sans jouer sur un quelconque côté sexy. Elle est certes décrite comme étant une jolie fille mais son côté garçon manqué ressort plus en dépit de sa féminité. Et c’est ce qui fait son charme mais aussi sa plus value comparé à beaucoup d’autres personnages féminins de l’histoire.

À son contraire, nous avons la belle et timide Mizuki Shibata, dans la même classe qu’Erika et Tatsuya. Elle est bien plus introvertie la majeure partie du temps, elle permet souvent d’affaiblir les ardeurs de certains et nous propose généralement un peu plus de calme et une note d’innocence menant à des situations drôles ou “gênantes”.

C’est le gros du lot, mais les autres ne sont pas en reste non plus et seront par ailleurs plus détaillés dans les tomes suivants !

 

 

Un rapide mot également sur les illustrations, vous en avez vu quelques-unes tout au long de cette critique et vous en avez bien d’autres à découvrir dans le tome ! En tout cas, elles sont toutes très sympathiques bien que le chara-design change un petit peu de ce qui a été fait dans le futur pour l’anime par exemple, l’essence même des personnages est en tout cas gardée et c’est le plus important !

En conclusion, est-ce que oui ou non, ce LN vaut le coup. Que vous ayez vu ou non l’anime ou lu le manga, je pense que ce LN mérite d’être lu pour ce qu’il apporte. C’est l’origine de cette série qui était préalablement publiée sur internet en amateur mais dont la version reliée a tout gardée. On a donc la vision pure de l’auteur, ce qui se ressent assez rapidement par ailleurs. En effet, vous aurez le droit à des moments d’explication de manière régulière et elles sont parfois assez imposantes. Rassurez-vous toutefois, malgré ça, ce n’est pas non plus ennuyant à lire, même si ça peut en faire sortir quelques-uns de leur lecture. L’auteur sait tout de même comment susciter l’intérêt et s’il nous perd de temps à autre avec des explications, il nous récupère assez bien et assez vite.

L’important à garder à l’esprit, c’est de ne pas avoir peur de s’y lancer, la série se veut parfois complexe mais elle reste accessible à tous et tout est fait pour que ce soit compréhensible avec l’ajout de lexiques et infos permettant de comprendre plus facilement cet univers qui est très riche. On ressent la passion de l’auteur à travers ses textes (le traducteur a fait un super taf de ce côté-là !) et le fait qu’il prenne comme ça son temps ça montre aussi qu’il a beaucoup de choses à raconter et à détailler. Au lieu de nous ennuyer comme on pourrait le croire, il nous amène dans son monde et on l’apprécie à sa juste valeur. C’est quand même un sacré volume alors n’hésitez pas à le lire en plusieurs fois, je l’ai personnellement lu sur une semaine environ et c’est vraiment pas dérangeant.

Ah et petite précision, au Japon l’histoire s’est conclue fin 2020 avec son 32e tomes, oui 32 ça fait beaucoup mais n’ayez pas peur, la version française paraît de manière assez lente permettant d’avancer tranquillement sans se ruiner en une fois !

Alors si les univers similaires à A Certain Scientific Railgun ou A Certain Magical Index vous plaisent, celui-là pourrait vous intéresser. De la magie, oui, mais là on y apporte bien plus de science avec une certaine logique et un soin du détail incomparable !

 

H.

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