Critiques,  G-H-I,  Maisons d'Edition,  Naban

Give My Regards To Black Jack

Souhaitez-vous

sauver votre

statut ou

votre patient ?

 

Give My Regards To Black Jack est un Seinen écrit et dessiné par Shuho Sato. Il s’agit ici d’une réédition du manga Say Hello To Black Jack publié initialement par Glénat. Pour cette nouvelle version, c’est les éditions NaBan qui s’en chargent ! Cette dernière sortira en 6 volumes doubles pour notre plus grand plaisir !

 

Ce manga est inspiré de Black Jack dont Osamu Tezuka en est l’auteur.

Eijirô Satô est un jeune diplômé de médecine qui réalise un stage dans le CHU Eiroku qui possède une grande réputation. Toutefois, il va rapidement être confronté à la dure réalité d’interne. Salaire bas, peu de repos, beaucoup de travail, et beaucoup de problèmes. Ce n’est cependant pas ce qu’il trouvera de plus horrible. En effet, il va découvrir comment fonctionne le système médical et il va en comprendre tous les rouages. Plus il en apprend et plus cela le ronge et l’écœure. Mais Eijirô possède un grand cœur et souhaite tout faire pour changer les choses, pour lui tout ce qui compte c’est de sauver les patients, quel qu’en soit le prix. Malheureusement il s’attaque peut-être à un trop gros poisson pour lui…

Le manga ne perd pas de temps, on rentre rapidement dans le vif du sujet, et on nous parle de la dure vie d’interne qui gagne trois fois rien mais qui, pourtant, travaille d’arrache pied. On nous explique qu’à cette époque ils doivent faire des gardes de nuit ailleurs afin de tenter tant bien que mal de joindre les deux bouts à la fin du mois. Je tiens tout de même à préciser que la première édition a presque 20 ans et qu’elle critique donc un ancien système de santé, à priori ces revendications ne sont plus au goût du jour.

Malgré ça, cela reste intéressant d’en connaître davantage sur ce système qui était assez particulier et impitoyable en quelque sorte. L’univers médical n’est pas quelque chose qui habituellement me passionne, j’ai quelques saisons de Dr.House à mon actif quand j’étais plus petit, rien de bien incroyable me direz-vous et vous avez entièrement raison ! Pourtant j’ai été fasciné par ce manga, fasciné par tout ce qu’il a à nous raconter, à nous transmettre et ce, même après autant d’années.

 

 

La question phare autour de laquelle tourne cette œuvre serait… qu’est-ce qu’un médecin ? Qu’est-ce qu’un BON médecin ? Peut-on arriver loin sans être corrompu ou est-ce indissociable ?

Notre cher protagoniste va vouloir trouver les réponses à ses questions et par la même occasion trouver sa propre voie, il ne veut pas emprunter la même que les autres, cette voie qui lui semble si sale et malsaine. Lui ce qu’il souhaite, c’est être un grand médecin qui réfléchira à comment sauver un malade, pas à savoir si c’est plus ou moins rentable de tenter quelque chose. Malheureusement, un idéaliste comme lui ne plaît pas beaucoup, surtout aux supérieurs et donc forcément il commence à se mettre à dos de hautes pointures.

Eijirô Satô est un personnage très passionné et ça se ressent beaucoup, que ce soit au travers de ses dires, de ses actes, ou de ses expressions faciales. Il est assez naïf et va découvrir tout comme nous, les travers de la médecine. Nous le voyons à plusieurs reprises pleurer, c’est un garçon très expressif qui ne contrôle que très peu ses émotions si ce n’est pas du tout. Il est incapable de mentir et parvient difficilement à prendre son mal en patience. On pourrait se dire que c’est un enfant immature, mais d’un côté c’est aussi ce qui le rend attachant. Il n’est pas corrompu, il a un cœur pur et souhaite le garder. Bien qu’il sache qu’il n’est pas parfait, il veut tout de même donner son maximum que cela plaise ou non. C’est un personnage complet qui aura par ailleurs le soutien d’autres personnes qui sont aussi passionnantes que lui.

Dans ce style, nous avons un des premiers soutiens importants, le Docteur Shiratori. Il est le premier à lui avoir appris deux trois choses sur le système médical. Ce n’est pas un personnage que l’on a beaucoup vu mais il a eu pas mal d’impact sur le personnage principal, leur conversation ayant à chaque fois fait évoluer la manière de voir les choses d’Eijirô. Il est assez charismatique malgré son chara-design encore plus particulier que le reste !

 

“Je ne vois pas ce que tu reproches au bureau médical, mais si tu es contre son fonctionnement, la meilleure solution ne serait-elle pas de te hisser à son sommet pour faire bouger les choses ?”

–  Docteur Shiratori

 

En soit, la plupart des supérieurs qu’il aura au cours de ce tome vont remettre en question le système médical, chacun parlant d’un élément qui les affecte mais dont ils se sont résolu à simplement subir et ils essaient de penser à autre chose afin d’éviter que cela ne les affecte de trop. Eijirô Satô va se “nourrir” de tout ça pour continuer de se battre et surtout, faire ses propres choix.

Et en parlant de choix, le style de l’œuvre en fait partie. Si vous êtes habitué à des lectures comme Ushijima, l’usurier de l’ombre ou Himizu vous ne serez pas plus “choqué” que ça par les chara-designs. Dans le cas contraire, cela pourrait vous surprendre. C’est un style qui était plus répandu avant et il y a moins de mangas désormais qui adoptent ce type de visages presque déformés par les expressions, ces mâchoires particulières et ces bouches très prononcées avec des lèvres imposantes. Néanmoins c’est une style qui interpelle, qui marque et pour le coup, ça ne pouvait pas être mieux adapté pour Give My Regards To Black Jack. 

 

 

Si vous vous demandez si la réédition vaut le coup, et bien je dirais que pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de le lire à l’époque, vous trouverez aisément votre compte sur cette version qui est plus propre que l’ancienne. Quant à ceux qui avaient déjà lu l’ancienne version, tout dépend de vous et de votre amour envers cette œuvre, sachez seulement que c’est une bonne réédition. Il faut dire que le produit initial était déjà très bon ! Malgré un sujet difficile, l’histoire nous happe, nous enivre et on reste plongé dans ce manga sans décrocher une seule seconde.

Attention tout de même, le chara-design très spécial peut en rebuter certains et les scènes d’opération ou celles où l’on voit des corps en très mauvais état peuvent choquer. L’auteur les a très bien réalisés et s’en est frappant. Qui plus est, le sujet ne parlera pas à tout le monde et ne plaira pas forcément non plus, ceci étant dit, ça ne veut pas dire que si la médecine ne vous intéresse pas, le manga ne vous plaira pas non plus. Il est tout à fait possible d’apprécier l’œuvre même si habituellement vous n’êtes pas fan du genre. Le côté psychologie et social est très mis en avant, bien plus que le reste. Eijirô Satô n’est pas encore un grand docteur, il n’a pas encore de qualifications particulières donc il ne va pas réellement opérer ni prendre de décisions, de ce fait, les opérations ne sont pas réellement un élément central du manga.

Je vous invite à aller lire le premier chapitre sur mangas.io qui le propose gratuitement. Cela fait un total de 53 pages, de quoi voir s’il peut vous intéresser.

H.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *