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Don’t call me Magical Girl, I’m OOXX

Ah ! On est

démasquées…

 

Don’t call me magical girl I’m OOXX est un Shônen de Yang Chi-Cheng avec au chara-design SimonCreative. Initialement sorti en 2016 à Taiwan (plutôt inhabituel n’est-ce pas ?), c’est en Novembre 2019 que nous le voyons pour la première fois en France sous les éditions Chatto Chatto. Son cinquième tome vient tout juste de sortir !

Sakura est une magical girl pas comme les autres et elle se voit, entre deux chasses aux esprits,  affronter d’autres magical girls. La raison ? Elle est simple, chacun à ses propres désirs et obsessions et malheureusement pour elle, cela a tendance à piétiner ceux des autres. Mais alors que leur inévitable combat cause encore une fois une multitude de ravages dans leur ville, elles se retrouvent exposées aux yeux du grand public pour la première fois…

 

Vous commencez à avoir l’habitude, si on parle de magical girl, c’est que l’on est loin du cliché du genre !

Ce titre ne déroge pas à ça puisqu’il est également assez différent de tout ce que j’ai pu déjà lire. Il va d’une certaine manière plus se rapprocher d’un Looking Up to Magical Girl pour son humour. Toutefois, ici, pas question de le prendre à la légère car malgré l’humour très présent dans l’œuvre, l’auteur ne manque pas de nous rappeler que pour nos magical girls, c’est du sérieux. L’univers créé par Yang Chi-Cheng est plus complet que l’on ne pourrait le croire et ce, pour différentes raisons que je vais tâcher de décrire au cours de cette critique.

Avant ça je dois vous avouer une chose, je l’avais déjà lu il y a plusieurs mois et j’en étais ressorti en me disant : “c’est sympa ! Mais j’ai pas tout compris…” mais en le relisant pour vous en parler, j’ai pu rattraper les passages qui m’avaient causé ces incompréhensions et je peux vous dire que malgré son côté un peu bordélique par moment, c’est une lecture intéressante !

 

 

L’histoire commence par nous montrer certains dégâts causés par les magical girls tant au niveau matériel, que psychologique, mais on aperçoit également le mécontentement des habitants qui, chaque jour, voient un morceau de leur ville se faire détruire, pour certains ça a même été leur habitation. On se rend alors compte qu’elles ne sont pas des plus appréciées à Gangdong et ça se comprend.

Vous allez me dire, mais comment les habitants ont pu mettre autant de temps avant de les découvrir ? Eh bien c’est grâce à ce que l’on appelle un ponsceau ! Ce dernier permet de provoquer une faille entre le monde des humains et celui des esprits, avec cela, les magical girls, une fois “transformées” deviennent invisibles pour l’Homme mais visible pour les esprits. Ce qui est intéressant c’est que nos chers protagonistes ne sont pas forcément humains, c’est pour cela que j’ai rajouté les guillemets lorsque j’ai parlé de transformations car ce n’est pas tout à fait exact. Grâce à cette indication, on va apprendre diverses choses qui vont vraiment ajouter de la matière à tout ça.

En effet, si on prend l’exemple de Sakura, la fameuse “petite poupée rose”, elle n’a pas d’autres choix que de chasser des esprits pour collecter leur âme si elle veut survivre. Elle n’a pas non plus d’autres alternatives que de les récupérer si elle veut que son souhait se réalise intégralement, et ça aussi c’est assez intrigant.

Mais tout ceci se complique à partir du moment où elles se retrouvent toutes les trois exposées au public qui réclame des dédommagements et où, au même moment, des esprits décident de s’inviter dans le monde humain pour mettre en place un projet encore inconnu…

Vous imaginez donc le bazar !

Mais ce qui rend ce foutoir si appréciable, c’est ses personnages ! Je vous ai vaguement parlé de Sakura, alias petite poupée rose, qui souhaite devenir humaine et avoir un foyer chaleureux. C’est actuellement le personnage qui rend l’histoire la plus sérieuse car plus on apprend à la connaître plus on est touché par elle et plus on est pris d’empathie. C’est un très bon personnage qui saura très bien vous faire rire également !

 

 

“Allez ! Ensemble on peut tuer la nonne ! […] Mais t’avais pas l’air de dire que tu voulais lui faire bouffer ses dents ?”

– Sakura.

 

 

La première adversaire que vous verrez dans ce tome, ce sera….. Métanonne ! Alias… “l’abrutie de nonne (?)” une autre magical girl qui possède un souhait bien différent de celui de Sakura. On ne l’a connait pas encore très bien, à tel point que l’on ne sait pas encore son véritable prénom ! Ce que l’on sait d’elle cependant, c’est qu’elle aime sa ville et qu’elle souhaite la protéger, bon entre les mots et les actes on y retrouve parfois un ou deux mondes mais elle fait de son mieux !

 

 

“Je ne suis pas un truc ! Je suis… la magical girl de l’amour et de la justice !!”

– Métannone.

 

 

Quant à la dernière magical girl, ce n’est autre que… Airman ! Et non! Perdu! Ce n’est pas un homme ! Ni un trap par ailleurs… enfin je crois. Miss Air est celle qui aimerait rester tranquille et profiter d’un peu de calme. Son souci se trouve donc dans les deux autres énergumènes qui ont tendance à trop se lâcher lorsqu’elles s’affrontent. Elle prend donc part aux combats afin de les arrêter en se disant que si l’une d’entre elles est éliminée, il n’y aura plus de guerre ! Du coup vous pensez bien que ça ne fait qu’amplifier le conflit… C’est sans doute la plus différente des trois mais elle est vraiment géniale à sa façon ! Elle ajoute du piquant sur du piment, c’est fabuleux.

Je ne vous en ai pas encore parlé mais Sakura n’est pas seule ! Alors son “utilité” est modérée pour l’instant mais on a quand même le fameux “animal de compagnie” de toute bonne magical girl qui se respecte ! Dans son cas, il s’agit d’une sorte de poisson (..?) du nom de Jingying. C’est grâce à lui que Sakura peut faire ce qu’elle veut, par ailleurs il le dit lui-même que tout ce qu’il veut c’est qu’elle puisse réaliser ses souhaits. On peut se permettre de douter de sa parole quand on voit ce qu’il s’est passé dans d’autres mangas du genre ! Mais pour l’instant il permet même de rajouter un peu d’humour par moment, ah~ cette comparaison avec la licorne, une pépite~

 

 

Et niveau dessin, ça donne quoi ? Si tout comme l’histoire cela sonne parfois un peu bordélique, on s’y fait et surtout on apprécie. Les chara-designs sont géniaux et collent super bien à chacun des personnages. Pour les décors, rien d’incroyable mais personnellement je m’en contenterais, on s’attarde suffisamment sur d’autres points pour être réellement dérangé par les décors parfois absents.

 

En conclusion, Don’t call me magical girl I’m OOXX propose à son tour une histoire détournant les magical girls mais dans ce cas là, cela va plus loin je trouve. Déjà on enlève le côté transformation clichée qui est souvent réutilisé, ici en plus d’avoir des tenues bien différentes, la scène de transformation n’existe pas. On va à contrario bien plus se concentrer sur les personnages eux-mêmes pour raconter non pas une histoire centrée sur des magical girls mais bien sur leur personnalité, leurs vœux, et cela colle à merveille avec le titre. Alors oui tout n’est pas parfait dans cette œuvre et son côté bordélique peut parfois nous jouer des tours mais c’est aussi ce qui fait son charme et j’en ressors finalement conquis, surtout par ses personnages atypiques, piquant la curiosité et qui balayent nos a prioris.

 

H.

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