Critiques,  D-E-F,  Maisons d'Edition,  Manga,  Nobi Nobi

Fukuneko

Contrôler le monde,

c’est surfait, nous on

apporte le bonheur !

Fukuneko est un Seinen de Mari Matsuzawa. Publié au Japon entre 2016 et 2018, l’histoire compte un total de 4 tomes. En France, c’est via les éditions Nobi Nobi que nous le découvrons dans leur collection Kawaï. La série complète a été éditée chez nous en 2021.

 

Une jeune fille de Tokyo du nom de Ako déménage subitement dans la ville de Fukuneko pour des raisons familiales. Bien mécontente de sa nouvelle situation en campagne, elle fait toutefois la rencontre d’un chat étrange qui apparaît sous la forme d’une petite fille seulement à ses yeux ainsi qu’à ceux de son frère. Curieuse de comprendre pourquoi, elle apprend finalement que ce n’est pas une illusion, mais bel et bien un chat singulier censé répandre le bonheur chez la personne choisie.

 

En ayant conscience de la collection à laquelle l’œuvre appartient et en voyant la couverture, on peut penser à un titre très enfantin, et je mentirais si je disais que ça ne l’est pas. Néanmoins, je me dois de préciser que ce n’est pas une histoire exclusive aux jeunes personnes. En effet, c’est une véritable poésie qui vous réchauffera le cœur surtout au début de l’automne ! Je me suis surpris à me plonger dans ce tome malgré les premières pages qui semblaient assez classiques. En réalité, Fukuneko se détache rapidement afin d’imposer sa propre patte, et c’est dès l’arrivée de Fuku, le fameux chat de la couverture, que tout change. C’est extrêmement mignon comme le laissait penser le nom de la collection, et on passe très proche de l’euphémisme ! N’importe quel cœur de pierre se verra fendu par la danse des fukuneko et vous resterez là, à terre, touché en pleine poitrine par tant de mignonnerie.

Mais avant de continuer la propagande sur, pourquoi Fukuneko c’est bien et vous rabâcher à quel point c’est mignon, je vais vous expliquer un peu mieux tout ça. Tout d’abord, vous devez vous demander ce que sont les “fukuneko”, alors pour faire court sans trop rentrer dans les détails, ce sont des chats un peu à part dans la hiérarchie qui descendent tout droit d’une divinité apportant le bonheur. De ce fait, ces chats peuvent apporter leur “bénédiction” à un humain qu’ils auront choisi. C’est par ailleurs ce qui arrive à notre chère Ako qui est choisie par Fuku, bien que ce soit en partie par méprise.

 

“Fuku attends ici ! C’est promis !”

– Fuku.

 

Ces chats ont donc aussi bien donné leur nom à la ville qu’au manga, ça fait d’une pierre deux coups comme on dit ! Et en parlant de deux pierres, Fuku n’est d’ailleurs pas le seul fukuneko de la ville et vous aurez la joie d’en découvrir d’autres ! Et qui dit d’autres fukuneko, dit aussi d’autres personnages, vous aurez notamment le droit à une jeune fille “Chika” qui s’est prise pour Go dans Pokemon 2019. C’est l’avarice dans toute sa splendeur ! Pourquoi se contenter d’un fukuneko quand tu pourrais essayer d’en avoir plein ?!

Avec tout ça le titre ne se veut pas hyper profond, et si l’on peut voir des discours cachés sur les rêves d’enfant, cela ne va pas plus loin dans ce premier tome. Par ailleurs, même du côté des adultes de la série on sent qu’il y a cette âme enfantine qui tente de s’accrocher malgré tout. Que ce soit dans la présentation de la grande sœur mangaka dont on dirait que cela lui sert à s’évader d’un quotidien difficile moralement, ou bien l’oncle Ichi dont son inactivité peut évoquer un mal être dans la société avec en plus la pression de la grand-mère qui n’accepte pas sa situation.

Mais ce sont plus des “déductions personnelles” que de véritables faits. Rien n’insiste sur ces points et cela présente en façade une joyeuse petite famille qui, malgré les galères, vit tranquillement via de petits plaisirs par-ci par-là.

Surtout que le titre ne se veut pas lourd du tout, bien au contraire ! Vous prendrez beaucoup de plaisir à le lire et il fera passer les problèmes de chacun pour des broutilles sans importance face à l’incroyable capacité des fukuneko d’embellir leur monde.

 

 

Ako, qui ne voulait pas quitter Tokyo, était au fond d’elle apeurée d’aller dans une nouvelle école, de ne connaître personne et de ne pas réussir à se faire d’amis. Cela reste quelque chose de normal, changer de quotidien peut être difficile et éprouvant comme on le voit par sa sœur épuisée par son boulot de mangaka et par le déménagement.

C’est là que Fuku entre en jeu et étale du bonheur de partout à coup de daifuku, beaucoup de daifuku. Lorsque Ako joue avec elle, elle semble oublier tout ce qui mène à l’inquiétude et nous-même, on se sent relâché, prêt à savourer tout ce bonheur tartiné à notre figure.

Chika Naruto, est un cas un peu à part, elle est la fameuse future meilleure dresseuse nekomon, c’est aussi elle qui possède des facultés impressionnantes et rares. Elle semble enjouée à première vue mais elle aussi n’a pas connu que la plénitude surtout que, même à l’heure actuelle, elle est toujours rejetée par ses camarades qui pensent qu’elle délire avec ses histoires de fukuneko. Malgré ça, elle respire presque la positivité et c’est beau ! Tout n’est peut être pas si simple, mais elle garde le sourire, et du coup nous aussi !

La simplicité du discours se ressent également dans le dessin qui se veut plutôt minimaliste. En effet, vous aurez surtout le droit aux personnages avec assez peu de décors. Ce vide n’est cependant pas tellement dérangeant, vous allez vite vous concentrer sur les chats et oubliez tout le reste alors pas d’inquiétude là dessus !

Surtout que le trait de l’auteur est vraiment agréable à l’œil, cela a un certain air de Baby-sitters et ce n’est que du positif !

 

Je m’attendais à ce que ce soit mignon, mais à ce que cela m’emballe autant, je l’avoue, déjà moins. Cette œuvre attendrissante m’a entièrement conquis et ne me donne qu’une envie, lire d’une traite les trois autres volumes de la série ! Ce manga apporte une touche de bonheur que l’on pourrait comparer à des titres comme Un Coin de Ciel Bleu du même éditeur. Ce sont des mangas qui ne font que partager un quotidien sans grande prétention mais qui ne vous laisseront tout de même pas indifférent. Alors oui, on pourrait presque le résumer au seul nom de sa collection : kawaï, mais cela lui va si bien qu’il n’y aurait aucun mal à ça… Laissez-vous simplement porter et appréciez ce petit moment de plaisir…

 

H.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *