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The Reincarnated Swordmaster

L’histoire 

de deux 

étrangers, unis 

par le titre de 

maître épéiste

The Reincarnated Swordmaster est un Shônen d’après le scénario de Sasa Togoro, dessiné par Enji Tetta. Il comporte actuellement 2 tomes au Japon et est publié depuis 2020. En France, le deuxième tome paraît chez Meian fin Juin 2021.

 

Alta Schweiz est un maître épéiste âgé de 12 ans, réincarné d’une ancienne vie où il était déjà reconnu pour son talent à l’épée. Souhaitant vivre une retraite paisible, il voudrait obtenir suffisamment d’argent et dans ce but, accepte la mission d’escorte de la Princesse-Épéiste Iris. Il se retrouve alors infiltré comme professeur dans le lycée Fiorum, où il entraîne les élèves et notamment Iris à l’escrime, et où il va se rendre compte que celle-ci est menacée de mort par un groupe puissant.

 

Pour commencer, on peut dire que oui, The Reincarnated Swordmaster est un énième Isekai pour le plus grand bonheur des uns et le plus grand malheur des autres, et moi-même qui apprécie les Isekai originaux, je commence à m’en lasser. C’est pourquoi j’espère en trouver de plus originaux et ce n’est pas forcément le cas de toutes les nouvelles licences Isekai qui sortent en France.

Celui-ci a au moins un point original, c’est que si notre protagoniste est présenté comme surpuissant, ce n’est pas juste par chance ou parce que sa réincarnation lui a conféré des pouvoirs incroyables. En effet, il est un ancien épéiste de renom qui a passé sa vie à s’entraîner dur et à se battre afin de devenir plus puissant. C’est donc l’un des bons points du manga puisque notre héros est cheaté, mais la justification de son pouvoir est tout à fait plausible et plutôt originale.

En plus de cela, il ne vient pas d’un monde moderne, mais plutôt d’un monde semblable, si ce n’est le même à une époque ou un lieu différent, ce qui fait qu’il ne nous donne pas les éternelles et habituelles références otaku, ni ne ramène d’objets modernes de son ancien monde. On a vraiment une personne qui est déjà bien intégrée au monde dans lequel il arrive, et qui n’a pas l’air de souffrir du manque de sa vie précédente, ni de vouloir rester dans celui-ci par envie de fuir une ancienne vie morne et ennuyeuse.

Ici c’est d’ailleurs tout le contraire. Alta n’aspire qu’au calme et à la retraite. Souhaitant se reposer, chose qu’il n’avait pas pu faire lors de son ancienne vie, son monde étant toujours en guerre et lui progressant toujours sur le champ de bataille.

 

Ici, je compte bien me la couler douce! Je vais mettre mon argent de côté jusqu’à pouvoir prendre une retraite confortable!

 – Alta Schweiz

 

On a donc un Isekai aux codes un peu inversés, un peu à La Sorcière Invincible, où l’héroïne souhaitait une vie calme et paisible, là où habituellement les protagonistes découvrent une vie plus palpitante et épanouissante.

Le dernier point original qui m’a marqué dans ce manga serait peut être la manière dont les personnages ont de se battre. Tout semble axé sur le combat physique avec des lames, mais également sur l’utilisation de magie via des enchantements effectués sur le corps ou sur l’arme. On n’a donc pas des boules de feu et autres explosions de partout mais plutôt des taillades impressionnantes et beaucoup de sensation de vitesse durant les combats, ce qui était plutôt agréable à regarder.

Malheureusement, si au premier abord ce manga peut sembler plutôt original, le scénario est en vérité plutôt déjà vu. Qu’un héros soit un garde du corps camouflé, ce n’est pas une chose nouvelle, encore moins le fait qu’il ait un corps d’enfant et soit doué de talents incroyables. Pour en citer un récent, on pourrait parler de Mushoku Tensei qui est aussi une réincarnation et où l’enfant est surpuissant, ou encore Kami-tachi ni Hirowareta Otoko.

En plus de tout cela, le manga semble plutôt manichéen et on voit bien qui est gentil et qui est méchant, d’autant que les dits méchants ne semblent pas si puissants que ça et se font plutôt bien détruire par notre héros, au point que j’ai peur de m’ennuyer en le lisant à la longue et surtout de ne pas trop savoir où toute cette histoire veut aller.

L’un des gros problèmes du tome un d’ailleurs, c’est qu’après un premier chapitre que j’ai trouvé plutôt énervant avec des élèves insupportables, on enchaîne les chapitres où on a quelques pages de dialogue mais surtout beaucoup trop d’action. On a à peine le temps de respirer qu’on est déjà dans un nouveau combat, que se soit d’entraînement que réel, au point que ça en devient répétitif. D’autant que le côté surpuissant du héros me lasse et réduit totalement l’intérêt du combat puisque celui-ci est la plupart du temps expéditif.

J’espère donc vraiment que l’auteur a autre chose à nous proposer sous le pied car sinon l’histoire risque de rapidement tourner en rond et j’en garderais une lecture très mitigée.

Pour ce qui est des personnages, ils sont la raison pour laquelle j’ai détesté le premier chapitre. La plupart sont insupportables, oubliables, même pas nommés, et idolâtres une fille soit disant forte mais qui n’arrête pas de se faire battre depuis le début du tome.

En effet, Iris Rainfell est représentée comme étant la Princesse-Épéiste, une enfant surdouée vouée à régner par la suite, et que personne dans l’école ne peut battre. Elle est sûre d’elle et dénigre totalement notre héros à sa première rencontre, puis elle change du tout au tout et se montre purement et simplement fragile. Je l’ai trouvé plutôt bipolaire et je suis totalement déçue qu’elle ne soit pas plus forte que ça, même si l’un des grands buts de l’histoire sera de la faire progresser.

Aria Nottolia, elle, me paraissait calme au début, mignonne, qui allait rester silencieuse. Mais finalement sa jalousie prend le dessus. Mis à part ça elle semble plutôt puissante et mystérieuse et c’est probablement le seul personnage dont il me tarde de voir l’évolution.

Alta Schweiz, notre héros, est plutôt banal au fond si on oublie son côté surpuissant. Il sourit simplement, prend la vie avec légèreté, et on perd totalement l’idée et le sérieux de l’épéiste qui s’est entraîné toute sa vie. Je trouve que son caractère ne colle pas avec ce qu’il est vraiment, en plus d’avoir un nom imprononçable, même si on pourrait se dire que c’est parce qu’il a décidé de vivre une vie plus calme et plus joyeuse.

Vous l’aurez compris, je n’apprécie pas vraiment les personnages de ce titre qui m’agacent plus qu’autre chose.

Enfin, pour ce qui est des dessins, ils sont plutôt beaux, les pages sont bien remplies, les mouvements durant les scènes d’action sont amples, l’encrage est assez bon. Les décors sont également bien présents et si ce n’est pas le cas, c’est souvent remplacé par des trames qui donnent une impression de vitesse en combat. Les personnages ont l’air d’être pas mal expressifs et plutôt différenciables et les tenues sont assez détaillées et intéressantes à regarder. Clairement le dessin suffit amplement à ce titre, même si je ne l’ai pas non plus trouvé impressionnant.

 

En conclusion, The Reincarnated Swordmaster est une millième histoire de réincarnation typée Isekai qui nous arrive en France. Il a tout de même le mérite d’avoir quelques originalités vu qu’il nous montre un homme qui vient d’un monde très semblable à celui dans lequel il se retrouve et que les combats ont une mécanique plutôt intéressante. Cependant il a également sont lots de choses déjà-vues, ne serait-ce que par le personnage surcheaté, enfantin, qui est d’ailleurs plutôt manichéen, avec un scénario assez banal au fond et dont je ne vois pas trop où il veut en venir, en plus d’avoir des personnages que je trouve insupportables et un héros qui a un caractère qui ne colle pas du tout avec qui il est vraiment.

Je garde donc un avis très mitigé sur ce titre et vous laisserais vous faire le vôtre, qui sait, peut-être n’était-ce juste pas une œuvre pour moi.

L.

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