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The One

Sur les pas

de sa mère

The One est un Shôjo qui nous vient d’une auteure Taïwanaise nommée Lee Nicky, publié en 2006 en 18 tomes. Les deux premiers volumes arrivent chez nous en Mars 2022 et sont présentés par Meian.

 

Teng Lele est une adolescente de 16 ans qui a hérité de la beauté de sa mère mannequin. Malheureusement celle-ci est décédée il y a quelques années d’un accident et Teng Lele n’a pas vocation à devenir modèle. Cependant, elle tombe un jour sur une image publicitaire qui lui coupe le souffle représentant Angus Lanson, un célèbre mannequin masculin. Elle décide de tout faire pour pouvoir l’approcher et donc d’entrer dans la mode en espérant pouvoir revivre ce sentiment incroyable. Mais elle va vite comprendre qu’être mannequin n’est pas de tout repos.

 

Tout d’abord, si vous comptez acheter ce Manhua, gardez en tête qu’il date des années 2000, ne soyez donc pas surpris si le titre fait un peu ancien, c’est normal. On y retrouve plein de petites phrases amusantes, de réflexions de personnages comme ça se faisait beaucoup dans les mangas à l’époque, le tout entremêlé dans l’avancement du scénario (vous savez, les tout petits textes en dehors des bulles qui murmurent une pensée du personnage). C’est toujours amusant à lire et cela ajoute également pas mal de densité dans les cases, ce qui ralentit un peu la lecture, mais si c’est pour rire un coup on dit pas non.

D’autant qu’en vérité cette œuvre se lit super vite, on ne voit pas du tout le temps passer, on est plongé dedans et aussi novice dans le monde de la mode que Lele. On découvre d’un œil innocent ce monde autant fantastique et passionnant que cruel et effrayant. On apprend alors la difficulté de devenir modèle, quoique la protagoniste à beaucoup moins de problèmes à s’insérer dans ce monde si fermé grâce à sa tante et aux gens qui connaissaient sa mère. Donc si vous recherchez un Manga/Manhua où la personne commence vraiment de zéro, celui-ci ne vous conviendra pas.

Je pense qu’on va suivre la montée de cette jeune femme dans la mode, découvrir le métier, les difficultés. On va la voir évoluer dans ce monde qu’elle a toujours regardé de loin et au premier tome on est vraiment au tout début de sa carrière, elle se décide à devenir modèle et commence à peine son entraînement et son travail. Elle fait d’ailleurs preuve d’amateurisme mais elle permet de montrer les points difficiles du métier comme le fait de rester debout cinq heures avec des vêtements et des chaussures pas du tout adaptés.

Au final c’est super intéressant à suivre et on sent déjà que tout ne sera pas blanc dans cette histoire. En plus j’ai trouvé les moments où on voit les modèles à l’œuvre vraiment stylés, d’autant que les tenues les rendent tellement beaux à voir.

Comme je l’ai dit au-dessus, on entrevoit déjà la cruauté du monde de la mode durant le premier casting de Lele et on en verra sûrement beaucoup plus par la suite, tout comme on peut admirer des moments émouvants, car elle est la fille d’une mannequin connue, et le souvenir de celle-ci perdure encore chez de nombreuses personnes du milieux, ce qui donne lieu à des dialogues touchants.

On pourrait comparer The One à Shine, sans le côté création de vêtement puisque dans The One on aborde quasiment uniquement l’aspect modèle, mannequinat, défilés, mais tous deux dénoncent les difficultés et cruautés du métier.

Lele n’est pas la seule personne que l’on va suivre dans cette histoire. On a régulièrement le point de vue de Eros et Angus Lanson qui sont bien plus professionnels et qui semblent avoir un passé difficile qui n’est pour le moment que sous entendu mais qui offrira des instants plus sérieux et dramatiques par la suite je pense.

J’ai hâte de voir le moment où tous les personnages vont réellement dialoguer ensemble. Pour le moment on les voit se croiser, s’apercevoir mais ils ne s’entremêlent pas. Je suis également pressée d’observer la métamorphose de Lele en une vraie modèle accomplie, un peu comme la métamorphose de la chenille en papillon.

 

Lele, écoute moi bien! Une fois entrée dans ce milieu, tu ne pourras compter que sur toi-même. Ne pense pas que je serai toujours derrière toi.

– Fei Hong

 

Pour parler un peu plus des personnages, je parlerais surtout de Lele, Angus et Eros qui sont ceux qui m’ont le plus marqué.

Teng Lele est une jeune fille de 16 ans élevée par sa grand mère et sa tante dont les parents sont décédés d’un accident quand elle était plus jeune. Elle est une jeune fille comme les autres si on oublie qu’elle est plutôt grande et jolie. Si au départ elle ne voulait pas être mannequin, elle change vite d’avis quand elle voit la beauté et l’art d’Angus. C’est une fille énergique mais qui se plaint et s’inquiète beaucoup et qui fait très héroïne typique de l’époque. Mais on s’attache tout de même à elle et on veut la voir évoluer.

Angus Lanson et Eros sont frères jumeaux. L’un est le mannequin maculin le plus en vogue, l’autre est un producteur qui aime se déguiser en SDF pour observer les gens. L’un est enfantin, l’autre semble plus sérieux et aigris. Tous deux semblent cacher un passé difficile à leur manière et apportent un bon aspect mystérieux à l’histoire. Je les trouve vraiment intéressants à suivre pour ce point.

En tout cas les personnages en général ont tous une bonne personnalité, même les secondaires ont du caractère et ça colle bien avec l’image qu’on se fait du mannequinat avec des personnes extraverties ou sérieuses, un peu divas sur les bords.

En ce qui concerne les dessins, il faut se l’avouer, c’est bien le style des années 2000 et de ce fait, cela a un peu vieilli. Les visages sont très anguleux, les corps fins, voire trop fins. Mais on a de bonnes expressions et surtout, le travail sur les vêtements, la diversité que l’auteure a su créer est impressionnante. En plus la répartition des cases change régulièrement et semble prendre plus de risques et nous propose de nombreuses grandes cases pour admirer les modèles.

Les décors sont plus ou moins présents, plus ou moins détaillés, cela dépend des cases mais quand on n’a pas de décors on a néanmoins des trames qui permettent d’éviter l’impression de vide donc on peut dire que c’est “ok”.

 

En conclusion, The One est un excellent manhua sur l’univers de la mode, qui a un peu vieilli mais qui nous propose un point de vue intéressant. Tout l’intérêt de l’œuvre se trouve dans l’évolution du personnage de Teng Lele qui débute dans le mannequinat, que ce soit son évolution professionnelle que son épanouissement personnel. On a également les personnages d’Angus et d’Eros qui ont une grosse part de mystère et il me tarde de voir tous ces personnages se côtoyer réellement. C’est une histoire passionnante avec beaucoup d’humour pour le moment mais qui, je pense, devrait devenir plus sérieuse à mesure que Lele grandit. Si vous aimez les mangas de mode comme Shine ou Paradise Kiss, je pense que The One pourrait vous plaire.

L.

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