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Dear Call

Ami ou ennemi,

tout dépend du

point de vue…

 

Dear Call est un Shônen de Kiri Gunchi. Publié initialement au Japon en 2019, il s’est terminé en début d’année 2021 avec 4 volumes. En France, ce sont les éditions Glénat qui s’en occupent depuis 2021 et qui nous offrent sa fin en début 2022 !

 

Sanso est un jeune orphelin vivant sur une île inconnue de tous. Seuls quelques habitants y vivent sans y être natifs. Le jeune garçon y a grandi en curieuse compagnie, avec Moon, une sorte de tigre blanc, et Goot, une espèce de chien noir. Malheureusement, leur existence n’est pas celle qu’il croyait être et ils finissent par être rattrapés par Rindo, une invocatrice venue du continent où ils se battent contre les Black Anima, ce que serait potentiellement ce cher Goot.

À partir de là, tout bascule pour notre héros qui se voit enrôlé dans leur lutte de survie contre un ennemi qu’il ne connaît quasiment pas.

Si vous lisez le synopsis disponible sur le site de Glénat, vous remarquerez qu’ils font références à différentes œuvres de fantasy et plus particulièrement à des Shônen que vous connaissez forcément. Et ce n’est pas pour rien ! Alors si je trouve qu’on parlerait plus de Fairy Tail que de Hunter x Hunter, on est plus ou moins dans le vrai.

Mais avant de s’intéresser plus à cela, un petit mot sur l’auteur qui ne vous est peut être pas totalement inconnu, il est l’auteur du Dilemme de Toki, un Seinen en trois tomes disponible également chez Glénat.

L’univers de Dear Call se construit comme on pourrait l’imaginer: un continent très peuplé, plutôt central au monde, une île perdue inconnue au bataillon et l’objectif où tous les yeux sont rivés, une gigantesque montagne où repose le corps-mère des Black Anima : le Mont Noir. Le schéma est simple mais efficace.

Mais son univers ne s’étend pas qu’à une carte. En effet, l’auteur a visé un monde complet où il cherchera à nommer un maximum d’éléments: par exemple, pour vaincre un Black Anima, il faut un Callbeast, une créature invoquée qui est la seule capable d’en venir à bout. Ces derniers s’invoquent à l’aide d’une… Ca..ll, une Call Quill qui consomme leur Call Power que les personnages apprennent à utiliser au sein de la Call aca- euh non, l’invocadémie. Je me moque un peu mais je dois admettre que je ne suis pas fan des termes inventés pour tout et n’importe quoi, j’en ai cité que certains mais il y en a d’autres, autant certains comme les Callbeast, pourquoi pas après tout, par contre “invocadémie”, était-ce vraiment nécessaire ? Enfin, les goûts et les couleurs, mais je pense avoir tiqué sur à peu près chaque néologisme tant leur façon d’apparaître semble presque… forcée (?).

 

 

Toutefois, les noms ne font pas tout et l’auteur tente de nous parler de beaucoup de choses, peut-être même un peu trop. Très vite, vous allez apercevoir une ribambelle de nouvelles têtes et tous ont une importance, pour l’histoire, pour le lore, pour le perso, bref aucun n’est à jeter et  pourtant, cela me semble un peu compliqué à gérer. En effet le manga ne se compose que de 4 volumes, or, au vu de ce qui nous est exposé dès le tome 1, cela me semble clairement insuffisant. Le titre a du potentiel, ça fait très ancien Shônen, mais ancien Shônen long, avec pas mal de personnages, du background etc, et ce sont des choses qui habituellement étaient faites sur le long terme avec des dizaines de tomes. On apprend rapidement le passé de deux personnages, Rogy et Terrace qui partagent quasiment la même histoire, mais à côté on nous tease celui d’autres camarades de classes dont celui d’Hineto, un garçon prometteur qui est très mystérieux et qui, bien qu’un peu “classique” de façade, semble avoir bien des choses à nous dire.

Pareil pour l’intrigue en elle-même, la fameuse Rindo qui est allée sur l’île où vivait Sanso est la Rectrice de l’invocadémie de Virthday, et cette femme a un plan: celui de réussir la quintuple invocation des bêtes aux cinqs couleurs, dont fait évidemment partie Moonlight, l’ami de Sanso, qui est au passage, l’élément central du plan. Sauf qu’à l’heure actuelle, seul Moonlight est là et personne n’a réussi à invoquer une des autres Callbeast. Alors soit on me surprendra en me disant que ça finit en bad end, soit c’est comme je le pense: tout va s’accélérer et ça fera un simple rush de l’intrigue principale en laissant peut être en plan certaines intrigues secondaires. Je ne sais pas si c’était prévu dès le départ qu’il y ait si peu de tomes où si c’est l’éditeur japonais qui à demandé à l’auteur de conclure l’histoire en cours de route mais une chose est sûre, une si grande ambition en quatre volumes, c’est impossible. Attention quand même, ça ne veut pas dire que le manga est foncièrement mauvais, d’autres titres comme Marry Grave par exemple s’en sont merveilleusement bien sortis en peu de tomes et le récit peut tout de même vous plaire surtout qu’il y a un bon potentiel. Je ne jette donc pas la pierre mais j’y mets mes inquiétudes les plus profondes.

En dehors de ça, l’auteur tente au mieux de respecter certains codes des Shônen et y ajoute une pincée d’humour pas si mal dosée, ce sont de petites touches qui ne font pas de mal, pas de quoi s’en tordre de rire par contre, pour ce coup là on se rapproche de Fairy Tail.

Pour en revenir aux personnages, Sanso, le protagoniste, correspond au bienheureux, c’est le gars qui n’a pas eu une enfance facile mais trouve que tout va bien dans le meilleur des mondes, c’est plus ou moins ça. Il aime sincèrement Moon et Goot et nie ce qu’ils peuvent être au fond d’eux. En somme, le héros de Shônen par excellence. Par ailleurs, son nom “Sanso”, signifie oxygène, cela se réfère à la façon dont il a été trouvé qui est plutôt insolite, mais ça je vous laisse la surprise !

Il a été en quelques sortes recueilli par ceux qui vivaient sur cette île et notamment la cheffe qui aurait clairement pu venir de Black Lagoon !

 

« L’île Scénario ne figure même pas sur les cartes… C’est une sorte de point de chute pour ceux qui sont morts dans le scénar… Ici, personne ne veut plus se prendre la tête et on ne s’occupe pas des affaires des autres… On a rompu avec les règles de l’extérieur depuis longtemps !”

– La cheffe de l’île.

 

Rindo c’est la femme qui devrait être âgée mais qui est jeune d’apparence, enfin en réalité on ne sait pas, est-ce qu’elle est jeune ou bien est-ce simplement son apparence ? En tout cas, elle a un paquet de secrets sous ses bras et possède un archétype séduisant grâce, notamment, à son arrogance et sa simplicité.

Elle est secondée par Ebi, qui joue le rôle de secrétaire, c’est littéralement la secrétaire Kim de Qu’est ce qui cloche chez la secrétaire Kim : infatigable !

En plus de différents camarades de classe, il y a Hineto dont je vous ai parlé plus tôt. Il est l’espoir de l’Invocadémie, bien qu’en première année, il surpasse même ceux des classes supérieures, c’est un peu le petit génie. Outre son air légèrement supérieur, il garde beaucoup de mystère ce qui le rend… mystérieux ? Est-ce le nouveau Sasuke ?!

 

 

Et côté dessin, que cela donne-t-il ? Eh bien… Je n’ai pas de planches particulières qui me viennent en tête, à part peut-être celle où la gueule de Moon arrive devant le visage d’Hineto qui est assez sympathique à l’œil, ou également vers le début, là aussi avec Moon, il y a quelques doubles planches plutôt jolies (toutes ne sont pas en extrait rassurez-vous !). Sinon, on a un chara-design propre à l’auteur que je trouve tout de même attrayant. Leurs uniformes aussi, Kiri Gunchi a apporté un soin particulier où il détaille même à la fin du tome des petites infos dessus. On a notamment l’ajout du “porte call quill”, un petit détail qui a de l’importance je trouve.

Pour ce qui est des décors, ce n’est pas spécialement détaillé, par contre ils sont souvent présents, vous ne verrez pas vraiment de pages blanches ce qui est appréciable.

 

En fin de compte, je suis dubitatif sur ce titre. Sans parler de certaines choses qui m’ont gêné dans ma lecture comme les noms et autres détails, c’est la longueur de la série qui me fait le plus peur. Je suis curieux de savoir ce que donne la suite et la fin du manga mais mon instinct me dit que j’affirmerais sûrement quelque chose du genre : c’est ce que je pensais, une petite série qui se lit toute seule mais que je ne relirais probablement pas.

Si le titre avait fait ne serait-ce que le double de tomes, j’aurais été, je pense, moins « frileux » quant à la suite, l’auteur aurait pu approfondir l’histoire et se démarquer. Là, on serait plus proche du petit spin-off d’un autre Shônen avec, bien que beaucoup de choses créées par l’auteur, beaucoup d’inspirations diverses qui le noient un peu dans la masse.

Je vous invite tout de même à vous faire votre propre avis sur ce titre qui n’est pas à mon goût, mais peut être au vôtre !

 

H.

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