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Nos c(h)oeurs évanescents

Sans langue de bois,

le chant abreuve

leur âme

 

Nos c(h)œurs évanescents est un Seinen de KAMATANI Yuhki. La version japonaise sortie en 2010 comprend un total de 8 tomes, pour 5 tomes actuellement disponibles en France grâce aux éditions Akata. Ce titre apparaît dans la collection Medium, il est donc assez accessible malgré des thèmes parfois plus durs.

L’auteur est également connu pour le manga Nabari dont il y a eu une adaptation en anime. Le dernier titre en date de l’auteur mais qui nous est parvenu avant en France est le fameux Eclat(s) d’âme.

Un jeune garçon hyper-sensible du nom de Yutaka Aoi possède une voix cristalline angélique. C’est en rentrant au collège qu’il décide de tenter sa chance dans la chorale. Malgré ses qualités incontestables, il sera difficile pour lui de se faire une place dans un groupe dont les besoins et les personnalités divergent. Réussira-t-il à imposer son style et à interpréter une partie habituellement confiée aux femmes ?

J’apprécie beaucoup les œuvres centrées sur la musique car en réalité c’est très souvent axé sur les sentiments, les émotions, que ce soit à travers des personnages ou bien de la musique grâce à la voix ou aux instruments. Ici c’est clairement la voix qui prime via le personnage de Yutaka Aoi. C’est encore un petit garçon au corps frêle mais les notes qu’il va envoyer grâce à sa voix cristalline vont marquer tout un tas de gens. Il se distingue immédiatement de ses camarades surtout qu’il se retrouve dans la partie où se sont habituellement les filles qui chantent.

Dans cette disposition là, on va tout de suite avoir plusieurs avis divergents. Entre ceux qui sont enthousiasmés de l’avoir et qui sont sous le charme de son timbre soprano et les réticents qui n’aiment pas trop la venue d’un garçon pleurnichard dont la voix ne peut pallier au manque de grave dont souffre le club.

Il est vrai que ce n’est pas un élève comme les autres et il n’est pas forcément facile à vivre dû à son hyper sensibilité. Pour lui, les sons sont un univers à part qu’il ne peut ignorer, tous ces sons peuvent influer grandement sur lui, ça peut aussi bien le rendre joyeux, calme, que le rendre triste. Il lui arrive très régulièrement de pleurer au beau milieu d’une chanson comme on peut le voir dès le début du premier tome lors de la découverte de la chorale. Ça le rend unique et ça lui donne un certain charme, mais évidemment comme toute singularité, cela peut aussi être jalousé ou détesté.

 

 

On va avoir un peu de tout ça dans ce tome, et c’est intéressant de voir justement comment cette union qu’est la chorale peut aussi être compliquée à gérer au vu des différences malgré une passion commune. Il n’est jamais simple de faire coexister plusieurs personnes et Aoi ajoute  vraiment une différence claire et nette qui a son poids dans la balance. Poids qu’il n’est pas en mesure de supporter et qui finit par le faire craquer comme on le voit vers la fin du premier tome dans une superbe scène que je vous laisserais aller lire par vous même. En même temps qu’il oscille entre différentes humeurs et émotions, nous faisons de même en tant que lecteur. Par ailleurs, je souhaite grandement une adaptation en anime ou en film, je pense que ça pourrait être vraiment intéressant à voir et passionnant d’observer l’interprétation du personnage d’Aoi.

 

“Tu as déjà vu quelqu’un comme lui jouer avec les sons sans aucune honte ?”

– Machiya Midori.

 

J’aimerais également beaucoup en savoir plus sur les autres personnages. Pour l’instant nous nous sommes presque entièrement consacré à notre protagoniste Yutaka Aoi mais en découvrir plus sur des personnes comme Machiya Midori ou Tomoya pourrait s’avérer fort sympathique ! Ce dernier notamment est devenu ami avec Aoi et m’intrigue. On le rencontre pour la première fois en le surprenant en train d’observer la chorale en ayant grimpé sur un grillage. Je trouve qu’il faut avoir un gros intérêt pour le faire sinon à la limite on s’arrête quelques secondes pour écouter mais on n’escalade pas. Il serait intéressant d’en savoir plus sur lui et même sur beaucoup d’autres.

Le président et la vice présidente sont très investis et sérieux, ils n’hésitent pas à prendre les choses en main alors que le professeur responsable d’eux est un véritable tire-au-flanc. Ce sont deux bons personnages mais je veux en apprendre plus! Nous avons d’autres camarades avec des grandes gueules par exemple qui n’hésitent pas à dire haut et fort ce qu’ils pensent.

Il n’y a pas que pour les élèves que l’on veut en voir plus. La mère de Yutaka Aoi est un personnage fort. Elle prend grand soin de son fils, elle est toujours là pour lui, elle donne son maximum pour qu’il se sente bien. Elle le console quand il le faut, elle lui laisse la liberté dont il a besoin, elle est en soi une mère parfaite et une femme forte. Surtout que pour l’instant on n’a aucune mention d’un père. Est-ce dû à une séparation ? Ou d’un décès ? C’est un mystère. En tout cas, elle a l’air de l’avoir élevé seule pendant de longues années probablement et ils viennent tout juste d’emménager dans une nouvelle ville avec une maison qui ne se situe pas très loin de la mer et qui est riche en nouvelles sonorités.

Côté dessin, nous sommes servis ! C’est beau, c’est même très beau, les moments de chant sont tout simplement sublimes et on se sent envahit par ces sons inaudibles comme Aoi qui lui, les entends parfaitement et est plongé dans cet océan sonore qui le déconnecte de la réalité pendant quelques instants.

 

 

En finalité, si vous aimez les mangas de musique, celui-ci est fait pour vous. En plus cela se déroule dans une chorale, c’est pas toujours ce qui est le plus mis en avant, habituellement cela passe bien plus par les instruments, là non c’est vraiment centré sur la voix, et avec ce protagoniste qui possède cette sensibilité là, cette pureté, c’est très agréable. On arrive facilement à s’imprégner de tout et à s’imaginer tout ça avec le son que ça pourrait dégager, c’est vraiment une bonne œuvre de ce point de vue. Il est arrivé tard chez nous, 10 ans après mais ça n’a pas pris une ride !

Je ne peux que vous le conseiller, ça se finit  en 8 tomes nous en sommes déjà à plus de la moitié alors n’hésitez pas, surtout si vous êtes fans du genre et même ceux qui ne sont pas habitués aux mangas de musique, allez-y, si vous aimez tout ce qui est plutôt émotionnel, vous allez aimer Nos c(h)œurs évanescents !

H.

 

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