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Kaiju No.8

Monstre &

compagnie

 

Kaiju No.8 est un Shônen écrit et dessiné par Naoya Matsumoto. L’œuvre est toute récente même au Japon avec sa publication en 2020 et quatre tomes à son compteur. En France, c’est en Octobre 2021 que nous accueillons ce titre grâce aux éditions Kazé.

 

Hibino Kafka, quand il était petit, rêvait de faire partie de l’unité de défense visant à se battre contre les Kaiju avec son amie Mina Ashiro. Malheureusement rien ne se passa comme prévu. Âgé désormais de 32 ans, il s’occupe du nettoyage des corps de ces monstres que Mina tue généralement. Il vit une vie amer rongé par le regret d’avoir échoué et d’avoir abandonné son objectif. Mais l’arrivée d’un nouvel employé dont il aura la charge et de quelques mésaventures vont tout faire basculer…

Vous en aviez peut-être déjà entendu parler avant même son annonce en France, il faut dire qu’il a connu un départ explosif. Tout comme Kafka va marquer son monde, Kaiju No.8 va assurément marquer le marché du manga et ce, grâce à cette histoire qui ne manque pas d’aplombs !

 

 

L’histoire nous met rapidement l’eau à la bouche avec la mort d’un Kaiju par la troisième division et s’enchaîne par le moment bien moins glorieux, le nettoyage ! C’est comme ces tours avec les cartes ou les billets, c’est beau mais y’a toujours un moment où quelqu’un doit ramasser tout ce bazar, et ça, c’est le rôle de Kafka. Lui qui a raté les examens pour devenir un tueur de Kaiju, se voit les nettoyer, c’est en soit le métier qui se rapproche le plus de ces bêtes, qui s’en rapproche même peut-être un peu trop. Il fait avec mais cela ne lui convient définitivement pas, il voulait se battre aux côtés de Mina, non pas dans les intestins d’une immonde créature !

C’est là que l’arrivée de Ichikawa Reno change la donne. Il était en un sens comme lui, il voulait se battre contre eux, mais contrairement à notre héros, lui n’avait choisi ce métier que pour s’en approcher, et il n’a aucunement l’intention d’abandonner son rêve. C’est ce qui va motiver Kafka à retenter sa chance. Désormais, ils seraient deux à s’entraider pour passer l’examen. Mais bien évidemment, si une situation à l’air de se débloquer à un endroit, c’est que c’est en train de coincer ailleurs ! À partir de ce moment précis, les problèmes vont s’enchaîner, ce qui va à la fois compliquer les choses et d’un autre côté ouvrir de nouvelles possibilités à notre protagoniste.

De cette façon, l’histoire va prendre un tournant et cet élément déclencheur va poser tout un tas de mystères. Par ailleurs, cela n’est pas sans rappeler Fire Force et Jujutsu Kaisen, alors attention ce n’est pas négatif, il y a des similitudes mais ça se répercute de manière positive sur l’œuvre. Pour Jujutsu Kaisen, ce sera plutôt sur la manière dont le personnage principal va changer qui vous y fera un peu penser, en fin de compte avaler reste toujours aussi important, et ça même Midoriya Izuku l’avait bien compris dans My Hero Academia

 

 

 

 

Quant à Fire Force, c’est surtout par l’examen qu’on va ressentir une approche similaire, en effet qui dit examen dit… imprévu, et ça on y est habitué. Mais ici la formule fonctionne toujours aussi bien, l’auteur a su rendre ce passage palpitant et ce, grâce à plusieurs éléments. Le premier et c’est celui qui sera le plus mis en avant ; les personnages. Forts caractères et fortes impressions, on les remarque directement et ils sont tous présentés comme étant des candidats ayant un haut potentiel. On pensera surtout à Shinomiya Kikoru, la tsundere dans toute sa splendeur !

Le deuxième point, c’est les épreuves, elles sont simples, efficaces et peu nombreuses, on ne va pas leur demander des choses farfelues, simplement beaucoup de physique !

Et le troisième point suit le même cheminement, la durée ! Ne vous attendez pas à un examen durant approximativement quelques décennies, on va droit au but et malgré ça, Naoya Matsumoto a su y incorporer une touche de mystère ! C’est là que l’image de Fire Force vous viendra peut-être en tête, à la différence qu’ici, cela a tout l’air d’être le grand méchant de l’histoire qui y fait son apparition permettant encore une fois d’épaissir le côté mystérieux.

C’est là finalement que l’auteur arrive à utiliser des idées intéressantes que l’on a déjà vu ailleurs pour les remanier à sa sauce et ça marche incroyablement bien. Malgré les comparaisons que j’ai faites, on ne le ressent pas comme une copie, Kaiju No.8 possède son identité propre ce qui le rend excellent.

En parlant d’excellent, le duo que forme Kafka et Ichikawa Reno l’est ! Le principe du manzai y est incorporé, Kafka faisant office de Boke et Ichikawa du Tsukkomi (pour ceux que ça intéresse, on a parlé plus en détails du manzai dans la critique de Durarara). La relation est donc un plaisir à observer et nous fait bien rire par cet humour simple mais terriblement efficace !

Kafka est chef dans l’unité de nettoyage, il est plus âgé mais il n’agit pas pour autant en tant que tel ! Il est au fond plutôt enfantin, on le voit à sa façon d’accueillir le nouveau et à sa manière de se “battre” contre ses rivaux, il gère assez mal ses émotions, il est en soit l’exemple typique de la personne qui a beaucoup perdu en ayant abandonné son rêve. De ce fait, en dehors de son physique, ce n’est pas moralement que nous allons ressentir son âge. En tout cas, j’apprécie grandement le fait d’avoir un protagoniste aussi âgé, cela nous change des mineurs habituels bien que l’auteur reprenne une recette initiale plus souvent utilisée avec des adolescents.

Ichikawa Reno, le nouveau venu qui va faire pousser des ailes au héros ! Il est persévérant, obstiné, ambitieux et à la fois très terre à terre, surtout lorsqu’il s’agit de Kafka. Il a un fort sens du devoir et des responsabilités, de ce fait, il sait prendre de bonnes décisions au moment venu, même si cela peut le mettre en danger, il fera tout pour arriver à ses fins. Malgré le fait qu’il agit souvent pour servir ses objectifs, il n’en reste pas moins gentil et serviable. De plus, c’est une personne fiable qui est restée auprès de Kafka même lors de sa transformation.

 

 

 

“C’est pas la question ! Si je me tirais en vous plantant là… Je serais pas digne d’intégrer les forces de défense !!”

– Ichikawa Reno.

 

 

Shinomiya Kikoru, n’est pas mal dans son genre également. Si elle est d’abord présentée comme une tsundere prétentieuse, on en apprend rapidement plus sur elle ce qui nous donne envie de la connaître plus en profondeur. Elle est certainement un allié de poids pour Kafka dont elle connaît désormais le secret…

Plusieurs autres personnages sont présentés et il y a un peu de tout, notamment un qui est très intéressant mais je vous laisse découvrir tout ça par vous mêmes !

 

 

 

Pour la partie visuelle de l’œuvre, il n’y a pas grand chose à y redire, c’est très joli ! Plusieurs planches sortent vraiment du lot et sont des plus plaisantes.  À côté de ça, nous avons aussi certains moments avec des expressions faciales juste magiques ! Vous passez d’un “ouah” stupéfait à un éclatement de rire d’une case à l’autre, c’est génial.

 

 

En conclusion, l’auteur a fait un coup de génie en reprenant de bons éléments des derniers Shônen tout en les remaniant à sa sauce, et après 1h de lecture, on ne peut qu’approuver le résultat. C’est beau, c’est bon, on a la recette du succès, des personnages attachants, drôles, forts, des ennemis variés avec un méchant mystérieux et super intrigant en haut de la chaîne, on ajoute à ça le protagoniste qui se démarque de ce qu’on a déjà vu avec des combats rappelant parfois One Punch Man et on peut difficilement faire plus captivant pour ce genre de Shônen.

Est-ce qu’il ira aussi loin que ses concurrents directs ? À voir, c’est encore un peu tôt pour le dire au vu du peu de volumes actuellement sortis au Japon, par contre pour son démarrage, celui-ci a été historique au pays du soleil levant, il ne manque plus que le même succès dans nos contrées !

 

H.

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