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Green Blood

Du sang, de la

sueur et des

larmes…

 

Green Blood est un Seinen écrit et dessiné par Masasumi Kakizaki, connu notamment pour l’excellentissime Rainbow. Il est édité chez nous par Ki-oon entre 2013 et 2014 en ceci en 5 tomes.

À Manhattan, au quartier de Five Points sont rassemblés tous ceux dont le rêve américain n’est plus qu’un cauchemar et où seule la mort y mettrait fin. Dans cet environnement sombre et féroce, Luke Burns tente d’y vivre avec ses principes et sa bonne conscience en restant le plus honnête possible. Mais dans ce monde si miteux, son frère aîné Brad, n’a d’autres choix que de continuer dans l’illégalité, et son travail est très loin d’être réjouissant…

Nous avons là un contexte historique fort intéressant avec cette vague d’immigration en direction des Amériques, qui est vu comme un Eldorado à cette période, pour y vivre le fameux “rêve américain”. C’est un passage de l’histoire qui a été pas mal utilisé dans diverses œuvres et notamment la désillusion une fois arrivé là bas.

Ici on nous dépeint quelque chose d’encore plus sombre puisque notre protagoniste, Brad Burns est un assassin très craint, connu sous le nom de Grim Reaper. Il est au service d’un des pires gangs de la ville les Grave Diggers. C’est en progressant dans une guerre de gang que Brad, alias Grim Reaper, va chercher à sortir son frère de cet enfer et à retrouver leur père qu’il déteste au plus profond de lui.

 

 

Brad se fait sans cesse sermonner sur le fait qu’il ne travaille pas, qu’il ne fait pas d’efforts, il est comparé à son frère qui, lui, fait tout pour gagner sa croûte dignement. Cela ne doit pas être facile pour lui au vu du nombre de sacrifices que cela lui coûte.

Il est d’une nature plutôt calme, une force tranquille qui a suffisamment de patience pour laisser sa vengeance à plus tard afin de ne pas détruire ce qu’il a eu du mal à construire. C’est un personnage qui ne sourit qu’à de rares occasions et ces dernières sont avec son petit frère, seule raison pour lui d’avoir un soupçon de bonheur.

Il est un peu une sorte de Batman, personne ne connaît sa véritable identité, enfin presque. Il a certes les mains plus sales mais une chose est sûre ; il tient à protéger son frère cadet de ce milieu coûte que coûte et pour ça il ne doit pas dévoiler sa double vie, un mal pour un bien pourrait-on dire.

Luke quant à lui travaille d’arrache pied de façon honnête, il se fait exploiter pour seulement 50 cents par jour mais malgré ça il continue de croire et d’espérer une vie meilleure. Aussi sordide soit le monde qui l’entoure, il garde une certaine pureté en lui, une douceur ainsi qu’un brin de naïveté. Mais comme on dit ; l’espoir fait vivre et ça, il l’a bien compris !

En un sens il est assez incroyable, beaucoup d’autres seraient abattus à sa place mais lui il reste debout, fidèle à ses principes et c’est beau. C’est d’ailleurs grâce à ce côté là que son frère Brad peut tenir malgré toutes ces horreurs et ça rend leur relation encore plus attractive.

Ces deux frères sont très intéressants car si d’un point de vue extérieur ils paraissent éloignés comme le souligne leur locatrice, dans le fond ils sont faits du même bois. Tous deux souhaitent sortir de ce bidonville et enfin vivre la vie paisible qu’ils ont tant convoitée.

Ils n’aiment pas ce qu’ils font mais ils prennent leur mal en patience et se battent pour atteindre leur but. C‘est une belle fraternité.

 

Brad sait qu’il n’y a pas de salut pour lui. Il ne songe pas un seul instant à obtenir le pardon de Dieu en confessant ses crimes. Quand il va à l’église, il ne prie que pour une chose : retrouver le seul homme qu’il a vraiment envie de tuer et l’emporter avec lui en Enfer…

 

Green Blood possède des dessins sublimes. Le côté sombre est retranscrit à merveille, et que dire de cette violence à l’état brute. “Ssssplendide” c’est ce que j’ai envie d’acclamer face à cette œuvre. Et ça, c’est sans parler de certaines planches qui ont été particulièrement soignées, c’est un très gros point fort de la série.

Ces dessins, en plus d’être beaux, participent vraiment à l’ambiance de l’œuvre, l’atmosphère créée par les jeux de lumière et le trait de l’auteur rend vraiment honneur à l’univers.

Par ailleurs, on voit une différenciation nette entre le jour et la nuit. La journée, Brad peut voir son frère, lui parler, la luminosité est plus douce. Alors que la nuit quand il doit sortir travailler c’est une nuit complète, aucune lumière n’est laissée paraître, même la lune ne semble pas éclairer ce bidonville comme si la seule véritable lumière pour Brad, sa seule véritable échappatoire, se trouvait en Luke. Bien sûr c’est de l’interprétation mais j’aime bien voir ce côté indispensable l’un à l’autre des deux frères.

 

 

Oui, Green Blood a quelques années chez nous c’est un fait, mais je suis sûr que parmi vous il y a des personnes qui sont passées à côté et si c’est le cas je vous le dis… c’est un oui ! Oui cette série vaut le coup. Oui aux personnages bien écrits. Oui aux dessins juste magnifiques. Oui à l’histoire qui se passe à une période peu utilisée par les mangakas. Et puis ce n’est qu’en 5 tomes, suffisant pour y raconter pas mal de choses sans non plus vous embarquer dans une série trop longue que vous pourriez avoir du mal à compléter.

Si vous avez l’occasion de vous le procurer, profitez-en, même 8 ans après il vaut toujours le coup d’être lu !

H.

 

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