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À Quoi tu Joues, Ayumu?


Entre séduction 

et promotion~

 

À quoi tu joues, Ayumu?! est un Shônen de Soichiro Yamamoto. Publié au Japon en 2019, qui possède à l’heure actuelle 12 tomes et est toujours en cours. En France, ce sont les éditions Nobi Nobi qui s’en occupent en nous proposant le premier volume en ce début de mois de Septembre 2022. Il est traduit par Thibaud Desbief qui était également chargé de la traduction de Quand Takagi me taquine.

 

Yaotome Urushi est une lycéenne passionnée par le shogi. Pour l’accompagner dans son jeu bien qu’elle n’ait pas de club officiel, Tanaka Ayumu prend place dans une salle inutilisée de l’établissement. Toutefois, ce dernier n’est pas là pour l’amour du shogi… Non… il a une toute autre chose en tête mais pour arriver à son but il doit absolument la battre dans les règles de l’art…

 

À noter qu’une adaptation anime est sortie pour la saison été 2022, elle est par ailleurs disponible sur ADN.

Le nom de Soichiro Yamamoto n’est pas méconnu chez nous puisqu’il est l’auteur du fameux Quand Takagi me taquine. C’est par ailleurs, sans trop de surprises, que nous resterons ici dans un registre similaire.

Eh oui, vous allez rapidement vous sentir familier à cette œuvre puisqu’on repart sur le genre de romance dans laquelle Soichiro Yamamoto excelle: Celle du jeu de séduction avec un penchant pour la taquinerie. Tout comme Quand Takagi me taquine, on reste sur un délire différent de Kaguya-sama ou bien de Arrête de me chauffer, Nagatoro. En réalité, je dirais que nous sommes sur un mix entre Takagi et Kaguya avec un mélange de taquinerie et de pousser l’autre à avouer ses sentiments -enfin ici c’est unilatéral, vous verrez-.

Pour être 100% honnête, j’ai d’abord pensé que c’était un Quand Takagi me taquine en moins bien. Mais en réalité, bien que la recette soit globalement la même, les ingrédients ne sont pas identiques, et ça, ça change beaucoup de choses (oui, je suis un fin gourmet je sais, n’en pensez pas plus).

L’histoire se passe dans un lycée mais cette fois-ci, pas de scènes dans la classe puisque nos deux protagonistes ne sont même pas de la même année ! Ils se retrouveront donc dans leur salle de club non officiel, et pas que. Vous aurez également le plaisir de les retrouver à l’extérieur avec des scènes bien différentes. Mais qu’importe où ils seront, le shogi aura continuellement une place centrale. C’est une véritable bataille où Ayumu ne cessera d’attaquer Urushi qui se défendra avec plus ou moins d’assurance.

En effet, tout part du shogi, et l’auteur Soichiro Yamamoto compte bien s’en servir de bien des manières ! Leur partie se retrouve donc parfois -voire tout le temps- être un double jeu dont Ayumu profite pour séduire sa senpai. Les formations, les déplacements peuvent être détournés et sinon, rien de mieux qu’une attaque directe avec un ou des compliments en plein dans sa face ! Le but de ces dernières est évident, faire craquer, euh tomber, le Roi, mais… Bien que Urushi ne soit pas insensible à ses avances, elle est la Reine du Shogi et de ce fait, elle reste encore inaccessible au pauvre apprenti soldat…

Mais tout comme le pion, il peut être promu, il le compte bien même. Puisqu’une fois qu’il aura réussi à faire tomber la Reine, il pourra prendre place à ses côtés pour enfin répondre à sa fatidique question.

Leur relation est donc bien différente de celle entre Takagi et Nishikata, ce qui apporte un petit vent de fraîcheur malgré tout. Cependant, je ne sais pas si c’est dû à mon affection pour Quand Takagi me taquine mais… je ne peux que le comparer constamment dans ma tête et -pour ce début- ma préférence reste vers cette série. À quoi tu joues, Ayumu?! est assurément une bonne romcom que je conseillerais aux amateurs du genre, après tout, Soichiro Yamamoto est doué pour ce genre de récit. C’est un peu comme Yoshino Satsuki et les slice of life (l’auteur de Barakamon et Slice of Life pour ne citer qu’eux), ils possèdent la recette et l’appliquent à la perfection. Alors forcément, vous aurez des mangas du mangaka que vous apprécierez plus que d’autres , mais ce seront en règle générale, toujours de très bonnes œuvres.

J’aurai donc tendance à penser que Soichiro Yamamoto réussira au fil des tomes à apporter sa touche qui rend ses romcoms si spéciales et qu’il réussira à la rendre aussi agréable à suivre que ses prédécesseurs, car pour le moment, ce premier tome me laisse un peu suspicieux quant à son rythme.

Ceci dit, ses personnages sont toujours très bons. Le personnage principal, Tanaka Ayumu, change radicalement de Nishikata. Il paraît froid à l’extérieur à cause de son visage un peu stoïque, il semble un peu méchant et peu fréquentable comme Haru Yoshida dans Tonari Kaibutsu-kun. Et pourtant, on se rend rapidement compte qu’il est au contraire plutôt sentimental et en un sens, très mignon. Il s’applique, fait des efforts, il donne tout ce qu’il a simplement pour être avec sa bien-aimée et pouvoir être “digne” d’elle.

De ce fait, il lui arrive de se comporter de manière “étrange” et peu recommandable. Après tout, sa sociabilité semble avoir des limites claires. En dehors de Yaotome, il ne parle à personne ni de personne, seule sa senpai compte pour lui.

Qui plus est, il a la faculté d’être incroyablement direct avec elle. Il ne cesse de louer ses louanges devant elle et ce, sans jamais prononcer le mot magique ! Il est fort, vraiment fort… Surtout mentalement ! Il s’est fixé un objectif digne des plus grands moines afin de ne pas craquer avant d’avoir réussi le but qu’il s’est fixé.

En tout cas, Yaotome Urushi, la fameuse senpai, n’est pas aussi patiente mentalement. Elle ne cesse de se demander s’il l’aime et elle veut absolument qu’elle le lui avoue. Sur ce point là, on n’est pas à un niveau à la Kaguya-sama, elle ne souhaite pas le piéger, elle veut simplement connaître la réponse.

Elle est d’apparence plus petite que son kohai, ça lui donne un air à la fois mignon, et « inoffensif » ce qui colle bien avec les attaques incessantes d’Ayumu dont elle est incapable de se défendre. Le moindre de ses compliments est un véritable missile lui arrivant en plein coeur *zukkyun*, et il fait mouche à chaque fois !

Mais la Reine du shogi ne l’est pas pour rien et elle n’oublie pas de le mettre au tapis après chaque raclée sur le plateau !

 

Ce type est malade ! Une attaque frontale ! […] Il repasse à la charge ?! Stop ! Ça suffit ! Il va carrément me faire craquer…

– Yaotome Urushi

 

Pour ce qui est des dessins, c’est semblable à ce que vous connaissez déjà. On reste sur le style simple de l’auteur mais qui fonctionne toujours très bien sur ce genre de comédie romantique. Nous avons donc des chara-designs sans trop de détails mais très expressifs et avec des décors eux aussi simplifiés.

Par ailleurs, au vu du stoïcisme d’Ayumu, les dessins mettent surtout en valeur Yaotome et ça se voit, puisque rien que dans le premier tome, le mangaka s’en donne à cœur joie !

Pour finir, je dirai que c’est sans surprise une agréable romcom nous venant de Soichiro Yamamoto, il sait y faire et le montre une nouvelle fois. Les personnages et la façon dont avance le manga nous changent tout de même de Quand Takagi me taquine, ce n’est donc pas un bête copier-coller rassurez-vous. Bien sûr les ressemblances et les comparaisons sont présentes, mais derrière il sera surtout question des goûts et des couleurs de chacun. Certains apprécieront plus l’un que l’autre tandis que d’autres sauront les apprécier tous les deux à leur juste valeur.

Je n’en ai pas plus parlé mais sachez que l’humour est là aussi différent, comme dit, le but n’est pas le même. Dans l’un, les deux sont amoureux et ne veulent pas se l’avouer, dans l’autre, l’amour est aussi clair que de l’eau roche, mais il faut valider les checkpoints avant d’atteindre la ligne d’arrivée. Le cheminement entre les deux n’a donc rien à voir et permet au mangaka de s’adonner à d’autres genres de comiques.

Les comédies romantiques plutôt mignonnes sont assez rares bien que le genre dans sa globalité est lui très populaire. Si vous souhaitez profiter d’une bonne romcom changeant un peu des autres mangas du même genre, vous êtes au bon endroit, elle est mignonne et plutôt rafraîchissante. La note de shogi, qui plus est, ajoute quelque chose de vraiment inhabituel, surtout dans la manière dont elle est utilisée.

À quoi tu joues, Ayumu?! c’est validé !

Sur un champ de bataille

se déverse l’amour

sans échec ni querelle

H.

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