Critiques,  Glénat,  J-K-L,  Maisons d'Edition,  Manga

L’Académie Alice

Une académie 

pas comme les 

autres

L’Académie Alice est un Shojo de Tachibana Higuchi publié initialement au Japon en 2003 jusqu’en 2013 et chez nous de 2007 à 2014 chez les éditions Glénat en 31 tomes.

 

 

Mikan et Hotaru sont deux amies d’enfance inséparables élevées dans un village à la campagne. Un jour Hotaru doit partir soudainement pour intégrer une académie à Tokyo. Pas décidée à être séparée de son amie, Mikan décide de la suivre et se retrouve devant l’Académie Alice, une école élitiste ou n’est admis qu’un genre particulier de surdoués. Mikan n’est pas au bout de ses surprises.

 

Pour commencer, c’est un des mangas de mon enfance et probablement de ceux qui ont la vingtaine ici. Même s’il commence à se faire vieux, il garde tout de même une place importante dans mon cœur de jeune fille, c’est pourquoi je n’en parlerai probablement pas vraiment avec objectivité bien que je vais essayer.

L’Académie Alice est une œuvre qui apporte de la fraîcheur dans notre vie. On y suit des enfants dans une école et ils possèdent tous un Alice, un pouvoir particulier tel des espers dans Tokyo Esp, Hamatora ou encore la série des Toaru. C’est à présent un thème qui a été beaucoup fait, et pourtant, ce titre nous offre une originalité dans le type des pouvoirs des personnages qui sont très nombreux, mais également, il nous montre ces pouvoirs dans un cadre plus détendu pour commencer, puis plus sombre par la suite, sans jamais partir dans quelque chose de super dramatique, du moins pas pour tous les personnages. Le thème est abordé avec beaucoup d’humour, on n’oublie pas que nous avons affaire au début de l’œuvre à des enfants et que donc parfois leurs maladresses touchantes nous font rire. De plus, comme il s’agit d’enfants ils ne maîtrisent pas toujours leurs pouvoirs ce qui amène à des situations un peu grotesques parfois mais qui détendent l’atmosphère. 

En outre, comme les personnages sont très jeunes, on a beaucoup de réflexions d’enfants, notamment avec Mikan que je trouve drôles et mignonnes à la fois.

 

J’ai compris! Vous êtes un homo, c’est ça?! Ooooh! C’est la première fois que j’en vois un!

– Mikan

 

On peut clairement dire que L’Académie Alice est un manga qui peut être lu aussi bien par des enfants que par des adultes, puisqu’on nous propose un avancement de scénario tout en douceur au fil de l’œuvre, mais qui mène inexorablement vers une fin plus sérieuse et néanmoins captivante. On finit par s’attacher à ce titre où l’on grandit avec les personnages (du moins c’était mon cas à l’époque de la sortie de l’œuvre) et où on se retrouve emporté.

L’auteur est plutôt doué pour créer des situations drôles et tout de même ramener du sérieux par la suite grâce à des personnages aux caractères variés. Vous y trouverez forcément votre chouchou tant il y a une diversité de personnages aux pouvoirs et agissements différents.

L’Académie Alice est un manga d’école mais également un titre d’apprentissage, puisque les personnages grandissent et progressent dans l’école, apprenant à contrôler leurs pouvoirs et également à se développer socialement auprès des autres. Croyez-moi, au vu du premier tome, cela semble difficile pour Mikan de s’intégrer alors qu’elle arrive dans cette école comme un cheveux sur la soupe, et se met une partie de la classe à dos. On peut donc dire que le premier objectif de l’histoire est de faire en sorte que Mikan soit acceptée par les autres personnes de sa classe, en plus qu’elle découvre son pouvoir. C’est vers cette optique que se tourne le premier volume, tout en mettant en place l’œuvre et en présentant des points assez cruels, comme le fait qu’on puisse utiliser les enfants dans un cadre extérieur à l’école si leurs pouvoirs sont puissants et intéressants. Quand j’ai découvert le titre j’étais plutôt jeune et je ne m’étais pas rendue compte à quel point certains aspects de l’œuvre étaient cruels et sombres. Maintenant que je suis plus âgée et que je le relis, je le remarque totalement et je me dis que L’Académie Alice est vraiment une œuvre à découvrir quand on est jeune, et à redécouvrir quand on a grandi, puisqu’on peut alors percevoir tous les détails de l’univers que l’auteur nous expose.

On a donc un premier tome qui nous permet de découvrir un peu l’univers que l’auteur met en place, ainsi qu’un début de scénario plutôt intéressant notamment avec des personnages comme Natsume dont le pouvoir peut être grandement utile pour la société. On découvre également pas mal de pouvoirs à approfondir par la suite, et je peux vous dire que vous en découvrirez bien d’autres puisque L’Académie Alice est une œuvre sur 31 tomes avec de nombreux personnages présentés petit à petit. On peut totalement dire que, si au début on semble se concentrer sur une classe aux allures enfantines, l’auteur saura prendre le temps ensuite d’étendre l’histoire sur toute l’académie. Le tome un n’est vraiment alors qu’une mise en bouche et sincèrement, si vous voulez vous détendre et en même temps découvrir un univers vaste, n’hésitez pas à vous pencher sur l’Académie Alice qui propose une panoplie de blagues et de running gag, le tout dans une histoire qui se veut par moment sérieuse et touchante.

 

Parlons maintenant un peu des dessins, ils ont pas mal vieilli et on reconnaît bien la pâte des années 2000. Je trouve qu’au moins les enfants font bien leur âge et il y a tout de même un point intéressant, c’est qu’au fil de la lecture les personnages grandissent. On a donc une évolution de leur chara design et probablement également un progrès dans les traits de l’auteur. En tout cas, pour un premier tome les pages sont très remplies, parfois même trop, au point que ça en devient parfois un peu brouillon, tout comme les scènes qui se déroulent dans ces moments-là, et on a pas mal de texte à lire. Je pense qu’on ne peut pas plus critiquer les dessins puisqu’il s’agit déjà d’un manga ancien mais en tout cas, si on a pas de magnifiques planches comme on peut en trouver maintenant, les traits de l’auteur ont leur charme et offrent parfois des expressions sympathiques aux personnages suivant les situations.

Enfin parlons du gros point fort de cette histoire: les personnages. Ceux-ci sont très variés, que ce soit par leur âge ou par leur personnalité, ou encore par leur pouvoir. L’auteur semble tout de même pour ce premier tome se concentrer sur certains d’entre eux qui seront principaux à l’œuvre comme Mikan, Hotaru, Natsume et Luca.

Mikan est une jeune fille qui pensait ne pas avoir de pouvoir lorsqu’elle est arrivée à l’Académie et le premier tome nous permet de plus ou moins le découvrir même s’il reste encore assez flou. Elle est pétillante et déterminée en plus d’être par moment pleurnicheuse comme tout enfant de son âge. C’est véritablement une petite fille adorable dont les réflexions me font souvent rire et m’attendrissent. On a parfois vraiment l’impression de voir une enfant par son immaturité, ce qui est un bon point puisque c’est ce qu’elle est, et un enfant n’est pas censé être mature comme cela est montré dans d’autres mangas.

Hotaru, elle, semble plus introvertie et précoce mais cela ne l’empêche pas de faire des bêtises. Si elle peut paraître froide par moment, on n’oublie pas qu’elle a grandi avec Mikan et tient beaucoup à elle. Je pense que son pouvoir qui semble lui conférer une grande intelligence la rend plus mature sans pour autant qu’elle ne le soit trop, puisqu’elle adore faire des sales coups. On pourrait la mettre en opposition ou en complémentarité avec Mikan puisqu’elle est calme et introvertie alors que Mikan est tout le temps surexcitée et n’hésite pas à aller vers les autres. Le fait qu’elles se retrouvent finalement dans la même école devrait leur permettre de se protéger mutuellement, mais aussi de s’intégrer plus facilement, en plus de nous offrir des scènes plutôt drôles d’amour vache entre elles deux.

 

Désolée…Mais il n’y a que moi qui ai le droit de faire pleurer cette idiote. Alors que personne ne porte la main sur elle!

– Hotaru

 

Attardons nous maintenant un peu sur les garçons avec Natsume et Luca. Ils semblent tous les deux bien plus sombres et sont probablement les déclencheurs du scénario plus sérieux que peut nous faire entrevoir l’auteur dans le tome 1. Natsume ne sourit jamais et paraît être avec Luca le caïd de la classe. Il n’hésite pas à faire souffrir et on sait d’emblée que son pouvoir, si utile à la société, est un lourd fardeau pour lui. Luca quant à lui est un garçon qui est touché par les difficultés qu’affronte Natsume et qui veut le soutenir, même si sous ses airs froids il a en vérité une âme d’enfant. Les deux peuvent également être mis en opposition ou en complémentarité puisque d’un côté on a un personnage triste et sérieux dont le pouvoir est fait pour détruire, et de l’autre un personnage plus léger qui veut le soutenir et le protéger, dont le pouvoir peut permettre d’aider aussi bien les Hommes que les animaux.

Il y aurait bien d’autres personnages à détailler en plus d’avoir de nombreuses autres choses à dire sur ces quatre là, et je sais que certains sont plus présentés dans d’autres tomes, je ne vais néanmoins pas m’attarder plus dessus et vous conseiller plutôt d’aller les découvrir par vous-même.

 

En conclusion on peut dire que L’Académie Alice est certes une œuvre des années 2000 au dessin bien de l’époque, mais elle nous présente un univers fascinant où l’on voit les personnages grandir et apprendre. C’est une œuvre qui peut avoir une double lecture selon votre âge et qui peut donc aussi bien être lue par un enfant que par un adulte. C’est également un titre assez léger pour vous détendre, et qui sait parfois faire progresser son scénario avec plus de sérieux. Enfin, rien que pour la myriade de personnages et de pouvoirs que l’auteur nous propose, L’Académie Alice vaut le détour, d’autant qu’il fait 31 tomes et a donc bien des choses à nous raconter. N’hésitez pas à vous plonger dedans puisqu’il est toujours trouvable en neuf mais également d’occasion, donc le coût ne sera pas aussi élevé que vous ne le pensez et franchement, c’est un classique des mangas avec des personnages à pouvoirs qu’il ne faut pas louper.

L.

4 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *