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Ajin

Quand l’humain et

l’inhumain

s’entremêlent…

Ajin est un Seinen écrit par Miura Tsuina et dessiné par Gamon Sakurai. Ce titre est sorti en 2012 au Japon et est fini depuis Mai avec son 17e tome. En France, ce sont les éditions Glénat qui s’en occupent depuis 2015 et le dernier volume vient tout juste de paraître.

Nagai Kei est un lycéen tout ce qui a de plus normal avec l’ambition de réussir en faisant de grandes études en médecine. Toutefois un jour, alors qu’il sort des cours et a un peu l’esprit ailleurs, il se fait renverser par un camion. Le choc est violent et des morceaux de son corps gisent au sol et pourtant il se relève miraculeusement. C’est à ce moment que ses camarades, que les témoins, que le Japon et lui-même découvrent qu’il est un Ajin. Un être immortel découvert pour la première fois en Afrique il y a 17 ans, année de sa naissance… Se joue désormais une fuite pour sa survie dans un monde qui ne lui veut plus que du mal.

Ajin est un très gros morceau qui a connu un franc succès, notamment au Japon où il a remporté de nombreux prix ne serait-ce qu’avec son premier tome. C’est donc une œuvre importante qui s’est terminée aussi bien dans son pays d’origine que chez nous. Malgré ça, sa fin ne justifie pas que l’on ne s’y intéresse plus, loin de là. Il est désormais temps de se réattaquer à ce manga qui mérite sincèrement de s’y pencher !

Ce titre a également connu une adaptation anime dont vous avez peut être déjà entendu parler et pas forcément qu’en bien à mon grand désespoir. En effet, Ajin fut l’un des premiers animes à utiliser intégralement de la 3D pour son adaptation et à l’époque ce dernier souffrait d’une faible image par seconde qui pouvait déranger si l’on y était pas habitué. Mais grave erreur de s’arrêter là car la suite vaut vraiment le coup d’œil et l’on s’habitue finalement plutôt bien au style de l’anime !

Bon ceci dit, c’est le manga le sujet du jour et croyez-moi, il mérite sa popularité, si ce n’est plus.

L’auteur amorce l’histoire en présentant ce que sont les Ajin mais surtout en montrant les horreurs que les humains leur font et le dédain voire le mépris à leur égard. Ces derniers ne sont pas considérés comme des humains, ni même comme des animaux, il s’agit de proies, de sujets, ils n’ont le droit à aucune considération et pourtant il n’y a que peu de chose qui les différencie des humains. En dehors de leur immortalité et de quelques capacités un peu particulières, ils sont en tout point similaire à l’Homme.

Cependant cette similitude, bien que positive pour se cacher, se retourne en un sens contre eux, car leur proximité avec l’être humain apporte un plus grand dégoût qu’autre chose. Il s’agit d’un phénomène que l’on connaît aussi avec l’intelligence artificielle qui est appelée Vallée dérangeante ou bien Vallée de l’étrange. C’est une théorie qui dit que plus un robot androïde est similaire à un humain, plus les imperfections qui en ressortent paraissent monstrueuses. C’est un peu ce qui se produit avec les Ajin d’une certaine manière. C’est d’ailleurs quelque chose qui est traité dans un light novel du nom de Détective Ai publié par Lanovel édition et qui est un titre qui aura prochainement le droit à sa critique !

 

 

Tout ceci conduit donc à la chasse aux Ajin et à une batterie de tests faits contre leur gré. Et quand on parle de tests, il ne s’agit pas simplement de réaliser quelques actions pour voir leurs différences mais plutôt de les brutaliser et de les tuer encore et encore afin d’en apprendre plus sur leur soi-disant immortalité. De ce fait, les Ajin victimes des chercheurs se voient mourir en boucle alors qu’ils ressentent tout de même la douleur, car oui, être immortel ne signifie pas ne rien ressentir.

On a donc rapidement cette opposition entre humain et inhumain d’un point de vue biologique mais également psychologique. Si un Ajin n’est pas considéré comme un humain, est-ce que la barbarie causée par l’homme ne peut pas être quant-à elle considérée comme inhumaine ? Et si ces actes-là peuvent être jugés comme intolérables, qui des deux est un monstre et qui doit avoir peur de qui ?

Lors d’un cours au début du tome, le professeur qui parlait des Ajin précisait qu’il n’y avait eu aucune victime humaine de la part de ces êtres. Inversement, un bon nombre d’Ajin connus sont eux prisonniers d’une mort éternelle.

 

“Un Ajin… C’est quoi, au juste ?

–  Aucune nation n’a pu l’établir. Mais la Terre entière cherche à le savoir.“

– Discussion entre Tosaki Yû et un inspecteur de police.

 

En ayant ça dans un coin de sa tête, on ne pouvait qu’être en colère lorsque la vérité sur Nagai Kei a éclaté au grand jour. Tous, même ses plus proches amis ou sa famille se sont retournés contre lui alors que depuis 17 ans ils vivaient en parfaite harmonie. Notre protagoniste n’a, qui plus est, rien caché car lui-même puisqu’il n’avait pas conscience d’en être un ce qui nous donne encore plus de raisons de nous mettre de son côté dans sa quête de liberté.

Par ailleurs, j’ai dit que tous ses amis s’étaient retournés contre lui mais ce n’est pas exactement le cas. Kaito, un jeune garçon étrange n’a pas hésité à tout faire pour le sauver en toute âme et conscience. Il a beau savoir que c’est un Ajin, il le considère toujours comme un humain et le lui dit ouvertement sans sourciller ! On peut dire que c’est son meilleur bro et ça fait plaisir à voir surtout qu’actuellement tout va à l’encontre de notre protagoniste.

Enfin tout… Ou presque. Satô… Vous avez peut-être déjà entendu son nom et c’est normal car il est considéré comme un antagoniste très charismatique. Enfin, vous n’allez voir qu’un tout petit bout de ce personnage dans le premier tome, il faudra attendre un peu avant d’en apprendre plus à son sujet ! En tout cas, ce dernier va tenter de prendre contact avec Nagai Kei bien que ses intentions soient floues…

 

 

Pour l’instant on va pouvoir plus s’intéresser à deux autres personnages qui sont pour le moins tout aussi intrigants. Il s’agit de Tosaki Yû et de Shimomura Izumi. Ils travaillent tous deux ensemble sur les affaires concernant les Ajin. Il y a déjà une révélation sur l’un d’eux par ailleurs qui nous fait poser au final plus de questions qu’elle nous offre de réponses, mais donne le change sur l’histoire qui se complexifie encore un peu. Ces deux-là sont comme à peu près tout le monde, à la recherche de notre protagoniste. Tosaki semble froid et garde toujours ses distances. Il prend son rôle à cœur et ne laisse rien le perturber, de ce fait il peut paraître antipathique et pas très avenant. À l’inverse de Shimomura qui est plus renfermée sur elle-même mais qui va de ce fait paraître plus gentille et plus facilement approchable. Elle est un personnage récurrent qui possède un bon nombre de secrets tout comme son supérieur Tosaki. Leur relation est assez formelle mais on ressent par moment des sentiments différents qui pourraient presque s’apparenter à une relation maître-élève.

Pour ce qui est des dessins, ils sont vraiment agréables à voir. Les décors sont bien présents et beaux. Les personnages eux, possèdent un chara-design qui ne plaira peut être pas à tout le monde, mais personnellement je le trouve très plaisant et bien détaillé notamment au niveau des yeux qui sont sublimes ! Pour ceux qui avaient été gênés par l’animation, ici au moins vous n’aurez plus ce ressenti.

 

En conclusion, je ne peux que vous le conseiller. L’univers mis en place est complet, complexe, et très intrigant. Ce manga brille autant par son récit poussé que par ses personnages attrayants et remplis de mystère que par son aspect esthétique marquant. Nul doute que cette œuvre ne vous laissera pas indifférent et maintenant qu’elle est finie, vous pouvez vous en donner à cœur joie pour la dévorer sans en rater une miette.

De plus, pour les personnes ayant visionné l’anime, le manga est l’occasion pour vous d’aller plus loin dans cette licence et d’en connaître le dénouement.

 

H.

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