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Komi cherche ses mots

Cherche mots

ou ami(e)s

pour mieux

se sentir ~

Komi cherche ses mots est un Shônen de Tomohito Oda. Prépublié depuis Mai 2016 au Japon, il compte 25 tomes reliés toujours en cours. En France, c’est sans grande surprise que les éditions  Pika s’en occupent et nous proposent les deux premiers tomes de la série en ce début de mois de Juillet 2022.

 

Tadano Hitohito est juste un garçon basique qui s’est tout de même retrouvé dans le prestigieux lycée privé Itan. C’est ici qu’il fera la rencontre de la belle et élégante Komi Shouko, seule autre caractéristique qu’il remarquera à ses dépends: elle ne répond pas et arbore un visage austère qui ferait peur à plus d’une personne ! Cependant, ce n’est absolument pas par choix et Tadano comprendra très vite qu’elle est loin d’être celle qu’elle laisse paraître…

Et oui, dans Komi cherche ses mots, il est question de trouble de communication et de phobie sociale (ou encore trouble d’anxiété sociale), c’est quelque chose qui touche 10 à 20% de la population, qui agit sur différents points et entraîne une difficulté à socialiser. Il est important de ne pas confondre ça avec une grande timidité, c’est encore autre chose et surtout cela va bien plus loin. Je n’irai pas plus dans les détails, il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet mais je vous laisse vous renseigner de votre côté si vous souhaitez en savoir plus.

Tomohito Oda aborde un sujet qui peut-être difficile mais il le fait avec légèreté et humour. N’imaginez pas une morale trop présente qui catégoriserait le manga de documentaire, l’auteur a plutôt choisi de faire passer ses messages via des situations du quotidien (pour un étudiant) en ajoutant une touche d’humour pour dédramatiser le tout.

C’est habilement réalisé par l’auteur qui sensibilise aux troubles d’anxiété tout en faisant passer de superbes moments à ses lecteurs. Allier les deux, ce n’est pas évident, nous sommes plus habitués à des mangas difficiles à lire comme dans le choix éditoriaux d’Akata par exemple.

Le parti pris d’en faire un manga plus accessible, c’est qu’en dédramatisant on se retrouve à ne pas toujours capter l’intégralité du problème et parfois, inconsciemment réduire la portée qu’un trouble de l’anxiété peut avoir. Disons qu’après avoir rigolé d’une scène, il faut aussi se mettre à la place du personnage qui souffre du problème -principalement Komi dans ce premier tome- afin de se rendre compte, ne serait-ce qu’un petit peu, de l’étendu de la chose.

C’est là qu’intervient Tadano, il est le premier à avoir été au courant des problèmes de communication de Komi et après avoir échoué à fuir, il a décidé de l’aider en réalisant son rêve, celui d’avoir 100 amis.

Tadano est un gars lambda qui, afin de s’intégrer au mieux, a décidé de vivre dans la moyenne en  se faisant remarquer le moins possible, lui permettant ainsi de s’adapter aux autres sans jamais se mettre en avant. Lui n’a pas véritablement de troubles comme beaucoup d’autres de l’établissement, il a surtout beaucoup d’empathie et par extension, une bonne lecture de l’ambiance générale. C’est grâce à ça qu’il a vite compris les soucis de Komi, ce n’est cependant pas ce qui l’a aidé à ne pas se faire prendre pour cible par les adorateurs de Komi…

Tadano est vraiment loin de ses peines car en plus de pouvoir dire adieu à sa vie de lycéen tranquille sans aucune vague, il est plus loin qu’il ne le pense pour réaliser le rêve de sa camarade. Car, outre les difficultés de Komi qui ne vont clairement pas se régler d’un claquement de doigts, ce n’est pas la seule à avoir des soucis du genre, ce qui pose un constat clair, trouver autant d’amis est une autre paire de manches !

 

 

Je vous ai dit que ce manga était bourré d’humour, et cela aurait pu être compliqué si cela ne tournait qu’autour de Komi. Pour adoucir le tout et rendre le sujet plus soluble, Tomohito Oda a pris soin d’ajouter quelques personnages aux personnalités toutes plus singulières les unes que les autres ! Ce n’est pas forcément des troubles d’anxiété cependant, nous avons un peu de tout et c’est ces différences qui vont animer la série comme jamais. Dans le premier tome seulement deux seront clairement présentés mais d’autres apparaissent déjà.

Je pense par exemple à Osana Najimi, une amie d’enfance de notre protagoniste Tadano, mais elle aussi l’amie d’enfance d’à peu près tout le monde. C’est une blague à elle seule et un bon trouble-fête. Elle est l’exemple typique à ne PAS reproduire si vous connaissez quelqu’un comme Komi, elle est amusante dans l’histoire mais en réalité elle serait certainement sa pire ennemie !

Cette dernière est l’inverse même de Komi, son opposé parfait puisqu’elle est incroyablement sociable, à tel point que c’en est presque inhumain de pouvoir l’être autant !

Agari par contre est l’une des plus proches de notre héroïne, bien qu’un peu plus sociable tout de même. Elle arrive à parler mais hésite grandement à le faire, elle perd ses moyens, s’emmêle les pinceaux, rate ses élocutions et finit par prendre peur et à avoir mal aux ventres. C’est elle dans les grandes lignes, ceci dit, j’ai vraiment été surpris de voir son côté “soumise”, c’est… étonnant ?

Si on pourrait trouver à y redire sur les personnages, il y a une chose qui, elle, est indéniable: il y a moult diversité avec des caractères et personnalités bien distincts les uns des autres. Ils sont affirmés, et c’est super plaisant à lire, même lorsque cela est exagéré rendant le comique encore plus impactant.

Ah et je n’en n’ai pas vraiment parlé mais les noms ne sont pas choisis au hasard, ce sont des jeux de mots qui indiquent très clairement la personnalité ou la différence de chacun, Komi est en référence à komyushou qui peut se traduire littéralement par “personne qui a du mal à communiquer avec les autres”, c’est par ailleurs dans le titre de la version japonaise. Je ne vous raconte que lui car c’est le plus connu, et comme ça vous pourrez découvrir ceux des autres personnages !

 

 

Pour ce qui est des dessins, c’est un style sans surprise qui s’accorde parfaitement avec les comédies du genre. Nous avons donc peu de décors, des détails minimes afin d’accentuer sur les expressions des personnages.

Tout est clairement fait pour que rien que le dessin à lui seul puisse vous faire rire ou vous toucher. Car oui, j’ai beaucoup parlé d’humour, mais parfois Komi à le pouvoir de vous faire craquer !

Par ailleurs, vous verrez souvent des visages approximatifs, voire difformes, cela peut surprendre au début mais ça passe bien, très bien même !

Komi cherche ses mots, j’aime, c’est rafraîchissant, l’humour est bien placé et Tomohito Oda a le sens de la mise en scène pour rendre des situations simples, extrêmement drôles. Les personnages sont hauts en couleurs, leur côté parfois un peu extrême les rend finalement d’autant plus attachants. Le tout est saupoudré de détails comme le choix de leurs noms les rendant tous vraiment uniques.

Sous cet humour se cache toutefois quelque chose de sérieux, les troubles d’anxiété mais au cours de ce premier tome, seule une scène sort vraiment du lot, celle de la découverte du trouble de Komi avec le moment du tableau. C’était absolument magnifique, somptueux, et cela m’a vraiment marqué. Ceci dit, derrière, l’auteur s’est plus concentré sur l’humour que le sérieux afin de rendre l’histoire plus légère. C’est un choix auquel je ne saurais y redire. J’aime le manga, ses personnages, mais de ce fait on perd un peu de réalité quant aux troubles d’anxiété qui paraissent parfois bien moins impactants qu’ils ne le sont réellement. C’est quelque chose dont la majorité n’y sera pas plus sensible que ça et pour qui le manga restera une excellente comédie.

Si vous cherchez une comédie avec un fond de sérieux, vous l’apprécierez certainement et vous pouvez même vous faire un avis via l’adaptation anime sortie sur Netflix en 2021. Si vous n’avez ni le temps, ni l’envie, ni la possibilité, Komi cherche ses mots ressemble d’une certaine manière à Quintessential Quintuplets, sans le côté harem bien entendu.

Komi cherche ses mots était très attendu, par moi y compris, et même si j’arrive toujours à y mettre une critique, cela ne m’empêche pas d’apprécier ce manga.

 

H.

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