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Black Board

La Dance Hall,

c’est pas de la

danse de salon

attention…

 

Black Board est un Shônen écrit et dessiné par Fuyuki Izumida. Publié au Japon en 2016 il s’est fini en 3 tomes. Il aura fallu attendre 2021 pour le voir arriver en France via les éditions Omaké Manga.

Tama est une jeune fille vivant à Jackpot, une ville où règne la non-loi et qui propose en son sein le Black Board. C’est un gigantesque tableau marqué d’innombrables annonces, allant de banalités à meurtres. Bien entendu ces “jobs” sont rémunérés et parfois cela peut aller à de très grandes sommes, comme c’est le cas pour Tama qui, un beau jour, voit sa tête sur une affiche demandant de la capturer. Et lorsqu’un grand barraqué du nom de Basco se met sur son chemin, l’engrenage de la vengeance s’enclenche.

C’est un Shônen bien sombre qui annonce la couleur: du rouge sang ! Entre tueries impitoyables et trahisons, il y a toujours de la place pour un peu d’humour ! Et oui, on n’aurait pas forcément dit comme ça mais le titre en regorge et j’admet m’être parfois autant amusé que dans une comédie style Grand Blue que ce soit par les expressions faciales juste incroyables ou simplement par des instants complètement à côté de la plaque. C’est à ce niveau, des plus plaisants et cela rend la lecture surprenante et bien rythmée.

 

 

Mais attention ce n’est pas une comédie pour autant ! C’est sans doute ce qui a causé sa classification en Shônen et non en Seinen, mais l’histoire se veut tout de même bien dure. On parle d’une ville sans foi ni loi comme Roanapura dans Black Lagoon mais ne vous y méprenez pas, une certaine hiérarchie reste présente. Les “gros poissons” sont ce qu’ils sont et font leur loi, tout comme la police qui est étroitement mêlée à tout ce qu’il se passe. Si dans un certain sens, tout est permis, il vaut mieux savoir se faire petit et ne pas dépasser certaines limites.

Et ces limites peuvent être grandement marquées (avec le sang) d’un simple V. Cette lettre est importante et vous allez en entendre parler puisque c’est la marque de fabrique d’une des personnes les plus importantes de cette ville. C’est, on peut le dire, un des grands méchants de l’histoire ! Et.. il est méchant quoi. Vous en découvrirez plus en le lisant ! Par contre j’ai bien précisé qu’il était l’un des méchants, il n’est pas seul du tout et notamment un certain Westley T. Leslie est de la partie, vous le connaitrez sous le nom de “grosse merde”, c’est pas moi qui le dit c’est dans le manga, et c’est un surnom mérité !

Par ailleurs, en parlant de merde, il faut savoir qu’une des causes de tous ces problèmes, c’est une drogue appelée “Dance Hall”. Cette dernière déchaîne à la fois les rumeurs et les passions, les drogués en veulent et certaines personnes souhaiteraient au contraire la vendre, mais pas seulement pour l’argent….Un effet secondaire est lié à cette drogue, et c’est surtout ça qui intéresse mais qui est à la fois le moins connu. Tama, elle, détient la formule pour la reproduire et est donc la clé que tout grand méchant se doit d’obtenir !

De ce fait, le tome ne cesse de passer entre colère, peur, rires, larmes et avec une touche de folie. De quoi vous plonger dans le récit sans le lâcher jusqu’à la toute fin (surtout ne ratez pas les illustrations derrière la jaquette, c’est un pur bonheur !)

Tama, qui n’est pas son véritable nom au passage, est plutôt gaie dans le fond malgré sa vie difficile. C’est une jeune femme seule (dont les parents sont morts), entourée de gens qui pourraient la tuer à tout moment, y’a tout de même plus tranquille ! Elle reste toutefois forte et animée par un grand instinct de vengeance, c’est ce qui la fait avancer alors que tout s’oppose à elle. Sa rencontre avec Basco aura autant d’effet que du tabasco : autant dire que ça va vite tourner au rouge tout ça.

 

“Alors ? C’est une belle offre non ? Bah quoi ? T’es tellement en joie que t’en restes sans voix ?”

– Tamaki

 

En même temps, avec ce grand gaillard tout droit sorti de Gangsta comme s’il était un frère caché de Nicolas Brown…En bref, il ne parle pas beaucoup mais frappe très fort. Ceci dit, c’est un véritable cordon bleu, soigné et minutieux, enfin ça dépend pour quoi. Il apporte beaucoup à l’histoire et à ce duo dont il fait office de parfait opposé. Bien qu’ayant de nombreux secrets, il est une aide indéniable et un bodyguard des plus fiables. Non mais regardez-moi cette carrure~ !

Niveau dessin, là aussi c’est du costaud ! Bon si les décors pêchent un peu, niveau chara-designs et scènes de baston, c’est au top ! Ils sont beaux et on ressent la violence des affrontements. Le côté gore est parfaitement présent dans les dessins, on s’en aperçoit bien lors des massacres ou des mises à morts, c’est assez marquant, parfois choquant certains diront. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’ils sont très bons et qu’ils nous régalent à chaque instant !

 

Alors oui, je vous le conseille ! Si vous aimez ce qui est ancré dans un certain réalisme tout en ayant une part de « rêverie » comme dans Black Lagoon ou Gangsta, alors vous aimerez Black Board qui rentre dans cette lignée. C’est une histoire plutôt courte en seulement trois tomes, mais rien qu’avec ce premier on peut dire qu’il a beaucoup à offrir. Par ailleurs, de nombreuses révélations devraient apparaître au cours du second tome, de quoi accentuer le rythme du titre.

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai lu ce tome et je pense typiquement que c’est le genre de manga que je pourrais relire après l’avoir un peu oublié mais qui me redonnera le même ressenti que la première fois, c’est-à-dire celle d’une bonne œuvre peut-être trop courte mais très appréciable et qui se laisse lire sans difficultés.

 

H.

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