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Endroll Back

Une boucle,

un mort

Endroll Back est un Seinen écrit par Kantetsu et dessiné par Haruna Nakazato. Publié au Japon de 2019 à 2021, il comporte un total de trois tomes. En France, le premier tome nous est parvenu en Novembre 2021 aux éditions Chatto Chatto et le troisième et dernier volume sortira bientôt.

 

/!\ Petit disclaimer pour vous avertir du contenu sensible de l’œuvre, présence de scènes gores /!\

Yûka Mamiya était une jeune lycéenne avant de se suicider. Asaharu Mamiya, son grand frère assiste impuissant à ses funérailles où les railleries et les insultes pleuvent à l’encontre de sa petite sœur.

Alors qu’il désespère sur la situation, un ange apparaît soudainement devant lui et le pousse à la tentation de passer un pacte qui les lierait. Il doit tuer le coupable du suicide de Yûka en revenant trois mois en arrière, en échange, sa sœur pourrait ressusciter. Par contre, en “jouant” à ça, il y risque sa vie et peut-être bien plus…

Nous partons donc sur une boucle temporelle qui se situe du 1er septembre au 23 décembre. Les règles sont simples et à la fois trompeuses ; il doit trouver et tuer le coupable avant le 23 décembre, cependant, il ne faut pas se tromper, le coupable n’est pas toujours celui auquel on pense. Il peut utiliser trois pouvoirs que lui confère l’ange parmi une liste de 15 pouvoirs au total. C’est à usage unique par boucle. Et comme si ça ne suffisait pas, l’ange est joueur et pour pimenter tout ça, il offre une pénalité en cas d’échec ce qui limitera ses nombres de tentatives ; il serait trop simple de tuer tout le monde au bout de plusieurs dizaines d’essais !

C’est donc en un sens, un survival game où son seul réel ennemi est lui-même. En effet, ses propres idées reçues et son implication dans l’affaire obscurcit son jugement et le rend à même de prendre des décisions à la hâte et de commettre ainsi des erreurs fatales. De plus, il faut bien comprendre que derrière ce suicide se cache une affaire d’harcélement, ce qui complique d’autant plus les choses pour Asaharu car dans ce cas là, tout les participants au harcélement sont des suspects potentiels, mais… pour trouver celui qui dans la tas est responsable directement de sa mort, c’est plus complexe et ça, l’ange en profite bien.

C’est un véritable spectacle pour elle que de voir Asaharu se triturer le cerveau et réaliser des erreurs qui l’amusent bien. Surtout que ce n’est pas un “jeu” si facile, car en plus de la problématique de trouver le véritable “meurtrier”, il n’endosse pas son rôle d’Asaharu Mamiya, mais celui de Asaharu Hiyoshi, un professeur d’Histoire du Japon !

 

“Je ne dois pas hésiter. J’ai pris ma décision. Je veux ressusciter Yûka.”

– Asaharu Mamiya

Je dois cependant bien admettre une chose, je prends certainement autant de plaisir que l’ange !

C’est un régal de voir comment Asaharu agit pour récolter des informations, utiliser ses pouvoirs et mettre ses plans à exécution. Surtout que le protagoniste n’est pas non plus complétement idiot, parfois impulsif mais intéressant à suivre, on reviendra plus en détails sur lui un peu après.

En fin de compte, nous avons une histoire courte (seulement trois tomes), mais passionnante à suivre avec son lot de rebondissements, de révélations dans une ambiance mystérieuse alliant le gore, la folie, l’espoir et le désespoir.  On peut aisément comprendre le comportement d’Asaharu, par contre, comme lui, nous sommes plein de questions sur la façon d’agir d’autres personnages !

C’est par ailleurs un sentiment quelque peu étrange, les personnages ne sont pas ce qu’ils prétendent être et nous avons une sorte de jeu de “qui suis-je” qui s’installe. Alors bon, en trois tomes ça ne va pas aller trop loin je pense mais ça donne un côté très sympa qui pourrait rappeler des œuvres du style de Danganronpa.

 

On en a un peu parlé mais revenons plus en détails sur le harcèlement. Tout d’abord, c’est mal, vraiment. Mais ici, il n’est pas seulement question des responsables directs du harcèlement, mais également de ceux au courant des faits mais n’agissant pas. Et dans ce contexte, je pense notamment aux professeurs qui sont clairement au fait des événements mais qui se contentent d’ignorer. Asaharu se rendit vite compte de ce souci-là et tâchera d’y remédier.

Parlons-en justement d’Asaharu Mamiya / Hiyoshi !

C’est un protagoniste que j’apprécie, il est dévasté par la mort de sa petite sœur sachant qu’ils n’avaient pas eu une vie facile déjà avant. Il se retrouve emporté par sa colère, sa haine et devient prêt à tout pour avoir une chance de la sauver, jusqu’à tuer. Ce n’est pas sans aucune hésitation mais la rage qui le consume est bien plus grande que le reste. Des personnes ont causé sa mort, et il ne peut attendre que la police suive tranquillement les procédures.

En somme, la cible idéale pour l’ange ! Malgré ça, il tente de se reprendre et d’agir avec plus de réflexion et de patience. C’est un personnage qui, lorsqu’il commet une erreur, ne va pas bêtement refaire cinq cent fois la même bêtise, il va s’en servir de leçon et apprendre de cette dernière.

Sa sœur Yûka Mamiya est quant à elle un véritable mystère. On ne sait finalement pas grand-chose sur elle, a-t-elle point qu’on se demande si son frère la connaissait si bien que ça. Il semble qu’il y ait eu un décalage entre les deux sans qu’il ne s’en rende compte. C’est une chose qu’on remarque à mesure que l’on avance dans le tome et c’est d’autant plus vrai avec la fin à se tirer les cheveux !

Nous avons aussi des personnages intéressants comme la déléguée de classe, Himeno Saeki, qui est très, très, mais alors vraiment très étrange. J’espère qu’elle sera approfondie dans les deux derniers tomes !

 

Et maintenant, les dessins !

Dans la globalité, ils sont bons, on peut constater deux atouts principaux et un bon défaut.

Le chara-design est top, si vous lisez régulièrement nos critiques, vous savez que pour moi, les expressions faciales sont super importantes et ici, elles sont réussies ! Ce qui découle sur le deuxième bon point ; le gore !

Et oui, Endroll Back parle de meurtre et même si tout n’est pas montré, on en voit déjà pas mal, et sans vouloir paraitre bizarre, c’est plutôt du joli !

Ce qui vient rejoindre ma conclusion ! Endroll Back c’est bien réalisé, surtout pour ce premier tome qui est super prometteur et semble aisément s’axer pour une trilogie. Cependant, de par la présence de scènes gores, de sujets sensibles, il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Bien que toutefois, il y a une certaine morale derrière qui, je l’espère, sera plus approfondie à la fin, et pourrait être intéressante aussi bien pour des adultes que des personnes plus jeunes aux alentours de la fin du collège par exemple.

Pour faire quelques points de comparaison, au cours de ma lecture, plusieurs titres me sont venus en tête, tout d’abord, Platinum End, qui propose un scénario un peu différent et plus axé sur de l’action mais possède des thématiques similaires. Le côté boucle temporelle peut lui, plutôt faire penser à Time Shadows qui vous proposera lui des boucles plus vives avec un scénario bien plus long et surtout, à mon sens, plus sombre au vu de son ambiance générale. La vengeance du souffre-douleur est un titre très récent qui reprend la thématique du harcèlement avec la présence d’un professeur justement ! On garde l’esprit de vengeance sans incorporer de fantastique ni de meurtre !

Si les boucles temporelles vous dérangent, ce n’est pas si présent que ça donc pas si embêtant, le côté fantastique de manière générale avec les pouvoirs sont suffisamment “contraignants” à l’utilisation donc là également , c’est modéré. En fin de compte, nous avons un manga bien calibré entre le “réaliste” et le fantastique en important des thématiques intéressantes comme le harcèlement et la pression sociale, tout en étant passionnant à suivre grâce au protagoniste, à sa manière de faire, à l’ange et ce qu’elle offre !

H.

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