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De nous, il ne restera que des cendres

Assassinats 

déguisés

De nous, il ne restera que des cendres est un Seinen de Akira Kasugai, publié au Japon en 2018 et terminé en 4 tomes. En France les éditions Kana s’emparent de la licence en début de 2022 et le second tome nous parvient en Mai 2022.

 

peut incarner n’importe quelle femme sur demande. Tantôt une jeune lycéenne, tantôt une femme sexy, c’est un caméléon qui s’adapte à toutes les circonstances et qui met toujours sa proie en confiance afin de mener à bien son assassinat. En effet, c’est un tueur sans pitié appartenant à une organisation mafieuse et qui est à la recherche d’une cible bien précise: Un homme avec un tatouage de chrysanthème dont il veut se venger.

 

Tout d’abord, si vous recherchez un titre adulte avec beaucoup de scènes d’action, ce manga est fait pour vous. Dans ce premier volume on a au moins une scène épique par chapitre et celles-ci nous mettent dans une ambiance palpitante au point de nous happer dans notre lecture. Quand vous commencez ce manga, vous ne pouvez pas vous arrêter tant l’action va vite et vous présente des scènes de meurtre sanglantes et toujours bien différentes les unes des autres. L’auteur sait se renouveler sur la mise en scène des assassinats et les mouvements des personnages sont fluides et impressionnants si bien que les victimes de l’assassinat meurent souvent sans avoir le temps de réaliser ce qui leur arrivait.

Par contre pour le moment l’histoire est assez épisodique. On a vraiment un chapitre pour un mort. On pourrait avoir peur d’une redondance, mais chaque affaire est assez différente et prend lieu dans un domaine totalement autre que le précédent. On passe d’une affaire d’arnaque aux jeunes femmes à une maison d’hôtes, puis à un lycée. Par contre je crains que le premier tome ne prenne un peu trop son temps malgré tous ces moments d’action. La série ne fait que 4 volumes et on peut donc supposer qu’il va y avoir à un moment donné un gros avancement dans le scénario qui, je l’espère, suffira à accélérer l’histoire et à la compléter comme il faut.

Surtout que dans ce premier volume on a énormément de mystères sur les personnages. On sait qu’ils font partie de la mafia, mais c’est tout. On a seulement quelques petits éléments qui commencent à nous être révélés en fin de volume et qui nous donnent bien envie de lire la suite d’autant que personnellement je suis bien curieuse de voir comment la vengeance va s’opérer.

Car oui, tout comme dans Oshi no Ko (et c’est bien le seul point commun que je trouve entre les deux œuvres, ne me demandez pas comment j’en suis venue à les comparer x) ), notre personnage principal est obnubilé par son idée de vengeance. Tous les assassinats sont certes perpétrés sous l’ordre d’un Boss, mais ils servent aussi à Yû pour trouver sa cible. Pour le moment les recherches sont infructueuses mais le thème de la vengeance est omniprésent jusque dans un certain chapitre que j’ai trouvé très beau où Yû dialogue sur la vengeance avec une victime (je n’en dirais pas plus pour ne pas spoil mais ce moment est vraiment intéressant)

Tout ce côté travail dans l’ombre d’une organisation avec des personnages parfois hauts en couleurs comme Jing me fait d’ailleurs penser à Jormungand, je trouve que Yû a un petit air de Jonah. Ou bien encore, cela peut rappeler un peu Black Lagoon avec les missions dans l’ombre, ou plus récemment Black Board qui s’axait sur une envie de vengeance mais avec des personnages plus comiques. Car oui la plupart du temps De nous, il ne restera que des cendres est une œuvre profondément sérieuse, si on oublie les dialogues entre Jing et Yû qui arrivent avant ou après les missions, et c’est cette ambiance sombre qui nous fait autant accrocher au titre.

 

Je voulais quand même te poser la question. Ce merdeux qui ne pouvait s’en prendre qu’à des femmes c’est le mec que tu cherchais?

– Jing

 

Je ne vais pas avoir grand chose à dire sur les personnages. Il y en a peu et comme ce sont des assassins ou des mafieux, on en apprend très peu sur leur cas pour le moment. Les deux que j’ai le plus retenu sont Yû et Jing.

Yû me paraît plutôt jeune, renfrogné et il est obnubilé par la vengeance. Agile et capable de se métamorphoser comme un caméléon, il prend régulièrement la tenue d’une femme pour gagner la confiance de sa cible qu’il assassine toujours avec précision et souvent avec impatience, au point qu’il ne parvient jamais à la questionner suffisamment sur la personne qu’il recherche. J’ai hâte d’en apprendre un peu plus sur son passé et de voir comment tout va se goupiller pour lui, d’autant que comme c’est le personnage que l’on suit le plus, je commence à m’attacher à lui. Sera-t-il capable de se venger? Et après, que fera-t-il? Sera-t-il soulagé une fois la vengeance accomplie? Je me pose énormément de questions quant à sa vision de la vengeance et j’espère pouvoir vite en apprendre plus.

Jing est un personnage mémorable. Elle est toujours là pour harceler sexuellement notre cher Yû et pour alléger l’atmosphère. Ce côté enjoué la rend également mystérieuse et j’ai mis un moment à m’assurer que c’était bien une fille après le piège que j’ai subi avec Yû. Même si elle peut paraître insupportable, elle permet au lecteur de souffler un peu et doit être un bon soutien moral pour Yû, d’autant qu’elle l’aide dans l’ombre à trouver sa cible.

Il y a en vérité bien d’autres personnages, mais ils sont tertiaires et ne sont vus que durant un chapitre la plupart du temps. Les secondaires sont quant à eux encore trop peu détaillés pour pouvoir vraiment en parler.

Les chara designs des personnages sont vraiment marquants. J’aime beaucoup la manière de dessiner de Akira Kasugai que je trouve plutôt reconnaissable. Les expressions des personnages sont incroyables, les tenues variées, l’ambiance bien présente avec beaucoup de trames, d’encrage. Les scènes d’action sont fluides et nettes, franchement c’est un plaisir pour les yeux si on omet parfois le manque de décors qui sont très souvent comblés par un surplus de trames.

Si vous commandez le manga sur internet, ne paniquez pas face au prix, il s’agit en vérité d’un format plus grand qu’un manga classique, d’où le prix un peu salé.  En ce qui concerne la couverture, j’aime beaucoup le parti pris des éditions de mettre un fond noir qui colle mieux avec l’ambiance de l’œuvre, la version japonaise proposant, elle, un fond blanc. J’adore d’ailleurs le lettrage en jaune qui claque bien sur la couverture et le dos rouge permet d’amener un peu plus de contraste, même si j’avoue qu’un dos noir avec un lettrage jaune orangé m’aurait bien plu aussi.

 

En conclusion, De nous, il ne restera que des cendres est une excellente série courte que je conseille à tous ceux qui sont friands d’univers sombres avec des assassinats, de l’action, du suspense et de la vengeance. C’est un titre qui offre pour le moment des affaires assez épisodiques mais dont j’espère bientôt un élément déclencheur qui nous permettrait d’accomplir la vengeance et de terminer la série comme il le faut. J’aurai peut être apprécié un peu plus d’émotion entre les personnages et j’espère pouvoir observer plus de moments de faiblesse de leur part dans les prochains tomes et surtout quand tout sera fini. En tout cas, c’est un titre qui vous emporte à toute vitesse, plaisant à lire avec des chara designs marquants, une ambiance bien palpitante qui nous donne envie de dévorer la suite. Si les histoires de mafieux et d’assassinat vous intéressent, foncez.

L.

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