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Platinum End

Une chance 

d’obtenir le 

bonheur

Platinum End est un Shônen de Tsugumi Ohba au scénario et Takeshi Obata au dessin. Il est publié au Japon en 14 tomes depuis 2015 et le dernier tome est sorti chez nous aux éditions Kazé en début Juillet 2021.

 

Kakehashi Mirai est un jeune homme malheureux. Il a perdu ses parents jeune, a été recueilli par son oncle et sa tante mais il est aussi maltraité par eux. Son seul repas de la journée est celui de la cantine, sa chambre est un coin de la maison, et il sert d’esclave. Lassé de vivre, il décide de mettre fin à ses jours avec pour seul regret de ne pas avoir pu vivre heureux. Il est néanmoins sauvé par un ange, Nasse, envoyé sur terre avec douze comparses afin de trouver le prochain Dieu et donc le prochain humain à atteindre le bonheur absolu.

 

Tsugumi Ohba et Takeshi Obata ne vous sont peut-être pas inconnus. En effet, ils ont tous les deux travaillés ensemble à maintes reprises, créant des œuvres à succès comme Bakuman ou Death Note. Ils ne sont donc pas à leur coup d’essai et sont connus pour jouer énormément entre la frontière du Shônen et du Seinen. C’est donc avec de grosses attentes et avec l’espoir de revoir un titre dans le style de Death Note que j’ai entamé, des années après tout le monde, ma lecture du premier tome de Platinum End.

Malheureusement, je pense que j’ai peut être visé un peu trop haut sur certains points. Je m’attendais à un scénario très sombre, sérieux, avec un anti héros aussi intelligent et stratégique que Light Yagami, mais même s’il y a eu quelques coups intéressants, on est loin de ce à quoi je m’attendais.

En effet, pour le moment je trouve l’histoire un peu trop simplette, avec pas mal de facilités scénaristiques et avec une fin totalement prévisible. On a alors un scénario qui pourrait être intéressant, avec tout une interprétation à faire sur la question du bonheur, de la différence entre le bonheur simple que peut souhaiter l’être humain, et du bonheur absolu que peut offrir le rang de Dieu. C’est un point que, personnellement, j’espère voir approfondi par la suite car je pense qu’il peut donner un réel intérêt au titre. Mais en même temps, ce côté “je veux être heureux simplement” gâche un peu l’histoire. J’ai l’impression que cela la rend plus niaise, qu’on a vraiment affaire à un jeune homme trop pur qui veut juste être heureux, et ça m’ennuie un peu.

 

Tout le monde naît pour connaître le bonheur…Et chacun de nous essaye d’être le plus épanoui possible dans sa vie! Lorsqu’on n’est pas heureux soi-même, on a du mal à se réjouir du bonheur des autres…et à l’inverse si tout le monde autour de soi n’est pas heureux, il est difficile de l’être soi-même…

– Mère de Mirai

 

Heureusement, la suite du tome nous amène peu à peu vers un côté plus sombre, avec l’apparition soudaine et complètement incompréhensible du pouvoir de la flèche blanche, et donc la possibilité de transformer cette compétition entre anges en survival game. Du coup, comme tout ceci prend un autre tournant, j’espère que les personnages évolueront aussi et qu’on aura alors un Mirai moins pur, moins innocent, qui se prendra au jeu macabre des anges et de Dieu.

Car oui, les anges ne sont pas simplement de petits êtres tout gentils qui vous mènent au ciel à votre mort en souriant. Ici, ils posent une vraie question de ce qui est bien et ce qui est mal. Plus d’une fois les réflexions de Nasse et la simplicité avec laquelle elle réfléchit choque, elle en vient parfois à proposer de tuer facilement des gens, tout ça pour laisser Mirai accéder au bonheur, sans vraiment faire attention aux sentiments qu’il pourrait ressentir. J’ai vraiment l’impression que cette notion de bien et de mal est liée à la capacité de ressentir des sentiments forts ou non, et que les anges n’auraient potentiellement pas cette capacité, ce qui les pousserait à proposer des choix extrêmes et plutôt discutables.

Pour résumer, je suis pour le moment plutôt mitigée quant au scénario que je trouve un peu niais et simpliste. La facilité scénaristique de la flèche blanche m’a notamment pas mal dérangée même si ça pourrait permettre de rendre l’histoire plus intéressante par la suite. Il y a quelques points qui peuvent nous captiver comme la question du bonheur ou encore la frontière entre le bien et le mal, et j’espère qu’ils seront approfondis par la suite.

Il y a pas mal de similitudes entre Platinum End et Death Note, que ce soit l’espèce de course poursuite qui peut se mettre en place entre plusieurs personnages, la présence d’un héros lassé qui se retrouve avec le moyen de changer les choses de manière drastique, l’apparition d’un être supérieur qui suit notre héros. Il y a peut-être justement trop de similitudes pour une histoire que je trouve pour le moment moins captivante.

La fin du tome nous propose cependant un suspense intéressant, même si on se doute bien de ce qui se passera dans le tome deux, cela donne tout de même envie de lire la suite. Je pense qu’il est nécessaire d’avancer dans l’histoire pour espérer un héros plus sombre et une histoire plus passionnante.

 

Parlons d’ailleurs un peu de notre héros, Kakehashi Mirai. Il s’agit d’un jeune homme qui avait perdu toute envie de vivre, et qui se retrouve du jour au lendemain avec des pouvoirs donnés par un ange, qui peuvent lui permettre d’accéder au bonheur qu’il souhaite. Cependant, c’est également un héros que je trouve pour le moment trop pur, on est loin de l’anti héros que pouvait représenter Light Yagami et j’espère qu’il évoluera par la suite pour nous montrer vraiment ce côté Shônen proche du Seinen dont sont capable Tsugumi Ohba et Takeshi Obata. Pour le moment c’est un héros qui m’ennuie un peu, qui commence à créer de petites stratégies, mais rien de bien incroyable non plus.

Nasse quant à elle, est déjà plus intrigante. Si on oublie son côté pétillant parfois un peu agaçant, je trouve que c’est le personnage qui a le pouvoir de changer notre héros et de l’assombrir un peu plus bien qu’elle souhaite qu’il soit heureux. Je pense qu’elle cache quand même une envie plus sombre en elle, celle de devenir une ange plus importante qui serait aux côtés de Dieu, et j’espère, par ce biais, qu’elle poussera Mirai vers une notion du bien et du bonheur plus maléfique.
On découvre en fin de tome Saki Hanakago, c’est bref, mais je pense qu’on peut dire qu’elle représente un peu la Misa Amane de Platinum End, ce qui montre encore la similitude entre les deux œuvres.

Enfin, on peut dire que Takeshi Obata a fait un excellent travail pour ce qui est des dessins du titre. On reconnaît bien son style et on remarque qu’il a bien progressé depuis ses débuts. Les chara designs sont très différenciables, les positions des personnages sont fluides on a plusieurs planches plutôt marquantes et magnifiques à observer. Les expressions des personnages sont variées et réalistes, on ne cherche pas à rendre les protagonistes beaux en toutes circonstances ce qui se rapproche bien d’un style Seinen. Les planches proposent des cases variées et lisibles qui rendent la lecture plus attrayante, et les décors sont omniprésents ce qui en fait un manga bien complet.

Au niveau de la couverture, le logo est très esthétique et rend plutôt bien, le côté blanc et épuré du tome un nous donne vraiment l’impression que Mirai est un ange, bien que les soupçons de rouge nous annoncent une histoire plus sanglante. J’aime beaucoup le petit effet de surbrillance discret sur la couverture qui attire l’œil.

 

En conclusion, je suis assez mitigée sur Platinum End que je trouve très similaire à Death Note mais avec une histoire pour le moment plus niaise et moins approfondie. La question du bonheur et celle de la frontière entre le bien et le mal pourraient rendre le titre plus intéressant si elles sont traitées avec plus de rigueur par la suite. Le personnage principal est pour le moment trop gentil d’après moi et j’espère vraiment voir une évolution plus sombre et stratégique de sa part de manière à créer un survival game plus prenant avec plus de suspense et moins d’agissements prévisibles. C’est un titre néanmoins beau et captivant à regarder, que ce soit par le travail de l’éditeur sur la couverture, que par les dessins et la mise en page. Je pense qu’il faut aller plus loin dans l’histoire afin de savoir si les approfondissements sont effectués aux endroits nécessaires. Je regrette cependant qu’ils ne se soient pas un peu plus détachés de leur ancienne œuvre à succès et j’espère que Platinum End sera plus original par la suite.

L.

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