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Demon Slave

Esclave un jour,

esclave toujours,

mais pas sans

plaisir.

 

Demon Slave est un Shônen écrit par Takahiro et dessiné par Yôhei Takemura, publié initialement au Japon en 2019. Les éditions Kurokawa continuent l’adaptation des œuvres de Takahiro avec le premier tome de sa nouvelle série sortie en Février 2021. 3 tomes sont actuellement disponibles en France contre 7 dans son pays d’origine.

En 2022, l’égalité homme-femme n’est plus. En effet, après l’apparition d’une cité démoniaque du nom de Mato, l’Homme découvre un fruit nommé “pêche” et ayant la particularité de donner aux femmes un pouvoir particulier. L’équilibre des sexes flanche complètement en faveur des femmes.

Un nouveau type d’escadron “anti-démon” est ainsi créé, exclusivement composé de femmes qui se battent contre les démons.

Un beau jour, Yûki Wakura se retrouve dans le monde Mato et est livré à lui-même. Heureusement il est sauvé de justesse par Kyôka Uzen, mais la contrepartie sera bien différente de ce qu’il aurait pu imaginer…

Il me semble difficile de vous parler de cette œuvre sans vous parler avant de Takahiro, son scénariste. Ce dernier est plus connu pour son titre Red Eyes Sword dont il a également écrit un prequel et un sequel, respectivement : Red Eyes Sword Zero et Blue Eyes Sword. Ces derniers sont tous édités chez nous grâce à Kurokawa.

Si vous avez déjà lu ne serait-ce que sa première série, vous allez rapidement reconnaître le style de l’auteur. Ses mangas sont en règle général accompagnés d’un peu de fan service bien placé avec des thèmes plutôt sombres et des univers loin d’être féériques. Ils sont par contre tous très bien travaillés et complets, c’est ce qui fait aussi le charme de Takahiro. Demon Slave n’y fait pas exception et l’on y retrouve bien sa patte !

 

 

Le Japon n’est pas un pays calme avec cet autre monde du nom de Mato. Plusieurs accidents surviennent de temps à autre, allant même jusqu’à des catastrophes rares mais plus graves comme l’éradication d’un village. Ces événements appelés « catastrophes de Mato”, causent l’ouverture aléatoire et temporaire de “portes” qui peuvent aussi bien attirer un humain dans Mato comme il peut attirer un démon vers la Terre.

Pour contrer cette invasion, plusieurs escadrons anti-démons se sont formés. Kyôka Uzen est la commandante de la 7e section et c’est aussi elle qui, pour sauver notre protagoniste, le réduit en esclavage. Eh oui, ici la femme a le pouvoir sur l’homme et pas qu’un peu, c’est même encore plus le cas pour Yûki qui est devenu véritablement esclave. Son état est une conséquence du pouvoir de sa maîtresse qui lui permet de transformer notre héros en monstre capable de se battre efficacement contre les démons. Et quand il ne combat pas, c’est en tant qu’homme à tout faire qu’il se tue à la tâche. Malgré ça il reste tout de même, non pas par devoir, enfin pas au début, mais bien parce que tout travail mérite salaire ! Et que dans son cas, après s’être bien battu, il a le droit à des récompenses de sa maîtresse… Je vous laisse deviner quel genre de récompenses peut lui faire accepter de rester malgré sa place de larbin au sein d’une équipe atypique.

 

 

“Oh… Moi qui n’avais jamais eu aucun contact avec une fille… Je n’ai eu aucune hésitation… Lorsqu’elle a tendu son doigt vers moi… Et que je l’ai léché”

– Yûki Wakura

 

 

Car oui, la 7e section ne se limite pas à la commandante, ce serait bien triste si c’était le cas. Actuellement à la base se trouve trois autres personnes, trois femmes bien évidemment, les faibles hommes n’ont pas leur place ici, à une exception près.

On y retrouve donc, Himari Azuma, une sorte de tsundere qui n’apprécie pas du tout Yûki, en tout cas pour le moment. Elle fait un peu penser à Mine de Red Eyes Sword avec son caractère, j’ai bien hâte d’en savoir plus sur elle.

Il y a également Shushu Suruga. Alors sur elle, il y a pas mal de choses à dire ! Elle “accapare” une partie du tome puisqu’elle devient en quelque sorte, la deuxième maîtresse de Yûki. Son caractère est semblable à Nagatoro dans Arrête de me chauffer, Nagatoro. Une sorte de peste fortement intriguée par les garçons. En effet, elle provient d’une école pour fille, elle n’a donc quasiment jamais eu l’occasion d’approcher un garçon ce qui fait qu’elle s’intéresse étroitement à notre protagoniste. Et quand je dis étroitement je pense que le terme peut être pris sous plusieurs angles. Elle est joueuse et très curieuse ce qui fait qu’elle peut rapidement se mettre dans des situations qui l’a dépassent complètement mais également embarquer d’autres personnes dans ses bêtises. Tout ça fait d’elle un personnage imprévisible.

La dernière est bien différente des deux autres, il s’agit de Nei Okawamura qui est la plus jeune du haut de ses 11 ans. Malgré son âge elle est la supérieure de Yûki mais elle est encore pure. Elle souhaite l’aider et ne lui donne jamais d’ordres méchants à faire, au contraire elle lui offre des conseils et le soutient, ce qui lui change radicalement des autres qui le soumettent en permanence. On n’en sait encore très peu sur elle à part qu’elle possède un pouvoir rare mais on ne peut plus utile.

Malgré tout, la plus importante de toutes restera quand même la capitaine, Kyôka Uzen. Cette dernière souhaite deux choses, la première c’est de devenir commandante suprême. La deuxième rejoint la première, c’est celle de pouvoir exterminer absolument tous les démons de Mato. La raison est facilement devinable et on l’apprend vers la fin du tome. Toutefois, cela fait d’elle un personnage déterminé qui est prêt à tout pour arriver à ses fins. Il ne s’agit pas simplement d’un combat pour sa survie mais pour sa vengeance et pour protéger ce qui peut encore l’être. Si ce côté là paraît tout de suite plus classique, c’est sa relation avec Yûki qui va avoir beaucoup d’impact.

Par ailleurs notre héros est assez proche de celui de Red Eyes Sword, plein d’espoir mais faible au début, il se construit petit à petit et devient plus fort, c’est l’évolution qu’il subit un petit peu pendant ce tome et c’est possiblement ce qu’on va avoir par la suite. De ce fait, le faible lycéen malheureux va peu à peu trouver sa place et enfin avoir un but dans la vie.

 

 

Pour ce qui est des dessins, Yôhei Takemura possède un bon coup de crayon qui rend honneur à l’histoire. Le chara-design des personnages est très appréciable et il sait les mettre en avant. Toutefois, on ressent moins d’émotions pendant les combats. Ils me paraissent moins impactants, moins détaillés. Après pour le moment ce sont de petits combats sans réels « intérêts » à part introduire l’univers, on devrait rapidement voir des combats plus importants et potentiellement plus impressionnants.

Pour conclure, je dirais que malgré le fait que j’ai passé mon temps à faire des références à Red Eyes Sword, les deux œuvres sont tout de même bien différentes. La manière d’introduire l’univers est impeccable et on reconnaît tout de suite l’auteur. Avoir aimé ses précédents mangas vous fera sans doute aimer aussi celui-là car l’on connaît sa manière de faire mais l’on sait aussi qu’il a toujours quelque chose à offrir.

Alors oui, c’est du Takahiro tout craché mais ce n’est pas pour autant que Demon Slave perd tout intérêt loin de là ! Ce manga fait bien partie de la “famille” avec ses ressemblances et ses différences…

H.

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