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Flow

 

Des 

phénomènes 

oniriques 

surprenants

 

Flow est un Seinen de Yuki Urushibara, publié au Japon en 2018 et terminé en trois volumes. En France, le dernier tome nous est parvenu aux éditions Kana en Juillet 2022. L’auteure ne vous est peut être pas inconnue, puisqu’il s’agit du même auteur que Mushishi, un manga en dix tomes qui a eu de nombreuses adaptations animes.

 

Dans le monde, certains lieux deviennent instables pour une cause mystérieuse et se transforment en Flow, semant la pagaille dans la ville et changeant les constructions ou les gens. Hirota est un expert qui explore ces phénomènes pour émettre un pronostic permettant de savoir la durée de cet événement, voire même, de le régler s’il est créé accidentellement par un humain. Il se voit accueillir une nouvelle employée, Chima Kondô, une femme de 35 ans aux airs d’enfant de 12 ans. Accompagné de Shachô, un chat capable de détecter les Flow, et de sa nouvelle employée, ils vont tenter de résoudre plusieurs affaires de Flow, le tout dans la nonchalance et la détente.

Flow est un peu un manga d’investigation. On commence un chapitre par un phénomène qui se déclare, nos personnages cherchent la raison de ce phénomène et essaient de le résoudre d’eux-mêmes quand ils le peuvent, et on termine le chapitre avec le phénomène terminé, l’enquête résolue, le paiement reçu. Les chapitres auraient presque une redondance dans leur construction et en même temps, ça passe plutôt bien avec le type d’œuvre en trois tomes et on ne s’ennuie pas du tout puisqu’on suit tout de même toujours notre duo et qu’on apprend peu à peu à les connaître un peu plus et à apprécier leur compagnie. 

Si vous n’aimez pas trop les mangas d’enquête, sachez cependant qu’ici nous avons à faire à des enquêtes sur des phénomènes surnaturels qui se rapprochent du réel mais qui nous proposent des aspects oniriques agréables à observer. Flow est un manga qui offre un fantastique plus onirique. Les phénomènes ont un aspect de rêve ou de cauchemar, encore plus quand ils sont créés par le biais d’une personne. De plus, on est sur un fantastique presque réaliste qui se déroule dans un monde qui ressemble au nôtre, sur une ville réelle, moderne, où l’auteure pique par-ci par-là un petit événement qui sort de l’ordinaire, met un peu le bazar, mais est rarement dangereux. Le plus grand danger réside dans le fait que des gens peuvent disparaître pour une durée indéterminée, mais ils reviendront un jour là où ils étaient.

Le côté onirique nous offre des enquêtes étrangement plus calmes, détendues, contemplatives. On se sent presque émerveillé par le flow qui se déroule sous nos yeux. Et ces flows amènent nos personnages à communiquer avec énormément d’autres personnes pour trouver des indices. On rencontre beaucoup de gens, mais sans jamais se sentir en danger, sans jamais être stressé par un phénomène et cela est en grande partie grâce au personnage de Hirota, mais aussi aux conversations qu’il crée, ainsi qu’à toute l’ambiance en général de l’œuvre qui a quelque chose de presque mystique.

Cependant, vu comme on a déjà une redondance, faisant d’un chapitre une enquête, il ne fallait pas que le manga soit très long, surtout si on a pas le développement d’un scénario, d’un rebondissement qui tournerait toute l’histoire d’une manière plus tragique et sérieuse. Je pense que ce n’était clairement pas le but de l’auteure qui semble aimer créer des œuvres poétiques, oniriques, calmes, et c’est pourquoi les trois tomes seront probablement largement suffisants pour faire le tour du titre, du moins je l’espère.

En plus d’une certaine redondance, j’ai trouvé quelques points un peu incohérents, comme le fait que les gens soient si peu instruits sur les flows alors que ça n’a pas l’air si rare que ça dans leur monde, ou encore le fait qu’ils aient si peu confiance en un expert en Flow (bon c’est peut être surtout à cause de la manière d’être de Hirota). C’est peut être les seuls points qui m’ont un peu dérangés, mis à part ça j’ai passé un bon moment à lire ce premier volume, même si j’aurai aimé un scénario un peu plus poussé. Je me suis tout de même surprise à contempler les planches, un peu comme lors de ma lecture de Kowloon Generic Romance ou de Sweet Konkrete. Si vous appréciez les titres aux ambiances calmes ou aux paysages urbains surprenants et contemplatifs, Flow pourrait vous plaire.

 

Fondamentalement toute la matière de notre monde est animée en permanence d’un mouvement oscillant infime qui le rend instable. Parfois l’équilibre se rompt et elle change de forme. On parle alors de fluctuation ou de flow.

– Chima

 

Ce qui m’a bien plu dans Flow, ce sont nos deux protagonistes et Shachô!

Shachô est le chat qui les accompagne dans toutes leurs enquêtes. Il allège toujours l’ambiance, c’est un chat, il est mignon, a un comportement de chat et apporte un peu plus de détente dans des investigations parfois un peu plus graves.

Chima Kondô est la nouvelle employée qui vient aider Hirota. Ne vous fiez pas à son apparence, elle a en vérité 35 ans et est devenue experte en Flow pour une raison bien précise. Elle est sérieuse, maniaque, mais accepte plutôt bien le caractère particulier de son partenaire. C’est elle qui va garder les pieds sur terre pendant les enquêtes, faire preuve de plus de politesse et employer des termes plus corrects lors des moments de communication avec les civils.

Pour finir Hirota est un homme nonchalant, pas du tout stressé, bordélique, fainéant, dont le caractère se rapproche plus de celui d’un chat que d’un humain. Son calme à toute épreuve joue sur le côté reposant du titre et il apporte une petite dose d’humour qui n’est pas pour nous déplaire.

Chaque personnage a donc un caractère bien trempé, et c’est ce qui fait qu’on accroche aussi bien durant la lecture.

Pour terminer, en ce qui concerne les dessins, on reconnaît bien là le style de l’auteure, surtout dans le charadesign de ses personnages aux mâchoires très carrées et au yeux assez simples. Hirota a d’ailleurs une certaine ressemblance avec Ginko de Mushishi je trouve.

En ce qui concerne les décors, je les trouve vraiment beaux, on voit que c’est dessiné à la main par certains traits imprécis mais qui font tout le charme du titre. Les perspectives sur certaines planches les rendent vraiment belles à contempler, impressionnantes et c’est ce qui fait tout le côté urbaniste onirique de l’œuvre. 

Il se dégage du trait de l’auteure une atmosphère de calme, un côté mystique qui nous plonge pleinement dans son manga et qui est agréable à regarder.

 

En conclusion, Flow est un manga d’investigation, mais qui propose un énorme côté surnaturel et onirique qui nous plonge dans un univers contemplatif, où le travail sur la communication entre les personnages est le plus souvent ce qui permet de résoudre les enquêtes. C’est un titre reposant, qui vous calme et vous fait voyager dans un fantastique presque réaliste, qui s’apparente au rêve et au bizarre et qui propose des personnages aux caractères bien trempés, mais qui font qu’on les adore, surtout grâce à la nonchalance de Hirota. Franchement pour un titre en trois tomes, il est divertissant et se lit vraiment bien sans pour autant qu’on regrette qu’il soit si court et sans qu’on le trouve trop long. Ce n’est cependant pas un manga au scénario très poussé, ne possédant pas vraiment de fil rouge et se terminant en trois volumes, mais il vous permettra tout de même de passer un bon moment de détente et pourrait totalement vous plaire si vous aviez aimé Mushishi du même auteur ou Kowloon Generic Romance pour le côté urbanisme contemplatif onirique.

L.

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