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Prison School

Maté pour avoir 

maté

Prison School est un Seinen de Akira Hiramoto, publié au Japon depuis 2011 et terminé en 28 tomes depuis 2018. Il s’est conclu en France aux éditions Soleil Manga fin Juin 2021.

 

Le lycée Hachimitsu est réputé pour être l’un des meilleurs, mais aussi l’un des plus stricts du Japon, contenant l’élite des jeunes filles. Mais cette année, celui-ci s’ouvre à la mixité et accueille cinq garçons en son sein: Fujino Kiyoshi, Morokuzu Takehito, Wakamoto Shingo, Andô Reiji et Nezu Jôji. Ils se retrouvent alors à cinq garçons pour 200 filles, ce qui les fait plutôt rêver. Mais ce doux songe n’est que de courte durée. Alors qu’ils pensaient avoir plus de chances d’aborder une fille, celles-ci les ignore, et pire que ça, ils finissent emprisonnés dans l’école pour s’être adonnés à une séance de voyeurisme.

 

Tout d’abord, on peut dire que Prison School est un classique du Ecchi poussé à l’extrême, totalement loufoque et à ne pas prendre au sérieux. En effet, dès la deuxième page du manga tu sais que tu es dans un Ecchi puisque l’auteur s’amuse à dessiner les filles de toutes les manières possibles, mais surtout de mettre en place des points de vues très centrés sur les jambes, les culottes, les seins, les fesses. Franchement si vous êtes un peu voyeur sur les bords et du genre à aimer les filles 2D, l’auteur vous donnera plus d’une occasion par chapitre de vous rincer l’œil.

L’auteur joue énormément sur l’érotisme, la nudité, une censure presque inexistante, défiant la limite entre le Seinen et le Hentai, mettant ses personnages dans des quiproquos et des sous-entendus incroyables. Chaque occasion semble bonne pour créer une scène Ecchi et je suis parfois admirative de la manière dont il a de trouver des idées pour renouveler ses scènes. Il trouve toujours un moyen pour que les agissements des personnages soient originaux et mènent vers une finalité Ecchi ou sanglante nouvelle.

Par contre du coup, si on n’aime pas du tout le Ecchi il vaut mieux passer son chemin, et je pense que ceux qui disent que les mangas sont pour les enfants en perdraient leur latin devant ce titre. Personnellement je ne suis pas très fan du Ecchi, c’est souvent le plaisir coupable que je préfère lire en cachette, car il faut l’avouer, Prison School n’est certainement pas un titre que vous pouvez lire sereinement à côté d’un inconnu, ce qui est souvent le cas pour des Ecchi vous me direz. Et c’est pourquoi j’éprouve beaucoup de gêne régulièrement à cause des scènes perverses qu’il peut y avoir, et je suis parfois peu réceptive à l’humour qui y est mis malheureusement.

Surtout que le Ecchi est vraiment utilisé partout dans ce titre, on n’en voit comme je l’ai dit à chaque chapitres, peut être même un peu trop, et il faut vraiment aimer les titres comme World’s End Harem, Interspecies Reviewer ou encore Chastity Reverse World, pour pouvoir accrocher à autant de Ecchi. Ça plaît évidemment à certains, mais pour moi ce genre de titres ne passent qu’à petite dose, je n’irais pas lire le manga entier d’un coup et j’aurai peut être préféré un scénario un peu plus profond. J’espère que cela se développera plus par la suite, d’autant que le manga fait 28 tomes alors si on se contente de nous mettre du Ecchi en boucle je ne vais pas avancer bien vite dans l’histoire.

 

À mon avis, je serai dépucelé avant la fin du mois…

– Kiyoshi

 

En plus du côté Ecchi un peu gênant et omniprésent, je trouve que les punitions données sont parfois d’une violence un peu extrême voire choquante et rendent le titre encore plus malaisant. Heureusement que le côté masochiste des personnages allège un peu le tout sinon l’œuvre aurait pu prendre un tournant bien plus sombre. On peut néanmoins dire que la dureté des tâches qu’ils subissent dans leur prison est plutôt fidèle à celles des anciennes prisons, si ce n’est que là le tout est allégé par du Ecchi.

J’ai néanmoins peur que l’histoire soit très répétitive et qu’on entre dans un running gag de perversion et de punition puisqu’on se doute bien qu’ils ne sortiront pas de la prison au bout d’un mois et que l’auteur nous réserve certainement beaucoup d’autres scènes Ecchi et de punitions créatives.

Heureusement, un début d’amitié voire de romance semble se crée dès le premier tome entre Mari et Kiyoshi, même si on sait d’avance qu’elle ne sera pas de tout repos, et cela permet de faire progresser un peu l’histoire et de créer un fil conducteur ainsi qu’un but, nous menant déjà à un climax pour la fin du premier tome qui nous donne envie de lire la suite. Cette relation va certainement continuer de progresser durant les 28 tomes, surtout quand on regarde la couverture du volume final.

Pour s’arrêter un peu plus sur l’ambiance du manga, on peut dire que celui-ci est plutôt humoristique puisqu’il joue sur les quiproquos et la maltraitance des garçons pour nous créer des scènes burlesques, parfois d’une lourdeur à vous donner envie de fermer le tome, mais qui d’autres fois nous font lâcher un petit rire ou un soufflement de nez amusé. On peut dire que l’humour noir créé dans ce titre nous divertit autant qu’il nous laisse dans un sentiment de malaise. C’est un humour qui passe ou qui ne passe pas, il faut s’y habituer. J’apprécie néanmoins que les filles ne soient pas spécialement gagnantes dans ce qu’elles font et finissent parfois gênées dans une scène plutôt érotique souvent à la limite du hentai.

Cet humour omniprésent ne serait rien sans des personnages aux caractères atypiques. On a notre quatuor Shingo, Reiji, Gakuto et Jôji qui sont véritablement des causes perdues, obnubilés par l’obscène, allant toujours plus loin pour avoir la chance d’avoir une interaction avec une fille. Ils ont tous une personnalité différente, et en même temps ils sont semblables par leur masochisme qui nous pousse au rire ou à la pitié.

Fujino Kiyoshi quant à lui, me paraît le plus normal des cinq, bien qu’un peu pervers, c’est aussi celui qui perd pied en dernier et qui est plus souvent emporté par les autres. 

Enfin, le trio Kurihara Mari, Midorikawa Hana et Shiraki Meiko représentent le sadisme par excellence, la cruauté, et s’amusent à faire de la vie de nos protagonistes un enfer. On pourrait même dire qu’elles sont un peu les maîtresses qui tiennent les animaux en laisse à la manière dont ils les traitent. Les garçons sont vraiment déshumanisés par moment et cette prison ressemble un peu à la laisse qui retient un animal.

En tout cas, ces personnages aux caractères bien trempés jouent beaucoup sur l’humour de l’œuvre et nous permettent une lecture plutôt rapide et au final agréable malgré des scènes malaisantes.

En observant les planches, on voit bien que l’auteur a utilisé énormément de modèles 3D afin de créer ses scènes et les positions des personnages. Cela donne des planches plutôt impressionnantes, et en même temps on le remarque totalement et cela me dérange parfois. Je préfère un auteur qui se casse la tête à créer par lui-même, qui prend du temps pour cela, à un auteur qui a recours à des modèles 3D qui forment un rendu un peu bizarre à l’œil. Au moins, on a accès à des cases complètes, décorées, avec plusieurs belles planches. On peut également noter les têtes incroyables que sont capable de faire les personnages et qui sont vraiment variées et drôles à voir, je trouve qu’elles ajoutent vraiment quelque chose au titre et permettent parfois même de nous garder dans l’œuvre.

Au final je suis assez mitigée sur le dessin de l’auteur, un peu trop 3D à mon goût, même s’il permet une lecture fluide et plus de planches impressionnantes.

 

Pour conclure, on peut dire que Prison School est le Ecchi par excellence qui joue à la frontière du hentai. Tout est prétexte à une scène perverse et s’en est parfois lourd voire malaisant. Je pense qu’il faut vraiment aimer le genre et l’humour noir pervers pour pouvoir adhérer pleinement à ce titre. L’auteur nous propose tout de même un fil conducteur, une romance que j’espère voir se développer par la suite et qui nous permet de faire une pause dans le côté Ecchi et la violence que je trouve parfois un peu trop répétée et choquante. Les personnages sont atypiques et jouent le jeu de l’animal et de la maîtresse. Sans ses personnages aux caractères bien trempés le titre n’en n’aurait été probablement que plus oubliable. Il est néanmoins regrettable que l’auteur ait abusé des modèles 3D pour créer son œuvre même si cela permet des cases complètes et fluides. C’est un style auquel il faut s’habituer et que je n’aime pas trop. Je reste mitigée sur ce titre qui est divertissant à petites doses et dont je ne lirais certainement pas tous les tomes d’un coup. Il vient de se terminer en 28 Tomes, c’est donc le bon moment pour vous le procurer si ce n’est déjà pas le cas, surtout si vous êtes friand du style Ecchi totalement loufoque.

L.

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