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The Witch and the Beast

Vengeance et

malédictions

 

The Witch and the Beast est un Seinen de Kousuke Satake, publié au Japon depuis 2016 où il comporte 8 tomes toujours en cours. Le sixième tome nous arrive aux éditions Pika en ce début de mois de Mai 2022.

 

Ashaf et Guido sont tous les deux missionés par l’Ordre de l’Écho Noir pour éviter les débordements causés par la sorcellerie. L’un est un magicien chevronné qui souhaite accomplir ses tâches de bonne grâce, l’autre semble nourrir des desseins plus personnels envers une sorcière et a un caractère qui ne vous laissera pas insensible. Dans un monde où les événements surnaturels sont monnaie courante et entraînent parfois des ravages, notre duo aura beaucoup à faire, motivé par la chasse et l’envie de vengeance de Guido.

 

Pour commencer, on peut dire que The Witch and the Beast est un titre qui mêle une ambiance gothique, surnaturelle, à des enquêtes qui finissent très souvent par des combats surprenants.

En effet, l’auteur nous emporte constamment dans un univers fantastique qui semble se passer dans une période sombre avec un style à mi-chemin entre l’ancien Paris et l’ancien Londres, le tout dans un monde totalement imaginaire. Durant notre lecture on remarque que beaucoup de scènes se déroulent en pleine nuit où dans des lieux où on s’attendrait presque à voir Jack l’éventreur surgir. Détrompez vous cependant, aucune affaire ne ressemble à une existante et l’auteur semble avoir beaucoup d’imagination pour les rendre plus macabres et inquiétantes.

Après la lecture du premier tome, on est persuadé que les sorcières sont mauvaises, sombres, qu’elles torturent les humains, et on se surprend à être pressé de rencontrer la suivante pour voir à quel jeu meurtrier elle s’adonne. Vous verrez beaucoup de scènes plutôt gores alors soyez sûr d’être en âge de lire ce manga! En tout cas, il mérite bien sa place dans la catégorie Seinen et on sent qu’il est tourné pour un public adulte.

En plus du côté sorcière, on a un bestiaire fantastique qui a l’air assez large mais que je ne trouve pas assez exploité pour le moment. On aperçoit quelques monstres, mais il est clair que nos protagonistes ne sont intéressés que par la chasse aux sorcières, où du moins Guido en est obnubilée et entraîne allègrement Ashaf dans sa quête. Les autres créatures fantastiques sont donc pour le moment reléguées en guise de missions secondaires, très vite exécutées et pour cause, les sorcières sont le fléau capable de détruire des milliers d’êtres vivants sans s’essouffler. On remarque donc qu’il y a certaines priorités dans les missions et on en vient à se dire que finalement, ce n’est pas si grave de ne pas voir les autres monstres plus en détails.

De même que pour le bestiaire, je trouve l’univers et les lieux plutôt riches mais très peu exploités et expliqués pour le moment. On semble entièrement fixé sur notre quête des sorcières et sur l’évolution de notre duo et j’espère que cela se diversifiera un peu par la suite.

Malgré ce petit malus, on a un côté enquête omniprésent durant ce tome qui est plutôt intéressant et qui mène à pas mal de mystères dont certains nous sont expliqués au fur et à mesure de notre lecture et dont d’autres le seront certainement dans les prochains tomes. La haine de Guido est par exemple déjà expliquée mais si on apprend vaguement l’existence des magiciens avec Ashaf, on a encore du mal à comprendre à partir de quel moment une sorcière naît. Également, on ne sait pas d’où sortent leurs pouvoirs et leur puissance, ni ce qu’est réellement Guido, et on se pose beaucoup de questions sur l’Ordre de l’Écho Noir.

En tout cas le tome ne tarit pas d’enquêtes diversifiées, plus ou moins longues et se termine même en suspense sur une affaire de sorcière qui ne peut que vous donner envie de vous procurer la suite. J’espère cependant qu’on n’aura pas un côté redondant au fil de notre lecture à aller d’enquêtes en enquêtes et que le scénario avancera à bon rythme.

 

“Tous les humains ont des choses à cacher. Et à plus forte raison les sorcières! Voilà pourquoi il vaut mieux éviter de leur ouvrir son cœur… Jamais !”

– Ashaf

 

En plus de nous proposer un côté fantastique et un côté enquête qui font de The Witch and The Beast un titre très complet, le tome est parsemé de combats tous plus impressionnants les uns que les autres qui allègent un peu les moments de parole. L’auteur sait donc capter l’attention de ses lecteurs et on peut dire que les combats de notre duo ne manquent pas de cachet. Ce travail en paire me fait d’ailleurs penser à Tetsu & Doberman où les équipiers devaient s’entraider durant les combats, mais avec l’impatience et la rage de Zack de Satsuriku no Tenshi pour Guido et le calme de Rachel de la même œuvre pour Ashaf.

Parlons d’ailleurs un peu plus en détails de notre duo, qui semble être pour le moment les uniques personnages principaux de notre titre.

Ashaf est un homme plutôt grand, calme, mystérieux avec un fard à paupière un peu trop présent sur les yeux. Mais c’est une personne qui respire la classe, qui semble surpuissante et qui utilise de la magie. On ne le connaît pas encore assez, on ne sait pas trop quel est son objectif ni même comment il a rencontré Guido. En tout cas, il parle comme un gentilhomme et semble venir de la haute par ses manières plus raffinées que sa camarade. Je l’aime bien et en même temps son côté mystérieux et magicien ne m’inspire pas confiance. J’espère qu’on en apprendra plus sur lui plus tard. En tout cas, c’est le cerveau de notre duo, l’orateur et aussi le combattant à distance et le support. Il sert également de porte cercueil et de dresseur de Guido, parvenant toujours à la calmer. On a du mal à savoir à quoi il pense et j’ai hâte d’en apprendre plus à son sujet.

Guido quant à elle est à la fois un monstre à l’apparence repoussante, mais également une jeune fille plutôt jolie bien qu’assez énervée. Elle est tout le temps en colère et insultante sauf quand elle mange, et Dieu sait qu’elle a un appétit d’ogre. On ne sait pas encore d’où elle sort ni quel type de monstre elle est, mais elle ne brille ni par la politesse ni par ses manières et encore moins par son intelligence. Elle est plutôt du genre à foncer dans le tas et à frapper tout ce qui bouge, ce qui en fait le personnage sanguin de notre duo. Elle est un peu le chien tenu en laisse par Ashaf et j’espère qu’il n’essaie pas de lui jouer un tour en l’accompagnant dans sa quête de sorcière.

Notre duo est donc composé de total opposés et c’est pour notre plus grand plaisir puisqu’ils nous offrent à la fois une histoire sérieuse, et par moment plus humoristique par les gestes bagarreurs de Guido et le répondant calme de Ashaf. Leur caractère donne du piquant à l’œuvre, nous plongeant encore plus dans notre lecture et nous poussant même à les apprécier. Je me demande d’ailleurs si on croisera d’autres duos de l’Ordre de l’Écho Noir durant les prochains tomes et s’ils seront aussi opposés et passionnants que celui-ci.

En tout cas, si le détail de l’univers de l’auteur me laisse encore un peu perplexe, les dessins eux, m’ont totalement conquise, que ce soit par les chara designs originaux des personnages, que par tous les détails qui sont donnés dans les vêtements, les expressions, bien que parfois la forme des visages me dérange un peu sur certains trois quarts.

Le style de l’auteur est très propre, détaillé, avec des décors grandioses. On retrouve rien que dans ce tome plus d’une planche splendide si ce n’est une dizaine! L’auteur nous propose d’ailleurs un style propre en général et plus crayonné dans les moments d’action ce qui donne un effet en plus mais qui n’est pas désagréable pour autant puisqu’il rend le titre encore plus surprenant tout en restant clair et lisible.

Les planches sont souvent très sombres et très encrées, rendant bien avec l’histoire et le style assez gothique. Elles ont une disposition des cases assez linéaires mais qui permettent de placer plus facilement de grandes planches bien décorées qui laissent place au talent de l’auteur pour les détails des bâtiments et les perspectives qui donnent une impression de grandeur et de majestuosité.

On peut dire que c’est un manga qui en jette vraiment au niveau de son dessin et qui vaut le coup d’œil.

Pour ce qui est de l’édition, la couverture nous propose encore une fois de magnifiques dessins. Le lettrage est légèrement mis en relief et on regrettera cependant que les traces de doigts restent facilement sur une couverture aussi jolie. En tout cas, elle attire l’œil même si je pense que le dos du tome ne permet pas de bien voir le titre dans une mangathèque remplie, un effet brillant sur le lettrage aurait peut être permis de mieux le voir dans ce décor somptueux. Mis à part ça, l’édition est de bonne qualité, je n’ai rien à redire sur le papier qui est suffisamment épais pour ne pas laisser apparaître l’encrage d’une page sur une autre.

 

En conclusion, The Witch and The Beast est un titre qui nous propose une histoire fantastique avec un bestiaire varié et un univers qui semble vaste mais que j’aurai aimé un peu plus étoffé et expliqué. Il y a pas mal de mystères qui se développent tout au long de la lecture ce qui nous permet de rester captivé par l’histoire et le côté enquête est plutôt agréable. La sombreur nous rappelle bien qu’on est dans un manga pour adultes et les combats sont vraiment impressionnants, de même que les dessins aux décors et aux planches somptueuses. Les personnages quant à eux sont opposés et marquants et j’espère en apprendre plus sur eux et sur l’Ordre de l’Écho Noir par la suite. Une bonne découverte envers laquelle j’émet encore quelques réserves mais qui peut plaire aux fans de belles planches et à ceux qui voudraient un récit sur les sorcières plus mature.

L.

2 commentaires

  • Kitano

    J’en suis au tome 6, l’univers et mes persos principaux mais aussi secondaires ne cessent de s’étoffer.
    L’univers est vraiment bien détaillé avec ce mélange des genres tantôt un peu médiéval, contemporain, fin 19eme etc… ; on passe par tous les styles.
    Guido est à part.
    On apprend aussi pas mal de choses sur l’ordre de l’écho noir dès le tome 2, avec aussi la mise en place d’une autre équipe d’intervention.
    Les combats sont bien pensés, et se renouvellent toujours, d’ailleurs nos héros ne cherchent pas toujours la baston.

    Niveau dessin c’est beau, bien détaillé une ou deux scènes de baston peuvent être un peu confuses par moment.

    • lepasseurlunaire

      Merci de ton commentaire !
      Je vois qu’on a le même avis !

      On a également lu la suite et on trouve qu’il y a une très bonne évolution !
      Les combats sont sympas et assez diversifiés mais on a le même constat sur les dessin, on ressent parfois un côté brouillon rendant certaines scènes plus difficiles à lire.

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