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Grand Blue

Ô Grand

Large !

 

Ô Grande

Beuverie !

 

 

Grand Blue est un Seinen écrit par Kenji Inoue et dessiné par Kimitake Yoshioka. Il est édité au Japon depuis 2014 et a eu une adaptation anime en été 2018. Chez nous, Meian a fait la magnifique acquisition de cette œuvre depuis le 24 Février 2021.

 

⚠ Nudité et  alcool à foison  ⚠

 

Iori Kitahara est un étudiant en première année de Génie Mécanique qui doit loger chez son oncle le temps de ses études à la fac. Ce dernier tient une boutique de plongée appelée “Grand Blue” et c’est précisément ici qu’il va revoir ses cousines mais c’est surtout ici qu’il va rencontrer un paquet d’énergumènes sans pudeur ni modération ! On dirait presque que notre cher protagoniste est rentré dans une zone de non-droit où il perd complètement pied et où il ne peut plus rien contrôler, surtout pas ses vêtements et encore moins sa consommation d’alcool.

 

Présenté comme ça, vous vous dites sûrement que ce n’est qu’une beuverie géante avec des personnes plus dévergondées les unes que les autres. Et bien, je n’irai pas vous contredire sur ce point là mais je tiens quand même à nuancer tout ça ! Tout n’est pas qu’une histoire de “yakyûken” (pierre-papier-ciseaux revisité façon baseball et strip poker disons) et de soirées bien arrosées. Non, il y a aussi un point très important et qui ajoute beaucoup de sérieux voire même de poésie: la plongée ! Car, malgré les beuveries intempestives, la relation qu’Iori possède avec ses deux cousines, Nanaka et Chisa est bien différente. Nanaka est assez “habituée” au raffut quotidien des deuxièmes années au club de plongée et de leur tendance à finir rapidement nus comme des vers, cependant ce n’est pas exactement le même ressenti pour Chisa mais on y reviendra un peu plus tard.

On peut dire que le club de plongée est une métaphore de la plongée en elle-même, tout peut déraper très vite sans que tu ne t’en rende compte. Tu peux arriver des étoiles dans les yeux, voir une jolie fille sortir de l’eau et l’instant d’après apercevoir de grands gaillards complètement torchés à poil, tout comme tu peux être émerveillé de voir de beaux poissons et l’instant d’après ne plus avoir d’oxygène (?)

Enfin blague à part, l’humour a une place très importante dans ce manga et vous ne pourrez vous empêcher de rire en lisant Grand Blue. Sur ce point, je le mettrais au même niveau que Konosuba ! C’est hilarant et même quand vous pensez avoir tout vu il y a encore quelque chose d’inattendu qui vous vole un rire.

 

À côté vous avez tout de même des moments plus sérieux. En effet, la plongée est loin d’être oubliée et ce n’est pas quelque chose avec laquelle on rigole (enfin presque). En effet, Ryûjiro Kotobuki et ShinjiTokita, deux aînés du club de plongée qui sont également dans la même fac, prennent très au sérieux ce sport. En plus de simplement faire partie du club, ils travaillent tous deux au magasin de plongée. Lorsqu’ils initient Iori et Imamura Kôhei (un otaku de la même fac) à la plongée en leur parlant des principes de base, ils le font avec beaucoup de soin et de professionnalisme je dirais même. Cela contraste énormément avec la première impression qu’ils nous ont donnée ! Par ailleurs ce n’est pas les seuls à faire preuve de sérieux puisque Nanaka va aussi aider à émettre une ambiance plus posée. Elle est très différente des personnages masculins et va nous offrir une atmosphère agréable, je pense notamment à une scène vers la fin du premier tome entre elle et Iori qui est sublime et qui, personnellement m’a touchée. Eh oui, même dans ce manga vous pouvez être touché, c’est aussi ce qui fait son charme !

 

« C’est pas bien, ça, le nouveau. Tu peux pas dire que c’est mal de se balader nu en public sans même avoir essayé… »

– Shinji Tokita

Ce qui a fait en grande partie le succès de son anime et qui fera à nouveau son succès en manga, ce sont les personnages ! Ils sont purement excellents et tous uniques à leur façon.

 

On va commencer tranquillement par la douce Nanaka. Elle est la cousine d’Iori et fait partie du club de plongée. Sa première apparition se fait au bord de la plage, en sortant de la mer où elle apparaît alors comme une jolie fille, bien proportionnée, ce qui ne manque pas de marquer notre protagoniste ! Ce fait bien qu’inchangé, on ne peut en dire autant de sa personne. On y voit rapidement un léger, voire grand siscon envers Chisa. Alors oui, Nanaka est belle, douce, gentille et serviable mais la perfection n’existe pas ! Il y avait forcément anguille sous roche, nul espoir n’existe à Grand Blue, ne l’oubliez pas.

Parlons-en d’ailleurs de Chisa et du désespoir. On entend d’abord parler d’elle de la bouche de sa sœur, en bien évidemment. Toutefois, là encore, la réalité est plus dure que ses rêves. C’est donc une Chisa, certes jolie, mais avec une langue bien pendue. Elle est le genre de personnage à lâcher dans le plus grand des calmes et des respects ce type de phrases à Iori : « Allez au revoir, déchet… Raclure de larve. » le tout en le regardant de la manière la plus méprisante. Son visage, bien qu’angélique, montre plus souvent un étrange mélange entre un profond dégoût, une incompréhension et un grand mépris.

C’est avec ça en tête que vous aurez tout de même le droit à une Chisa bien différente parfois, une Chisa troublée qui vous déstabilisera vous aussi cher lecteur !

Kôhei est un très bon personnage également à sa manière. C’est le premier personnage que vous verrez qui n’avait pas de liens au préalable avec les autres. Il est à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre en voyant les autres, un dégénéré qui vous fera rire à la folie. Il ajoute en plus une sorte de rivalité avec Iori qui est très appréciable. Le fait qu’il ai le même âge donne une consistance différente à leur amitié. Je ne vous en dis pas trop sur lui mais il est clairement excellent, ça je vous l’assure !

 

Pour ce qui est des dessins, ils sont très sympas. Ce que je retiendrais le plus, ce sont ces expressions faciales juste merveilleuses ! Les traits des visages sont tirés à l’extrême, les corps, surtout ceux des aînés, sont montrés avec une musculation au petit oignon. Non vraiment, les personnages sont incroyables. On peut souligner un petit manque de décors mais certaines planches rattrapent largement tout ça et puis à la lecture ce n’est pas vraiment impactant.

 

En conclusion, Grand Blue,  rentre aisément dans mes comédies préférées, c’est incontestable !

Ses personnages sont bien travaillés et participent énormément à l’ambiance générale très festive de l’œuvre et qui nous fera continuellement penser à l’été (bien que le manga soit sorti en hiver pour nous, l’anime quant à lui est bel et bien sorti en été !). Le coup de crayon de Kimitake Yoshioka joue beaucoup également sur tout ça. Tantôt “viril” et testostéroné, tantôt plus mignon et calme, l’histoire et les dessins forment une belle harmonie qui va et vient au gré des vagues, et c’est très plaisant de se prendre comme ça des vagues d’humour et pleine face puis d’un coup d’avoir un peu de calme. Pour le coup, dans ce premier tome la mer est plutôt agitée vous vous en prendrez plein la figure !

De l’humour, de l’amour et de la vodka pure, c’est à peu près le coktails que vous aurez et croyez-moi, celui-là est à boire sans modération !

H.

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