La Bête du Roi

Une raison de
vivre : La
vengeance
La Bête du Roi est un Shôjo de Rei Toma, publié au Japon en 2019 et terminé en 18 volumes. En France, les éditions Kazé s’emparent de la licence en 2026.
L’auteure ne vous est peut être pas inconnue puisqu’il s’agit de l’auteure de L’Arcane de l’Aube qui voit d’ailleurs une réédition publiée chez nous en même temps que la sortie de cette licence. L’histoire a l’air de se dérouler dans le même univers, mais dans un autre pays et les deux mangas peuvent se lire totalement indépendamment l’un de l’autre. Il s’agit également de l’auteure de Mysterious Honey (Arrêt de commercialisation) et de Rokka Melt aussi publiés en France
Il existe des demi-humains aux caractéristiques bestiales qui vivent sous l’oppression des humains. Rangetsu en est l’une d’elles. Alors que son frère jumeau Kogetsu développe des pouvoirs et est enlevé pour devenir l’animal-serviteur du quatrième prince, elle, est vouée à la prostitution et aux bas métiers. Mais lorsqu’elle apprend la mort tragique de son frère, elle quitte ses habits de femme et décide de tout tenter pour se venger. Pour ce faire, elle doit intégrer le palais, même sans pouvoirs spéciaux, et pour cela, quoi de mieux que de prendre la place de son frère comme animal-serviteur du quatrième prince. Mais son ennemi pourrait bien ne pas être celui qu’elle pense.
La Bête du Roi est un manga qui va se centrer sur un style Chine ancienne avec des inspirations aussi bien dans le fonctionnement de la politique tout comme les décors et l’endroit où vont se retrouver nos personnages. On se voit alors directement emmenés dans les palais et la cour, là où le danger rôde non pas à cause de bandits ou autres personnes de basses conditions, mais bien à cause des personnes de haut rang elles-mêmes qui auront tendance à se faire des pièges et à comploter sans que pour le moment nos personnages ne puissent parvenir à découvrir qui est le coupable. Pour les fans d’enquêtes de cour semblables aux Carnets de l’Apothicaire (Chronique ici ), avec des personnages qui vont peu à peu se romanciser, ce manga pourrait être pour vous !
Tous ces mystères et ces complots, ce danger permanent qui entoure l’animal-serviteur du quatrième prince qui est maintenant Rangetsu, n’est pas sans me rappeler également le manga Called Game ( Chronique Ici ) qui lui se déroule plus dans un monde médiéval, mais dont notre personnage féminin tente aussi de cacher qui elle est vraiment et de survivre au sein d’une cour clairement meurtrière. Si dans Called Game ( Chronique Ici ) notre héroïne cache sa condition, ici Rangetsu cache le fait qu’elle est une femme.
Et pour cause, le monde est cruel pour les demi-humains et c’est d’ailleurs quelque chose qui m’a profondément choqué. Même s’ils ont des sens aiguisés et que certains possèdent même un pouvoir nommé “arcane”, ils sont trop peu nombreux et se retrouvent sous la domination des humains. Les hommes sont envoyés à l’armée, les femmes font les basses besognes et les filles…se prostituent. Pour échapper à cela Rangetsu se fait passer pour un homme et pour obtenir une chance de se venger de la mort de son frère, elle intègre l’armée et devient si forte qu’elle est surnommée “Général”. On n’est clairement pas dans un monde tout mignon et dans le premier tome je pense qu’on ne fait encore qu’effleurer tout cela, et pourtant c’est déjà beaucoup à assimiler.
Comme dit juste au-dessus, certains demi-humains peuvent développer des pouvoirs spéciaux nommés “arcane” et deviennent alors des animaux-serviteurs. Cela donne un aspect encore plus fantasy, en plus du fait qu’on ai des demi-humains. Cependant, pour le moment dans le premier tome on ne fait que entrevoir les pouvoirs qu’ils peuvent avoir, et il faudra lire davantage de la licence pour vraiment découvrir les pouvoirs des demi-humains, notamment parce que dans ce premier volume on entraperçoit très peu les autres personnages mis à part Taihaku qui est toujours avec Tenyô, et le deuxième prince Reiun avec son animal-serviteur Yôbi (dont on peut voir les pouvoirs d’ailleurs).
Un Prince ne peut se permettre de s’attacher à un demi-humain et de le pleurer
– Taihaku
Le véritable fil rouge du manga se trouve être le besoin de vengeance de Rangetsu, mais aussi du quatrième prince Tenyô puisqu’ils veulent tous les deux retrouver qui a tué le frère de Rangetsu. Cela donne déjà lieu à pas mal de moments d’action d’ailleurs puisque Rangetsu a tendance à vite perdre son sang froid, et surtout, dès qu’elle devient l’animal-serviteur de Tenyô, elle va commencer à être prise pour cible.
Que ce soit Tenyô ou Rangetsu, nous avons affaire à deux personnages profondéments meurtris et traumatisés par ce qui est arrivé au frère de Rangetsu, si bien qu’ils vont s’entraider, s’aider à se relever malgré la méfiance de Rangetsu, et surtout tenter d’accéder ensemble à la vengeance et d’obtenir des réponses sur tout ça.
Du côté romance, je pense qu’on part sur une relation qui va prendre du temps à se mettre en place, aussi bien parce qu’au fond nos personnages sont encore en plein deuil, mais aussi parce que Tenyô ne sait pas encore que Rangetsu est une femme, et surtout, Rangetsu est clairement sur ses gardes pour tout. D’autant que pour sa vengeance, elle a renoncé à tout ce qu’elle était, devenant une véritable machine à tuer. On a cependant quelques très belles scènes qui montrent que leur relation ne va pas rester figée et que, même si pour le moment Rangetsu est sur ses gardes, ils vont probablement finir par développer une complicité.
D’ailleurs on est loin du prince fort qui va protéger notre personnage féminin, ici c’est Rangetsu qui protège Tenyô donc on est clairement sur un trope de la femme qui protège le prince. Néanmoins, on a un stress post-traumatique de la part de Tenyô qui n’aura de cesse de paniquer dès qu’il n’aura plus Rangetsu en vue et pour cause, la mort de son ancien animal-serviteur était vraiment horrible et traumatisante.

Les dessins sont fins, les personnages beaux à voir, les planches sont très bien remplies, il n’y a aucune sensation de vide, on a toujours un décor ou au moins une trame assez imposante. L’auteure nous propose également de très belles planches remplies d’émotions quand il le faut et pas mal de grandes cases pour bien montrer les sentiments des personnages. L’action est également claire, on a aucun problème de proportions, on sent qu’elle n’est pas à son coup d’essai.
En conclusion, La Bête du Roi est un manga qui se déroule dans la Chine ancienne avec une bonne dose de fantasy avec les demi-humaines et “l’arcane”. C’est un univers riche mais cruel, qui peut choquer et donc qui n’est pas à mettre entre toutes les mains. On est dans un titre qui montre les complots et la cruauté de la cour, où le fil rouge sera la revanche et la quête de vérité entre deux personnages que tout oppose mais qui pleurent tous les deux la mort d’une même personne. On est presque sur un Female Rage avec le personnage de Rangetsu qui sort du chemin, qui abandonne son identité de femme pour revenir plus forte que jamais et chercher la personne qu’elle souhaite anéantir. C’est un titre bourré de mystère, avec beaucoup d’action, beaucoup d’émotions, qui propose un dessin fin et complet et qui plaira aux adeptes des Carnets de l’Apothicaire (Chronique ici ) .
Si vous souhaitez vous procurer les tomes sur notre site internet c’est par ici !
L.
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