#,  Critiques,  Kana,  Maisons d'Edition,  Manga

5 Minutes Forward

5 minutes et des

années de malheur…

 

5 Minutes Forward est un Shônen écrit et dessiné par Hiroshi Fukuda. Sorti au Japon en 2018, l’auteur est allé très vite puisqu’il a fini l’année suivante son récit avec un total de 7 volumes. En France, ce manga sort depuis Juin 2020 aux éditions Kana.

 

⚠ Violence, démembrement… ⚠

 

Yamato Shiroaya est un jeune lycéen à Tokyo, il est avec son frère jumeau de 5 minutes de moins, Yûto et avec une amie qu’ils ont depuis l’enfance, Michiru Isumi. Mais de la jalousie et de la peur naît au fil du temps et un jour, cela pousse Yamato à accepter l’offre étrange d’un homme encapuchonné. Ce dernier lui donne un bracelet qui, suivant ses dires, lui donne la capacité d’aller dans le futur et d’en revenir seulement une fois. N’y croyant pas vraiment mais soucieux de la relation avec son groupe de 3, il décide tout de même d’essayer.

C’est à ce moment qu’une chose terrible se produit, des statues bouddhiques apparaissent un peu partout sauf que ces dernières bougent et sont dotées d’intelligence ! Il n’a donc pas le choix, il doit revenir dans le passé pour éviter tout ça… Oh attendez… Il est allé seulement 5 minutes dans le futur ?!!

On ne l’a pas vu venir ça dis donc héhé. Bon trêve de plaisanteries, l’histoire nous introduit tout d’abord ses personnages principaux (du début en tout cas) et surtout la relation qu’ont les jumeaux et Michiru entre eux. On y voit les sentiments de Yamato sur sa situation, l’importance pour lui d’être né 5 minutes avant son petit frère ainsi que son complexe d’infériorité. Et tout ça se passe assez vite, l’auteur a su dès le départ insuffler un rythme dynamique à son œuvre afin que même l’introduction passe comme dans du beurre. Et ça va continuer comme ça surtout lorsque la catastrophe débarque et cause la mort d’innombrables personnes. L’apparition des Bouddhas est soudaine et tout comme dans Gantz, cela est au dépend des personnes les affrontant, à la seule différence, c’est que là ils se font juste massacrer, ils n’ont pas d’armes et aucune boule ne leur a indiqué le moindre indice où le moindre équipement, ils sont nus commes des vers mais sûrement pas libres comme l’air !

De ce fait, c’est un véritable massacre qui a lieu sous les yeux démunis de nos personnages. Il y a systématiquement des morts autour d’eux, et les survivants restants sont, semble-t-il, voués à mourir sous peu. Plus qu’une hécatombe, on peut parler d’éradication, bien que comme souvent dans ce genre d’histoire, la situation mondiale est floue, seule la situation chaotique de Tokyo est connue, en tout cas pour le moment. Ce flou permet aussi bien de garder “l’espoir” d’un sauvetage comme le désespoir que ce sera comme ça partout .

 

 

Cependant l’histoire nous propose encore d’autres choses, et notamment pas mal de mystères. Je veux dire, outre le fait qu’on ne sait pas d’où viennent ces statues et pourquoi elles soulèvent tout le monde, on ne sait pas qui est l’homme encapuchonné du début. On ne voit quasiment que sa silhouette, on ne connaît ni son visage, ni son nom. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il possédait un bracelet spécial et qu’il s’est volatilisé. Avec ce simple élément, le nombre de théories que l’on peut faire afflue, surtout lorsqu’on revient sur ça après avoir vu la fin de ce premier tome. Déjà on peut partir sur une supposition simple, si il y a un bracelet et qu’il est donné à un gosse comme ça, c’est que, possiblement, il y a d’autres bracelets et là, on peut partir en délire à la Steins;Gate. Ce ne sera pas aussi poussé que dans ce dernier mais y’a clairement quelque chose, je ne vais pas vous en dire plus afin de ne rien spoil.

L’auteur a été très fort, nous avons notre quête principale, intéressante, palpitante mais à côté il réussit à nous montrer une trame secondaire qui est tout aussi intrigante, tout ça sans faire de détours et en gardant un rythme plaisant qui vous fera dévorer le volume en moins de deux !

Par ailleurs, les personnages sont également sympathiques bien que pour la plupart ils soient un peu trop classiques. En dehors de cette fabuleuse rime, l’auteur s’est reposé sur son concept de : de toute façon je dois revenir dans le passé donc une mort c’est pas si grave. Enfin pas si grave d’un point de vue scénaristique, parce que d’un point de vue psychologique, les morts sont tout de même impactantes pour les protagonistes. Si on prend l’exemple de Yamato, il supporte très mal ces morts, il s’imagine peut être finir comme Subaru Natsuki de Re:Zero mais heureusement pour lui il n’a pas à revivre tout ça en boucle, et c’est tant mieux car il ne tiendrait pas longtemps. En effet, il est plus faible mentalement, déjà avant la catastrophe il était rongé par la jalousie et par son complexe d’infériorité envers son petit frère. Il se croyait à l’écart et doutait même de pouvoir rester avec lui et Michiru à l’avenir. Il n’avait plus confiance en lui allant même jusqu’à tenter d’aller dans le futur afin de voir ce qui allait se passer avec son amie d’enfance. C’est donc avec son âme déjà peinée qu’il se retrouve embarqué dans ce drame, il était donc évident qu’il aurait du mal à surmonter ces épreuves. Surtout que pour couronner le tout, une « révélation » de Michiru l’ébranle totalement. Ce n’est donc pas un personnage “fort” que l’on voit dans ce premier tome bien que dans le futur, il se peut qu’il change grandement.

Surtout qu’il peut toujours compter sur le soutien de Yûto, son jeune frère qui lui, alors qu’étant enfant il se sentait inférieur à Yamato car il perdait tout le temps contre lui, devient finalement le plus doué des deux et malgré ça, n’a jamais eu la grosse tête, gardant en quelque sorte son âme d’enfant à vouloir rester avec son frère qu’il aime. Et malgré ce côté là de sa personnalité, il se montre très courageux et sait prendre du recul sur la situation. Cela ne l’empêche pas d’avoir peur mais il tente de garder la tête sur les épaules comme il l’a toujours fait.

En un sens, il ressemble un peu à Michiru Isumi. Elle est montrée comme étant très intelligente, sûre de soi, et ayant la faculté de prendre des décisions même en situation de crise. C’est donc un personnage fort que nous avons là et qui possède un gros impact sur la série au vu de son importance pour les jumeaux.

 

 

Quant aux dessins, ils sont… particuliers ? Le chara-design ne plaira pas à tout le monde, mais on s’y fait vite, on est tellement pris par le récit que l’on n’y prête plus attention. Pour les décors, c’est un peu plus mitigé, il y a des planches vraiment belles notamment avec des plans larges sur la ville qui montrent à la fois l’immensité du chaos et celle de certaines statues. Ces moments sont à couper le souffle mais à côté on a aussi malheureusement le droit à pas mal de planches sans décors. Toutefois on pardonne à l’auteur, qui seul, gère à la fois son scénar et à la fois ses dessins, c’est donc, en prenant ça en compte, de très bonnes illustrations ! Par ailleurs, à plusieurs reprises il y a des scènes assez gores avec les statues qui ont une façon assez énervée de tuer les humains. Ah l’écartèlement ça ils connaissent hein…

En conclusion, je vous conseille 5 Minutes Forward. Ce manga se lit bien et facilement grâce à son rythme bien géré. Ses dessins sont sympas et ne vous gêneront pas malgré son style, ne vous en faites pas. Les personnages peuvent parfois être un peu énervants dans ce premier tome mais ça devrait vite s’améliorer vous verrez. Donc franchement, si vous aimez les histoires comme ça, apocalyptiques, il devrait vous plaire sans aucun doute.

Hiroshi Fukuda a fait un super travail sur son œuvre qui se termine enfin chez nous, je le rappelle, en 7 tomes donc pas de surprise sur la place que cela occupera et sur le temps que ça prendra pour en voir le bout.

 

H.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *