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Toilet-Bound Hanako-kun

La vérité sur 

les sept 

mystères de 

l’école

Toilet-Bound Hanako-kun est un Shônen de AidaIro, publié au Japon depuis 2015 où il comporte quinze tomes en cours. Les deux premiers volumes arrivent enfin chez nous aux éditions Pika fin Juin 2021.

 

Dans l’école Kanome, une rumeur court sur les sept mystères qui hantent le bâtiment. Si quelqu’un connaît la vérité sur tous les mystères, quelque chose se produira. L’un d’entre eux est Hanako, esprit des toilettes qui exauce le vœu de quiconque viendrait le trouver. Yashiro Nene va faire la rencontre de cet esprit qui est en vérité un garçon et lui faire le vœu d’être aimée par un garçon pour qui elle a le béguin. Malheureusement tout ne va pas se passer comme prévu et Nene va devenir l’assistante de Hanako et l’aider à garder de l’ordre dans l’école malgré des mystères assez capricieux.

 

Tout d’abord sachez qu’il existe une adaptation animée de ce manga qui a eu pas mal de succès et qui est, je trouve, vraiment bonne. Elle est disponible chez Wakanim sous le nom de Jibaku Shounen Hanako-kun.

Pour en revenir au manga, ayant vu l’anime avant la sortie du manga, je vais essayer de ne pas me retrouver à comparer les deux mais ça devrait aller, l’un étant plutôt fidèle à l’autre et les deux me plaisant clairement. Vous l’aurez compris, je serais plus dans une éloge de ce titre que dans une critique nuancée.

Toilet-bound Hanako-kun nous propose une histoire qui aurait pu paraître peu originale, puisque les histoires sur des mystères existent en grand nombre notamment sur les Yôkai avec Natsume Yuujinchou, ou encore les faits étranges comme dans Kai Byoui Ramune pour n’en citer que deux. Mais même si on nous présente ici des mystères plus ou moins connus, chez nous, celui de Hanako est probablement le seul qu’on reconnaîtra. De plus, la manière dont se déroule l’histoire la rend totalement unique.

En effet, on a un côté un peu épisodique, mais pas forcément par chapitre, certains durant un peu plus longtemps, se concentrant à chaque fois sur un point précis. On aurait pu craindre une redondance à essayer de rechercher les sept mystères, de les découvrir, mais en vérité c’est plutôt bien amené et entre coupé de chapitres présentant d’autres personnages de l’école comme celui concernant Kou Minamoto. On évite donc un côté épisodique et répétitif trop prononcé, et on en vient même à se demander quel sera le prochain mystère, qu’aura-t-il de spécial comparé aux autres.

D’autant que ces mystères subissent une métamorphose plutôt intéressante et qui donne du piquant à l’histoire. Ils nous sont d’abord présentés comme quelque chose d’effrayant, ils ont été réécrits via des rumeurs les rendant sordides et les transformant, déclenchant des faits étranges et terrifiants. Cela aurait pu s’arrêter sur l’exorcisme de ces mystères, mais c’est là que l’originalité du mangaka frappe puisqu’on ne se contente pas de supprimer la gêne, on la transforme. Ainsi, vous verrez pour chaque mystère une double écriture et donc deux formes totalement différentes, une démoniaque, une gentille et mignonne, et j’aime beaucoup le fait qu’on puisse revoir cette forme gentille plus loin dans l’histoire, même après la résolution du mystère. Cela donne un peu plus de vie au récit.

En plus du fait que les chapitres sont bien moins redondants que ce qu’on aurait pu croire, l’auteur met en place des indices sur la suite de son histoire, parfois bien cachés, concernant un personnage en particulier, ou bien le passé de Hanako-kun. Il crée alors d’autres mystères autour de son récit qui seront résolus indépendamment de ceux de l’école en progressant dans l’histoire. Aidalro parvient donc à capter l’attention du lecteur en dosant parfaitement les indices qu’il doit lui donner afin de le captiver et qu’il ai envie de lire la suite du manga.

Enfin, pour terminer sur le scénario, on peut dire que Toilet-Bound Hanako-kun ne propose pas juste un récit sérieux, puisqu’il est souvent bourré de petites actions drôles, ou de discussions humoristiques, rendant l’atmosphère plus enfantine et la détendant.

 

Vous mentez! Vous n’avez ni coupe au bol ni jupe rouge! Et vous êtes un garçon, en plus!

– Nene

 

On a également des moments touchants et mignons, que ce soit dans la progression de la relation entre Nene et Hanako qui fait déjà un sacré bond en avant rien que dans le premier tome, que dans la véritable forme des mystères et les scènes d’après résolution qui sont souvent plus calmes et que je trouve adorables à lire.

Mais l’auteur ne joue pas que sur ces deux ambiances légères, puisqu’il nous propose aussi une dose de sérieux et d’effroi, que ce soit de la manière dont peut agir parfois Hanako, que par les rumeurs et les formes horrifiques des mystères.

Aidalro joue donc sur trois atmosphères différentes, qu’il alterne habilement et nous offre un récit passionnant et captivant.

Parlons maintenant un peu des personnages, et je m’attarderais cette fois-ci sur notre duo: Hanako et Nene.

Yashiro Nene est une jeune fille qui tombe facilement amoureuse et qui veut être aimée malgré un manque de confiance en elle et en son physique. On a plusieurs instants d’humour à propos de sa poitrine ou de ses jambes, je n’en suis pas friande, mais cela permet d’insister sur les caractéristiques de ce personnage aux jambes de navet. C’est quelqu’un de profondément gentil et qui semble capable de pardonner même aux plus méchants. Il s’agit de l’héroïne typique, un peu bête, mignonne, gentille, qui veut aider, pas très forte. Mis à part son chara design, elle est donc plutôt classique.

Hanako-kun est l’un des mystères de l’école. Habituellement décrit comme une fille, il est en vérité un esprit masculin empli de mystère. Très joueur, il aime faire peur à Nene et la mettre dans des situations embarrassantes, au point qu’il me fait parfois penser à Nagatoro de Arrête de me chauffer Nagatoro. C’est un personnage farceur, bourré d’humour qui sait cependant se montrer puissant et sérieux quand la situation le demande. Il joue clairement un double jeu ou un double Je, apparaissant comme gentil et aidant, mais possédant une part bien plus sombre comme pour tous les autres mystères. En apprendre plus sur son passé sera évidemment nécessaire pour connaître la vérité sur tous les mystères, et casser cette carapace du garçon farceur et joyeux pour faire apparaître sa véritable personnalité. On peut également dire que Hanako-kun va peut-être subir une transformation inversée par rapport aux autres mystères, au lieu de se transformer en une part douce et joyeuse, il devrait devenir plus sombre et terrifiant à l’avenir.

La relation entre Hanako et Nene, elle, progresse déjà à une vitesse folle et est bien mise en avant dans le manga. D’abord effrayée et méfiante, Nene qui semblait détester Hanako finit par le considérer comme un ami rien que dans ce premier tome. De même, Hanako qui se jouait totalement d’elle finit par avoir des signes plus affectueux envers elle. Peut-être finira-t-il par s’ouvrir à elle, même s’il semble pour le moment celui qui tente de garder le plus ses distances, lui faisant souvent comprendre qu’il n’est peut être pas aussi gentil qu’elle ne le pense.

Pour terminer, parlons un peu des dessins qui sont clairement une réussite. L’auteur possède un style particulier, bien à lui qui rend l’œuvre unique et facilement identifiable. L’encrage, souvent plutôt gras, permet vraiment de mettre le lecteur dans l’ambiance mystique du titre. Les chara designs des personnages, un peu enfantins, sont néanmoins très uniques et différenciables. En plus de cela, ils possèdent une ribambelle d’émotions vraiment bien décrites qui nous permettent de vraiment nous rendre compte de la scène qui se déroule sous nos yeux. Les décors, eux, finissent vraiment de nous mettre dans l’ambiance, ils sont détaillés, donnent parfois un ton très Yôkai, et sont quasiment présents à toutes les pages.

J’adhère personnellement totalement au style de l’auteur que je trouve beau à voir et qui colle vraiment bien avec l’ambiance mystérieuse, tantôt sombre tantôt drôle.

 

En conclusion, Toilet-Bound Hanako-kun est un titre déjà connu chez nous par son anime et qui nous propose une histoire prenante, jouant énormément sur la dualité des mystères et des personnages, ainsi que sur une ambiance changeante, tantôt sombre, tantôt joyeuse. On pourrait dire que ce titre est aussi bien un double jeu qu’un double Je permanent, ce qui le rend passionnant aussi bien à lire qu’à relire pour l’étudier plus en profondeur.

Pour ceux qui ne veulent pas se casser la tête, dites-vous qu’il est vraiment divertissant et que l’histoire est habilement écrite. J’avais personnellement adoré l’anime, et j’adhère déjà au manga, d’autant que l’auteur gère vraiment bien son scénario, nous donnant des indices quand il le faut, et nous proposant des possibilités d’interprétations de son œuvre véritablement passionnantes. En plus de cela, il sait jouer sur le suspense et en lisant la fin du premier tome vous ne pouvez qu’aller lire le suivant.

Enfin, c’est un titre qui propose un dessin unique et magnifique à observer, qui nous met vraiment dans l’ambiance et qui colle parfaitement avec le type d’histoire proposé.

L.

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