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Harem in the Fantasy World Dungeon

Travailler dur

pour le plaisir

 

Harem in the Fantasy World est un Shônen de Shachi Sogano avec Issei Hyouju au dessin et Shikidouji au chara-design ! Il s’agit à l’origine d’un Light Novel, l’adaptation en manga date de 2017 au Japon. En France on retrouve ce titre depuis 2021 aux éditions Meian dans leur collection Daitan! une fameuse collection plus décalée et plus adulte en quelque sorte.

 

Michio Kaga est un adolescent japonais lambda, un peu mal dans sa peau qui ne vit pas bien sa scolarité dû à des harcèlements et autres actions néfastes de la sorte. Il n’en peut plus et n’a plus de réel plaisir à vivre. C’est alors qu’il se dit qu’il n’a vraiment plus rien à perdre qu’il tombe sur un questionnaire un tantinet étrange qui l’invite à choisir un monde avec des caractéristiques et des bonus en tout genre. En somme, il commence un jeu. Ce dernier stipule qu’il entrera dans un autre monde sans possibilité de revenir dans celui d’origine. Fatigué par sa vie actuelle et sans vraiment le prendre au sérieux, il accepte et se retrouve dans un monde inconnu. Dès lors, il doit se faire à sa nouvelle vie qui lui réserve d’innombrables surprises, dont celles de réaliser certains de ses fantasmes…

Ho, un Isekai  ! Vous ne l’avez pas vu venir n’est-ce pas ? Mon synopsis résume plutôt bien le type d’Isekai auquel on a affaire (sans vouloir me jeter des fleurs). Je vais donc tâcher de parler sur ce qui apporte une plus value plutôt que sur ce qui le rentre dans les cases fermées du genre, bien que j’en parlerai tout de même.

Tout d’abord, malgré le côté harem, nous ne sommes pas sur un How Not to Summon a Demon Lord avec un héros cheaté qui dépasse le stade de Super Saiyan Ultra Instinct parce que c’est comme ça ne pose pas de question. Il a déjà cela comme avantage, malgré les bonus de départ qui l’aident pas mal, il n’est pas invincible. Quant à son but, il est plus proche de A Safe New World ou de Chillin’ life in Another World. C’est à dire qu’il ne vise pas des sommets incroyables mais plutôt une vie “tranquille” et en l’occurrence, vous le comprendrez assez vite, une vie dans la luxure !

 

 

Eh oui, notre cher protagoniste est un pervers ! Mais ça, on y reviendra un peu plus tard.

Il faut savoir que, classiquement, le personnage se demande où il est avant de réellement s’aventurer dans le monde. On a bien sûr ce passage là où il prend une attaque de bandit pour un événement in-game et où il en tue un paquet sans difficultés. Cet événement a une incidence presque immédiate puisqu’il va se rendre compte qu’il ne peut pas se déconnecter alors qu’il pensait être dans une sorte de jeu vidéo. Il prend alors conscience qu’il a réellement ôté des vies et que le monde dans lequel il évolue est plus vrai que nature. Comme tout bon adolescent vivant dans un pays en paix, il prend ses jambes à son cou, euh non pardon, il prend tout son courage pour se dire  : it’s ok, c’est la vie.

 

“Beurk. Pourquoi c’est aussi gore . Ce jeu est merdique, c’est confirmé.”

– Michio Kaga

 

Cette réaction “innocente” m’a toutefois fait penser à un anime que j’ai vu il y a déjà quelque temps. Il s’agit de Kyuukyoku Shinka shita Full Dive RPG ga Genjitsu yori mo Kusoge Dattara (à vos souhait), dont le personnage principal avait eu la même réaction ce qui m’a fait doucement sourire.

Bon sur le principe, je suis pas fan du fait qu’il ‘habitue aussi vite à devoir tuer pour survivre, toutefois je dois dire qu’au vu de l’auteur qui prend son temps (écrivain de LN oblige) s’il mettait en plus un temps d’adaptation au personnage pour s’y faire, cela nous aurait donné un premier tome très (trop) vide ! Alors on va faire abstraction de tout ça et passer au vif du sujet.

Une fois parti du village de départ, il se rend dans sa première ville qui va lui permettre de comprendre un peu plus le fonctionnement de ce monde et nous aussi au passage. Car si c’est un monde de fantasy somme toute classique, il y a tout de même des subtilités. Notamment tout ce qui fait partie de l’esclavage. L’auteur ne part pas dans la même optique que dans The Rising Shield Hero car ici on se retrouve face à un système plus avancé et plus “solide” en quelque sorte. Tout d’abord, l’esclavage est en partie une punition, une sorte de sentence que l’on pourrait accorder au même titre que la prison. Tout un système d’indemnité est mis en place et également de testament. Nous avons donc des bases solides que l’auteur explique correctement tout au long du volume.

Si je vous parle spécifiquement de l’esclavage, ce n’est pas pour rien, en effet c’est un élément central de l’œuvre puisque c’est lui qui va orienter les choix du protagoniste. En effet, lorsqu’il va apprendre l’existence des maisons closes et de la possibilité d’acheter des esclaves dont certains peuvent servir à des fins sexuels, cela va rapidement lui faire tourner la tête. Déjà qu’un de ses regrets dans son ancien monde était d’être vierge (surprenant), il ne lui a pas fallu longtemps pour se dire qu’en acheter une pourrait être une bonne idée. Il a été assez fort pour essayer de résister un moment mais le petit diable sur son épaule semble avoir la voix qui porte plus que celle de l’ange…

 

« Euh… Comment dire… ? Il y a beaucoup d’aventuriers qui achètent des esclaves ? »

– Michio Kaga

 

Malheureusement, comme l’on pourrait s’en douter, avoir une esclave sexuelle, qui plus est belle, est onéreux, très onéreux. Bien qu’il puisse percevoir une bonne somme de ses premiers exploits, cela ne suffit pas le moins du monde pour se procurer la belle et douce Roxanne, demi-louve de race. Le marchand d’esclaves a été des plus professionnels avec lui et la lui a vendu du mieux qu’il pouvait, ses arguments exponentielles ont eu raison de lui qui décide donc de tenter de réunir la somme requise en cinq jours pour l’acheter. Quand je vous ai dit que c’était ce qui allait orienter son aventure je ne mentais pas !

Et en même temps, il faut le comprendre, Roxanne a les arguments pour s’efforcer de réunir une somme importante en seulement quelques jours. Puis la découverte d’un labyrinthe semble être un bon signe pour qu’il s’y atteler.

L’histoire se veut donc assez anodine pour ce début. On y remarque quelques différences tout en partant sur le principe de base du isekai. L’auteur essaye cependant de pousser ses caractéristiques au maximum en accentuant sur le principe d’esclave aux multiples intérêts et sur la mise en place lente mais progressive d’un univers complet, complexe, diversifié et intéressant. On n’y sent même un peu de Spice & Wolf pour la partie marchande. De ce fait, on a beau être dans un isekai, on s’y fait très vite sans se rsouvenir toutes les dix secondes qu’il est comme beaucoup d’autres. Rappelez-vous toutefois que l’auteur prend vraiment son temps, j’accentue sur ce point car vous pourriez avoir l’impression à la fin du premier tome qu’il ne s’est rien passé, par contre un paquet d’informations ont été distillées un peu partout et Shachi Sogano va mettre tout ça en place au fur et à mesure. Si ce manga vous tente réellement, je vous conseillerais peut-être d’aller plus loin que le tome 1 afin de pouvoir apprécier l’œuvre à sa juste valeur.

Je reviens rapidement sur les personnages. Pour le premier tome, seul Michio Kaga est vraiment développé. On le voit découvrir une nouvelle vie, de nouvelles règles et sa panoplie de sorts avec les particularités qui vont avec. De notre côté, nous allons aussi découvrir ses penchants. En effet, il ne tient pas longtemps devant le charme des femmes et l’on voit à plusieurs reprises son regard se perdre à droite et à gauche, nul doute que dans une maison close il se ferait déplumer entièrement à coup sûr ! Il reste un jeune garçon qui n’a encore rien vécu de la sorte, c’est sans doute un des pans de sa personnalité qui sied le mieux à son âge. Son regard lubrique nous rappelle toutefois qu’il est un énorme déchets semblable à un certain Kuzuma (Kazuma de l’excellent Konosuba). Parce que oui, on parle tout de même d’acheter un être vivant de type humanoïde avant d’en faire, selon ses pensées, un jouet sexuel ! Bon, on n’a pas l’air d’être sur un disrespect total puisqu’on y accorde une touche d’humour qui dédramatise le tout mais gardez dans votre tête qu’il n’est pas un saint !

Et pour sublimer sa lubricité, nous avons Roxanne, sa future esclave sexuelle dont il est bon de préciser qu’elle s’est prêtée volontaire pour l’être dès le départ. Est-ce une Darkness de Konosuba dans le fond ? Peut-être bien !

Eh oui, pour l’instant on ne l’a encore trop vu pour vraiment en dire plus, mais elle devrait faire chavirer la tête de notre héros et potentiellement la nôtre aussi au passage…

 

 

En parlant de choses plaisantes, les dessins de Issei Hyouju et les chara-designs de Shikidouji sont très sympas, même niveau décor ! C’est un point qui m’a surpris, mais j’ai à plusieurs reprises été presque émerveillé par les décors, notamment une planche vers le début lorsqu’il voit le village qui est vraiment belle. Par ailleurs ces décors là sont présents quasiment partout ce n’est pas juste une ou deux planches dissimulées sur 200 pages.

Pour ce qui est des personnages, ils sont beaux dans le trait, ce n’est pas un style qui sort de l’habituel mais ça fait clairement le café et j’ai surtout l’impression qu’il est là pour sublimer les formes féminines que nous n’avons pas encore réellement eu le temps d’apprécier au cours de ce volume.

C’est donc graphiquement un oui, plaisant à l’œil sans non plus vous les faire sortir ! Les jaquettes sont elles aussi jolies, elles laissent voir la belle Roxanne sans non plus la mettre quasi nue. On garde une belle part de vêtements ce qui évite de se retrouver avec un tome que l’on pourrait confondre avec un hentai, pour le coup je trouve que c’est un bon point.

En conclusion, c’est comme souvent avec les Isekai, c’est plaisant à lire pour quasiment tout le monde. Celui-ci ne se concentre pas sur une progression abusive du personnage principal mais plutôt sur sa quête de waifus. Si le premier tome est calme et propose surtout des explications plus que de l’avancée, les prochains volumes risquent d’avoir une part de “sexualité” plus importante, on devrait rapidement bien plus tomber dans du ecchi donc à voir si c’est quelque chose qui peut vous plaire. En tout cas si vous appréciez les mondes un temps soit peu complexes, avec une base d’Isekai et en plus des femmes au potentiel sexy alors oui, Harem in the Fantasy World devrait vous plaire. Du moment que vous gardez en tête que ce premier tome est une grosse introduction du monde et de ses différences et qu’il n’y aura de ce fait que très peu d’avancement, tout devrait aller comme sur des roulettes !

 

H.

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