Critiques,  Kbooks,  Maisons d'Edition,  Webcomics / Webtoons

Solo Leveling

Une quête 

camouflée pour

devenir plus 

fort

 

 

Solo Leveling est un Manhwa Webcomic de ChuGong au scénario et Gi SoRyeong au dessin. Originellement présenté en Corée en 2018, il est enfin officiellement publié en France par la nouvelle plateforme Verytoon et en format papier sous le label Kbooks en Avril 2021.

 

D’étranges portails apparaissent dans le monde. S’ils ne sont pas endigués dans les sept jours qui suivent leur ouverture, des monstres en surgissent pour envahir la Terre. Heureusement, des humains se sont éveillés au rang de chasseur afin de combattre ces donjons. C’est le cas de Sung Jin Woo, jeune homme considéré comme le plus faible des chasseurs, qui se voit alors offrir la possibilité de devenir plus fort par le biais de quêtes et entraînements que lui seul peut voir.

 

Tout d’abord, on peut dire que ce qui est considéré comme le premier tome de Solo Leveling ne sera qu’une introduction à l’histoire, l’auteur prenant habilement le temps de mettre en place ses mécaniques. L’adaptation est maline également sur ce point là puisqu’elle nous propose ainsi une mise en bouche très intéressante et captivante pour le lecteur qui ne peut qu’avoir envie de se procurer la suite.

En effet, on peut dire que l’auteur introduit les personnages et son histoire habilement et en prenant son temps. Il n’hésite pas d’ailleurs à attirer l’attention du lecteur sur des personnages secondaires qui disparaîtront soudainement et nous feront même un peu de peine à leur mort. Mis à part cela, l’introduction du titre prend certes son temps, mais n’est pas lente pour autant. On entre rapidement dans un moment d’action et d’angoisse qui nous fait nous accrocher à notre livre. 

L’auteur et le dessinateur parviennent immédiatement à capter notre attention par des scènes surprenantes et par un donjon bien intéressant et totalement imprévu par les personnages. Leur témérité et leur appât du gain les amènent à le braver, d’autant que le portail ne se fermera pas tant qu’ils n’auront pas vaincu le boss. 

Et dès ce premier donjon, on est plongé dans l’ambiance et dans l’histoire par les détails des dessins impressionnants, mais aussi l’atmosphère angoissante que l’auteur parvient à créer scénaristiquement, piégeant ses personnages qui n’ont d’autres choix que de résoudre ce donjon pour s’en sortir.

Vous l’aurez compris, l’auteur est incroyablement agile pour faire d’une histoire qui aurait pu paraître banale, un scénario totalement prenant, dont on ne peut s’empêcher de lire la suite et qui attire les gens. En effet, les histoires de donjons ou de portails émergeant dans la vie de tous les jours ne sont pas une nouveauté, Gate – Au-delà de la porte en est l’exemple qui s’en rapproche le plus. De plus, avoir un personnage totalement faible au début mais qui va gagner en puissance n’est pas non plus quelque chose de rare. Là où l’auteur et le dessinateur ont su se démarquer, c’est par l’ambiance qu’ils ont su rapidement mettre en place et par leur personnage principal qui est loin d’être bête et qui deviendra rapidement aussi impressionnant que les monstres des donjons. En plus de cela, ils ne créent pas qu’une œuvre remplie d’action, rien que le premier donjon nous propose une énigme, une réflexion intelligemment résolue par notre héros, rendant le tout encore plus passionnant à suivre. On est plongé dans l’action et la résolution de l’énigme, et on sait que s’ils ne parviennent pas à trouver rapidement une solution ils mourront tous.

L’auteur nous offre donc plusieurs points intéressants et captivants qui nous poussent à lire la suite et il nous propose alors un excellent début. On a une introduction de l’univers passionnante, le fait que cela se passe en partie dans la vie réelle est captivant, on n’a pas que de l’action mais aussi beaucoup de stratégie parce que les chasseurs jouent tout de même leur vie, les imprévus des donjons promettent des rebondissements hauts en couleur, le héro de l’histoire ne subit pas directement un power up abusé, il doit s’entraîner dur à la Saitama de One Punch Man afin de devenir plus puissant.

De plus, ce qui capte d’autant plus mon attention, ce n’est pas uniquement cette ambiance incroyablement prenante et angoissante qui résulte de ce donjon impressionnant, mais plutôt le personnage principal.

 

Je suis un chasseur de rang E. Le chasseur au rang le plus bas et le plus faible

– Jin Woo

 

Effectivement, ce qui nous intéresse le plus dans toute cette histoire, c’est le personnage de Sung Jin Woo, présenté comme le plus faible de tous mais qui fait tout ce qu’il peut pour ramener de l’argent pour soigner sa mère et permettre à sa sœur de continuer ses études dans les meilleures conditions possibles. Il apparaît comme quelqu’un de gentil, mais également de sombre, qui cache bien son malaise quant au fait d’être le plus faible et le plus moqué des chasseurs. On peut dire qu’on voit déjà les prémices de son véritable caractère lorsqu’il est face à la mort et c’est plus ou moins vrai, si ce n’est qu’il va probablement devenir bien plus charismatique que ce qu’on croit. Le côté personnage faible qui possède un moyen d’évoluer nous donne envie d’en lire toujours plus afin d’être témoin de ce changement et de voir à quel point il va devenir puissant.

Un autre personnage retient notre attention. Il s’agit de Ju Hee, une soigneuse de rang B qui prend peur facilement et ne fait donc que des raids considérés comme faciles. C’est un autre personnage faible d’une certaine manière puisque c’est son mental qui lui fait défaut et j’ai bon espoir de la voir elle aussi progresser et devenir bien plus intéressante qu’elle ne l’est déjà.

Mis à part ces deux personnages, les autres sont pour le moment plutôt oubliables mais nuls doutes que la suite de l’histoire nous en présentera de très intéressants.

Franchement, avons-nous vraiment besoin de parler des dessins? Ils ont déjà un niveau incroyable et Solo Leveling est suffisamment connu pour qu’on ai déjà vu passer d’autres images plus éloignées dans l’histoire qui montrent que le niveau de dessin ne va aller qu’en s’améliorant. Rien que dans ce premier tome les monstres sont imposants, impressionnants, on n’aimerait pas se retrouver face à eux. Les chara-designs offrent des personnages tous différents et très expressifs. Le trait est propre et grandiose, les décors sont beaux à voir et le format A5 tout en couleur, certes un peu cher, ne fait que mettre davantage en avant l’œuvre et vaut totalement son prix. 

 

En conclusion, on peut dire qu’aussi bien artistiquement parlant que scénaristiquement parlant Solo Leveling est un excellent titre. La vague d’adaptation des webcomics nous permet d’enfin les avoir en mains propres et il faut en profiter, d’autant que les maisons d’éditions tentent véritablement de les bonifier le plus possible par d’excellentes éditions en couleur! Le prix peut peut être en dissuader plus d’un mais dites vous que c’est un excellent investissement et qu’il vaut largement le coup, d’autant que beaucoup de gens souhaitaient que Solo Leveling fasse plus parler de lui en France alors, c’est le moment.

L.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *