Critiques,  Delcourt/Tonkam,  Maisons d'Edition,  Manga,  P-Q-R

Rin

Quand un 

jeune mangaka 

et une médium 

se rencontrent

Rin est un Shônen de Harold Sakuishi, déjà connu chez nous pour son titre Beck qui avait même eu le droit à une adaptation en anime, en drama, et même des albums. Rin a été publié au Japon entre 2012 et 2016 où il s’est terminé avec un total de 14 tomes. En France le manga est publié dans la collection Seinen chez Delcourt/Tonkam et touche enfin à sa fin en Juin 2022.

 

Norito Fushimi rêve depuis qu’il est enfant de devenir un mangaka connu. Il s’est toujours entraîné dur et décide un été de tenter sa chance dans une grande maison d’édition. Il se fait recaler mais n’abandonne pas. Il revoit ses méthodes et se propose au concours Sawamura où il reçoit le plus petit prix mais se voit donner un éditeur. De son côté, Rin est une belle jeune fille connue pour sa beauté et ses dons de médium. Elle refuse cependant la célébrité, mais profite tout de même de l’opportunité d’un éditeur un peu trop fan des belles lycéennes pour amener son ami à Tokyo. Là-bas, elle et Fushimi vont se rencontrer, bouleversant leur destin.

 

Rin est tout d’abord un manga d’apprentissage. On voit notre héros débuter sa vie de mangaka et faire un long chemin pour progresser. C’est un personnage qui est bosseur, qui vit pour sa passion et donne tout pour obtenir les résultats qu’il souhaite, même si ce n’est pas forcément dans la durée qu’il aurait voulu. C’est agréable de le suivre et de regarder comment il va s’entraîner pour progresser. On a là-dedans un petit air de Blue Period ou de Trait pour Trait avec l’acharnement à l’entraînement, mais avec des détails moins poussés sur les exercices. On voit notre personnage principal dessiner, mais on n’a pas pour le moment plus de détails sur comment il s’entraîne, quelles techniques il utilise, on le voit vaguement mais on le voit quand même.

C’est tout ce cheminement, ce travail pour atteindre son objectif qui fait de ce manga, en quelque sorte, un manga d’apprentissage. Toute l’histoire va être sur la progression de Fushimi et certainement également sur la relation et l’intrigue qui va se créer autour de Rin. Le héros ne va faire que progresser et se battre pour devenir le meilleur et on pourrait presque y voir des ressemblances avec les mangas de sport.

En effet, rien que dans le premier volume on sent bien tout l’esprit de compétition chez les jeunes mangakas, Fushimi n’est pas prêt de se laisser abattre et n’hésite jamais à revoir toute ses techniques de dessin pour progresser dans des entraînements acharnés où il est déconnecté de tout. C’est un travailleur qui apporte une grosse dose d’optimisme au manga et qui le fait avancer à la sueur de son front.

Si on n’a pas beaucoup de techniques d’entraînement expliquées, on a tout de même certains points du monde des mangakas mis en avant, comme les possibilités pour se faire repérer par des maisons d’éditions: La présentation directe ou le concours. On commence même à avoir quelques notions techniques sur les mangas mais si on connaît un minimum le milieu on ne se perd pas.

Ce qui est notamment mis en avant, c’est la difficulté de faire ses débuts dans le monde du manga, surtout quand on est jeune et débutant. On voit bien que notre personnage principal galère à se faire une place, même s’il commence doucement à progresser et à se faire remarquer de deux trois personnes. On voit que les traitements sont bien différents entre le premier du concours qui a toute l’attention, et le dernier prix. On sent que Fushimi veut être connu, veut qu’on le regarde, il veut qu’on lui dise qu’il a du talent, mais pour le moment on est bien loin des pluies de louanges. C’est un titre au fond qui va pousser notre personnage à être plus terre à terre s’il veut pouvoir s’élever ensuite dans le monde du manga, et ça c’est un aspect très intéressant.

En plus, le fait qu’on ait affaire à un personnage jeune, nous créer un manga vraiment divertissant par sa fougue, son côté maladroit. Le titre en devient vraiment agréable à lire voire même un peu comique par moment car la manière d’être de Fushimi nous fait rire.

On voit deux points de vue différents dans ce premier volume, celui de Rin et celui de Fushimi. Ce n’est qu’à la fin du premier volume qu’ils se rejoignent, nous promettant enfin le début de l’histoire.
Et elle s’annonce palpitante. Je suis bien curieuse de voir comment tout ce scénario va se peaufiner, surtout avec le personnage de Rin qui m’intrigue vraiment et ajoute une pointe de paranormal au manga qui n’est pas désagréable. Je pense que cet aspect va rajouter un petit truc au manga qui le rendra bien différent d’autres mangas sur des mangakas comme Bakuman par exemple. J’espère que l’auteur jouera bien sur cet aspect médium car pour l’instant c’est un point qui m’a surprise et plutôt en bien. Je ne m’attendais pas à une médium dans un manga sur un mangaka car comme d’habitude je n’ai pas lu le synopsis pour éviter tout spoil. Je me suis plongée dedans en sachant que c’était de l’auteur de Beck et franchement, j’ai beaucoup aimé. L’auteur a su apporter une pointe unique et mystérieuse offrant matière à lire pour la suite!

 

J’étais comme un amateur sans défense qui se fait massacrer dans la cage

– Fushimi

 

Pour m’attarder un peu plus en détail sur les personnages, je vous parlerais juste un peu plus de Rin et de Taki Kaito puisque je vous ai déjà suffisamment détaillé le caractère de Fushimi pendant le point sur le scénario.

Rin est un personnage plutôt mystérieux pour le moment. Elle a 16 ans, est lycéenne et a été forcée de se présenter pour devenir Idol à cause de son amie. Pourtant, la célébrité ne l’intéresse pas et c’est en vérité une médium. On ne sait pas encore ce qu’elle voit en Fushimi et je suis bien curieuse d’observer comment leur relation va évoluer et comment son don de voyance va influer sur notre mangaka.

Taki Kaito quant à lui, est un jeune homme de 17 ans, sûr de lui, qui a remporté le premier prix du concours Sawamura. Il est d’ailleurs presque orgueilleux et est probablement l’un des rivaux de notre héros. Rien que son discours dans ce premier volume suffit à motiver Fushimi et on sent bien qu’une compétition peut se créer entre eux deux. Il est probablement l’un des personnages qui va le plus pousser Fushimi à progresser indirectement. Pourtant, difficile de savoir s’il va devenir un personnage important ou s’il s’agissait de sa seule apparition. N’empêche que son discours m’a tout de même marqué tant il est sûr de lui et de son talent. J’avoue que j’aimerais bien le voir se tromper un petit coup, je sais, c’est méchant.

On a des personnages assez variés pour le moment mais on retrouve ce pattern du rival qui va pousser le héros à progresser, comme dans les mangas de sport ou les Shônen classiques. C’est pourquoi Rin est un manga qui pourrait plaire aux fans de mangas de sport ou d’action jeunesse, bien qu’il se déroule sur un plan plus calme. C’est un titre qui mériterait d’après moi un peu plus de visibilité car je le trouve très prometteur rien qu’à son premier volume. Il me tarde de voir quels autres personnages l’auteur va nous créer mais je suis sûr qu’ils seront encore bien originaux.

En parlant d’original, les dessins de Harold Sakuishi ont vraiment bien progressé depuis Beck. Ses traits sont maintenant bien plus fins et nets, plus détaillés, le tout dans un style moderne. c’est agréable à regarder, bien que le style ne plaira pas à tout le monde. Le chara design des personnages est parfois…plutôt drôle il faut se l’avouer, notamment avec les filles aux visages bien caricaturés, clairement dessinés pour être moches.

Pour ce qui est de la mise en page des planches, les cases sont souvent classiques mais certaines grandes cases nous offrent de belles planches avec de jolies perspectives. Les décors sont simples, parfois un peu manquants, mais ce n’est pas non plus dérangeant.

En tout cas pour l’avoir connu sur Beck, je trouve qu’il a vraiment évolué au niveau de son style et surtout, c’est un auteur qui fait des mangas sur des genres et des histoires totalement différents à chaque fois. Le dernier en date nous parle des années 1600 et des faux Shakespeares si j’ai bien compris, le premier parlait de musique et Rin parle de médium et de mangas. C’est vraiment un auteur à suivre pour la diversité de ses scénarios et ses progrès constants au niveau de son style et de ses dessins.

 

En conclusion, Rin est une agréable découverte qui nous offre un manga d’apprentissage sur un personnage qui veut devenir mangaka mais pour qui tout ne fonctionne pas sans difficultés et efforts. C’est un manga qui montre la difficulté et les possibilités pour rentrer dans ce métier si original. Rin vous plaira largement si vous aimez les mangas de sport et les Shônen grâce à un personnage compétitif qui se donne toujours à fond pour se surpasser. On est bien loin d’un manga de réflexion sur le thème des mangakas, ici notre personnage principal s’entraîne d’arrache-pied et n’a pas dit son dernier mot, plutôt que de réfléchir il préfère agir. C’est également un titre qui nous propose une pointe de paranormal avec Rin, une jeune médium qui m’intrigue beaucoup et qui va faire de ce récit une œuvre originale sur le thème du manga. C’est un titre qui mériterait plus de visibilité d’après moi, très prometteur, et qui montre déjà les progressions en dessin de Harold Sakuishi depuis Beck. Si vous aimez les histoires sur des mangakas qui veulent se faire remarquer, les médiums, les Shônen sportifs et compétitifs, je pense que ce titre pourrait vous intéresser.

L.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *