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Nekogahara

Un Chamouraï 

errant 

plutôt stylé

/!\ Pour public averti/!\

Nekogahara est un Seinen de Hiroyuki Takei, publié au Japon en 2015 et terminé en 5 volumes. En France, le premier volume arrive chez Pika en Août 2022. Le nom de l’auteur ne vous est peut être pas inconnu: il s’agit en effet de l’auteur de Shaman King.

 

Norachiyo est un chamouraï errant sans maître n’ayant gardé de lui qu’une épée et une clochette. Marchant de villages en villages, il cherche l’endroit de son dernier repos, celui où il pourra enfin quitter son monde, dans un Japon ancien ravagé par la guerre où les chats domestiques s’enrichissent tandis que les errants survivent en liberté. Cependant, son passé le rattrape et d’anciens ennemis sont de nouveau à sa poursuite, l’obligeant à user de son épée.

 

J’ai trouvé Nekogahara vraiment original sur certains points puisqu’il réinvente la période des samouraïs, nous présentant des chats humanisés en guise de protagonistes, les faisant agir entre eux, se battre, avoir les mêmes personnalités que de véritables êtres humains. Cependant, cela m’a également rappelé des mangas comme L’Habitant de l’Infini, Vagabond, ou encore Samurai Champloo. Donc on a un manga original et en même temps qui nous propose des aspects semblables aux autres mangas de samouraïs, comme le héros qui a une quête précise et qui erre pour l’accomplir. Cela n’empêche pas l’histoire d’être intéressante à suivre, bien qu’un peu imprécise pour le moment. On voyage avec notre personnage, on le découvre petit à petit et on apprécie l’ambiance particulière de l’époque.

Il y a également énormément de mystère sur Norachiyo et sur la disparition des hommes (ou quasi disparition?). Pour le moment on ne peut que deviner certains points, le reste ne nous apparaît que vaguement. En tout cas, on se doute que le titre de l’œuvre fait référence à la bataille Sekigahara à la fin de la période Sengoku où le Japon subissait des conflits permanents. La bataille de Sekigahara est celle qui a mis fin à la période Sengoku et qui a marqué un tournant vers la période Edo (Si je dis pas de bêtises.) On comprend donc l’aspect samouraï errant qui n’a plus de maître, mais pour le moment c’est quasi tout.

Si vous voulez de l’action, ce manga est fait pour vous. Il est bourré de combats, chaque chapitre en a au moins un et fait toujours au minimum une victime. Il est rare que les personnages dont on apprend le nom survivent au chapitre suivant et il est donc difficile de s’attacher à quelqu’un d’autre que notre héros. Une chose est sûre, on est vraiment dans la cruauté de l’époque des samouraïs mais dans la peau de chats. Il y a des morts et du sang partout, ce n’est clairement pas un manga à mettre entre toutes les mains. L’auteur n’hésite pas à découper des chats en deux ou à leur infliger d’autres blessures bien horribles à imaginer, ce qui en fait un titre tout de même bien gore. 

On a cependant de nombreuses références qui nous font sourire. Aussi bien des références de la période des samouraïs, les chats ayant gardé de nombreuses coutumes des humains malgré leur envie de liberté. Mais on a également des références aux chats comme par exemple le fait que la drogue soit de l’herbe à chat, qu’ils fassent leurs besoins non pas dans des toilettes mais dans une litière etc…Ces références allègent un peu l’histoire et nous rappellent que ce sont des chats, au cas où leur apparence n’était pas assez claire.

Au final, à propos du scénario, il est déjà vu mais intriguant quand même sur certains points. J’ai peur que ça ne soit que de l’action sur de l’action avec à chaque fois un nouveau challenger. La fin du tome nous présente d’ailleurs certainement les prochains ennemis que va devoir affronter Norachiyo, nous laissant dans un suspense et promettant une nouvelle tête bien sympathique. (J’aime bien son charadesign)

Ce qui va surtout faire que je vais continuer de lire ce titre, c’est que je veux en apprendre plus sur le personnage principal, le côté mystère joue beaucoup, mais également un peu l’originalité des chats, on ne va pas se le cacher. Après je comprend que du coup il ne fasse que cinq tomes car le scénario risquerait de devenir long et redondant si on nous présentait juste un samouraï errant en quête d’un lieu où mourir et affrontant des ennemis.

 

S’ils sont là, c’est uniquement parce qu’ils en ont après l’argent de ton humain. Ceux qui ont oublié leur fierté de vagabond ne peuvent pas me vaincre.

– Norachiyo

 

Comme je vous l’ai dit, on rencontre pas mal de personnages dans ce premier tome, mais il est exceptionnel qu’un personnage qui porte un nom ne meurt pas dans le chapitre suivant. Il est donc vraiment difficile de s’accrocher à l’un d’entre eux en dehors de notre héros.

Norachiyo est un chamouraï errant, montré avec un œil crevé, très peu bavard et plutôt philosophe sur les bords. Il est plutôt stylé, vraiment fort au combat et hanté par ses actions lors de la bataille de Sekigahara/Nekogahara. On en connaît encore trop peu sur lui mais en tout cas je le trouve charismatique, il motive à continuer de lire le manga et semble intuable. C’est un chat déterminé à accomplir sa mission, peu importe combien de litres de sang il devra verser pour cela.

Il mériterait peut être de trouver un compagnon pour l’accompagner dans ses aventures et ainsi lever un peu la redondance du voyage et de l’errance mais j’ai peur que ce ne soit jamais le cas.

Pour terminer, les chara designs sont vraiment sympas, chaque chat est différent et certains sont vraiment beaux à observer voire majestueux. Ils sont expressifs, ont des vêtements bien différents les uns des autres. L’auteur a un excellent coup de plume. Ses dessins ont des traits très précis et en même temps très encrés, presque comme de la calligraphie par endroit, ce qui rend vraiment bien avec l’ambiance du titre et nous plonge encore plus dedans.

On a de nombreuses scènes somptueuses à observer avec des décors ultra détaillés, une ambiance bien féodale, mais aussi de nombreuses scènes d’action très stylées mais que j’ai trouvé par moment un peu difficiles à lire à cause d’un trop gros nombre d’informations.

Son dessin a parfois même quelque chose de poétique qui rend vraiment bien dans ce manga sur l’errance d’un chat vagabond. Franchement, si vous aimez les planches stylées, avec beaucoup d’encre, ce manga devrait vous plaire!

 

En conclusion, Nekogahara est un manga qui nous propose une histoire dans un Japon féodal fantastique, où les chats sont humanoïdes et ont gardé les coutumes des hommes. C’est un titre original et en même temps qui possède quelques points de ressemblance avec d’autres mangas sur les samouraïs. C’est une œuvre remplie de mystères, qui nous questionne sur le passé du personnage principal et sur la réelle raison de sa quête et de son errance. Nekogahara est un manga bourré d’actions bien sanglantes, de combats impressionnants, le tout avec un héros charismatique mais qui manque d’autres personnages marquants. Néanmoins, les coups de crayon de Hiroyuki Takei valent le détour, notamment pour leur côté quasi calligraphié, l’ambiance qu’ils instaurent et les somptueux décors. Si vous aimez les histoires de samouraï, les combats stylés, les planches magnifiques à contempler, ce manga est un peu court mais peut vous convenir!

L.

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